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Chansons censurées en RDC: les autorités font marche arrière


Circulation automobile et piétons un terminus de transport public à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 1er mars 2018.
Circulation automobile et piétons un terminus de transport public à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 1er mars 2018.

La Commission congolaise de censure des chansons a levé mercredi la mesure d'interdiction sur la diffusion en République démocratique du Congo d'une des deux chansons qui interpellent le président Félix Tshisekedi et la classe dirigeante, a-t-on appris de source officielle.

La commission de censure a indiqué que l'interdiction de la chanson "Nini tosali te (Que n'avons-nous pas fait, en lingala)" n'est plus appliquée, un représentant du groupe musical MPR ayant sollicité la levée de cette décision afin d'ouvrir la voie à la régularisation de la procédure.

Dans une précédente décision, cette commission avait indiqué que "les chansons "Nini tosali te " et "Lettre à Ya Tshitshi" du chanteur Bob Elvis étaient interdites de présentation et de diffusion en RDC.

"Vous nous aviez promis le bonheur après le départ de Mobutu. Mobutu est parti mais on a rien vu. Vous nous avez dit que tout va s'arranger si Kabila quittait le pouvoir. Kabila est parti mais c'est toujours compliqué, malgré le changement (de régime) dans le pays", regrette le groupe MPR dans sa chanson "Nini tosali te".

Le MPR, Mouvement populaire de la révolution, est le nom de l'ancien parti unique fondé par l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997).

Dans la deuxième chanson interdite "Lettre à Ya Tshitshi", du surnom de l'opposant historique défunt Étienne Tshisekedi, père du président Félix Tshisekedi, le chanteur Bob Elvis égrène les maux qui rongent le pays et sa classe dirigeante.

"Depuis que tu es parti, ton fils Félix est devenu président. Les députés sont de plus en plus inconscients. Ton fils multiplie des promesses sans les tenir au lieu d'exceller dans des actes. La guerre dans l'Est continue", regrette le rappeur.

"On a changé de régime sans changer de système", ajoute-il.

"La décision portant censure des chansons n’émane pas du gouvernement (...). Tout citoyen est libre d’exprimer son opinion sous réserve des dispositions légales", a réagi dans la journée sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, après la polémique soulevée par la mesure d'interdiction.

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