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Cinq choses à savoir sur le Gabon


Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba au 10ème sommet du BRI, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018

Le Gabon, où des militaires ont appelé lundi à un soulèvement, est un pays producteur de pétrole très affecté par la chute des cours et gouverné depuis plus de 50 ans par la famille Bongo, père puis fils.

Il a été dirigé sans partage pendant 41 ans par Omar Bongo, décédé en 2009, auquel a succédé son fils Ali, absent du pays depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre.

Petit pays d'Afrique centrale

Situé en Afrique centrale en bordure de l'océan Atlantique, le Gabon est frontalier du Congo-Brazzaville, du Cameroun et de la partie continentale de la Guinée équatoriale.

Ce pays de 268.000 mètres carrés a une population estimée à 2,03 millions d'habitants (Banque mondiale 2017), dont 59% vivent à Libreville ou à Port-Gentil, la capitale économique. Un Gabonais sur deux a moins de 20 ans.

C'est un pays très majoritairement chrétien, où vivent de nombreux musulmans.

Les Bongo au pouvoir depuis un demi-siècle

Cette ancienne colonie française est considérée comme un des pays les plus stables de la région, avec seulement trois présidents depuis l'indépendance en 1960.

Le pays a été gouverné par Léon Mba de 1961 à 1967, ensuite par Omar Bongo Ondimba jusqu'à sa mort en 2009, puis par son fils Ali, réélu en 2016 lors d'un scrutin contesté, suivi de violences post-électorales.

Le 24 octobre, alors qu'il se trouvait en Arabie saoudite, Ali Bongo Ondimba, victime d'un AVC, a été hospitalisé à Ryad où il a été soigné pendant plus d'un mois avant d'être transféré à Rabat, où il se trouve toujours en convalescence.

Pilier de la "Françafrique"

Parvenu au pouvoir avec l'aval de Paris, Omar Bongo Ondimba a été un des piliers de la "Françafrique", expression utilisée pour dénoncer un système de cooptation politique, réseaux occultes et chasses gardées commerciales mis sur pied après l'indépendance des colonies françaises d'Afrique noire.

A partir de 2010, la justice française a cherché à savoir si les fortunes de plusieurs familles présidentielles africaines, dont celle d'Omar Bongo, avaient pu être bâties en France grâce à des fonds publics détournés de leur pays (affaire des "biens mal acquis").

Frappé par la chute des cours du pétrole

Le Gabon, qui exploite du pétrole depuis les années 1960, a longtemps été qualifié de "petit émirat d'Afrique centrale".

Avant la chute des cours du baril en 2015, l'or noir représentait 45% du PIB, une part tombée à 27% en 2017.

La crise que connaît le pays depuis 2015 s'est traduite par du chômage, des grèves à répétition, des entreprises tournant au ralenti ou mettant la clé sous la porte et d'impopulaires mesures d'austérité pour les fonctionnaires.

Pour réduire sa dépendance pétrolière, le Gabon s'est lancé dans une diversification de son économie.

Depuis son arrivée au pouvoir, Ali Bongo a par ailleurs multiplié les grands projets comme la construction d'infrastructures (routes et hôpitaux), mais aussi d'équipements de prestige parfois très critiqués.

Malgré ses ressources naturelles, dont le manganèse, un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale).

Recouvert à 85% par la forêt

Le pays est recouvert à 85% par la forêt et une grande partie est morcelé en permis forestiers, hormis les 11% du territoire classés "parcs nationaux".

L'industrie du bois représente près de 5% du PIB et 12% des exportations. Le secteur a généré 10.000 emplois entre 2010 et 2017, selon les chiffres officiels.

Le pays est précurseur en Afrique en matière d'aménagement forestier, mais des ONG dénoncent des pratiques répandues de blanchiment de bois et d'exploitation illégale.

Les forêts abritent également une riche faune sauvage, avec des panthères, des buffles, des antilopes, des grands singes ou des éléphants, ces derniers étant victimes depuis plusieurs années d'une explosion du braconnage.

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