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Cinq dirigeants africains invités au sommet virtuel de Biden sur le climat


Le président de la RDC, Félix Tshisekedi (à g.) et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba sont les seuls francophones invités.

Parmi les 5 invités, on compte le président gabonais Ali Bongo Ondimba, dont les apparitions en public sont rares depuis son accident cardiaque en 2018.

Seuls cinq présidents africains prendront part jeudi et vendredi au sommet virtuel de la Maison Blanche pour inciter à une action collective sur le climat et l'environnement.

Il s’agit de Félix Tshisekedi (RDC et Union africaine), Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Uhuru Kenyatta (Kenya) et Muhammadu Buhari (Nigeria).

Organisé par le président américain Joe Biden, le sommet coïncide avec la "Journée internationale de la Terre nourricière", une commémoration internationale fixée au 22 avril de chaque année par les Nations unies en 2009. Le thème choisi pour cette année est "Restaurer notre Terre".

Les enjeux du sommet de Biden sur le climat, selon Marissa Scott-Torres
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Outre les dirigeants des pays d'où provient l'essentiel de la pollution à l'échelle mondiale, M. Biden, qui a pris ses fonctions le 20 janvier, "a également invité les dirigeants d'autres pays qui font preuve d'un solide leadership en matière de climat", indique un communiqué de la Maison Blanche.

Agir en faveur du climat est l'un des objectifs de développement durable, un agenda prioritaire sur le continent africain.

Ces dernières années, le continent africain a connu bon nombre de crises liées au climat.

Dans la partie sud de Madagascar, une sécheresse menace la vie de millions de personnes : les cultures sont décimées et des communautés entières risquent de mourir de faim. Non loin de là, le Mozambique et les Comores ont subi d'importants dégâts à la suite du cyclone Idai qui a frappé en 2019.

Plus au nord, dans le Sahel, le changement climatique aggrave une crise sécuritaire déjà aiguë. Des heurts intercommunautaires entre agriculteurs et éleveurs sont monnaie courante, avec une fréquence qui inquiète.

La nécessité d’impliquer l’Afrique dans la lutte contre le changement climatique est plus qu'une évidence. Pour ce sommet, les pays africains invités méritent bien leur place à la table des négociations.

Politiques exemplaires

La RDC abrite le bassin du Congo, une base d'actifs environnementaux d'importance stratégique que certains assimilent facilement au "second poumon du monde", avec l’Amazonie en Amérique du Sud. Le pays abrite aussi le puissant fleuve Congo, le parc des Virunga et de nombreuses communautés autochtones de plus en plus vulnérables.

L’industrie minière de la RDC, moteur de sa croissance économique, a aussi un rôle important à jouer, vu son intégration dans la chaîne d’approvisionnement au niveau mondial. En plus d’être chef de l’État de la RDC, Félix Tshisekedi assume aussi en ce moment la présidente tournante de l’Union africaine.

Pour sa part, le Kenya a adopté très tôt le concept de l'écotourisme. Nairobi, la capitale, accueille le siège mondial du Programme environnemental des Nations unies (UNEP). La regrettée Wangari Maathai, figure de proue de la conservation de l'environnement et première femme africaine lauréate du prix Nobel de la paix en 2004, reste à ce jour la Kenyane la plus célèbre pour avoir mené une vaste campagne de reboisement à travers son organisation, le mouvement Green Belt.

Mais s’il est vrai que le Kenya saisit les enjeux de la conservation et de l'économie dite verte, le pays n'en reste pas moins vulnérable aux aléas climatiques. En 2020, le Kenya, ainsi que la Somalie et l'Éthiopie, ont été durement touchés par des essaims de criquets pèlerins qui dévastent les cultures agricoles.

Pour le Gabon, l’invitation de Joe Biden à son homologue Ali Bongo Ondimba revêt nécessairement une dimension politique. Il s'agit du premier grand événement mondial auquel participera le président Bongo Ondimba, 62 ans, depuis qu'il a été victime d'un accident vasculaire cérébral il y a près de trois ans.

Le Gabon, qui fait partie de la région critique du bassin du Congo, a adopté depuis des décennies des politiques en faveur de la préservation de l'environnement et de l'utilisation prudente des ressources naturelles. Outre l'action gouvernementale, ce pays d'Afrique centrale dispose aussi d'un réseau d’organisations de la société civile solide et dynamique, animé par des activistes de renommée mondiale tels que Marc Ona, lauréat du prix Goldman (surnommé "le Nobel des Verts") en 2009.

En tant que deux mastodontes économiques de l'Afrique subsaharienne, le Nigeria et l'Afrique du Sud se devaient d'être inclus dans le lot. D’où la présence de leurs chefs d’État.

Biden, l'anti-Trump

Le sommet ne sera pas uniquement consacré à l'Afrique. L’intervention du président chinois Xi Jinping est très attendue. Ont également été conviés : le président russe Vladimir Poutine, le Premier ministre britannique Boris Johnson, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron, le Brésilien Jair Bolsonaro et le Premier ministre indien Narendra Modi, ainsi que le Secrétaire général des Nations unies António Guterres.

Ce sommet virtuel sur le climat s'inscrit dans le cadre des efforts de M. Biden visant à se démarquer de son prédécesseur, Donald Trump, qui s’opposait généralement à l’idée de soumettre les États-Unis aux traités internationaux.

En 2015, M. Trump avait retiré les États-Unis de l'Accord de Paris, qui fixait un plafond aux émissions mondiales de carbone. Joe Biden a réintégré l'accord immédiatement après son entrée en fonction.

Xi Jinping, Poutine et le Pape au sommet de Biden sur le climat
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