Centrafrique: Paris "préoccupé", appelle les groupes armés à cesser les violences
Centrafrique: Paris "préoccupé", appelle les groupes armés à cesser les violences
Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian sur la base militaire française Sangaris Mpoko à Bangui, Centrafrique, le 31 octobre 2016.
La France, "préoccupée" par les récentes violences qui ont fait 85 morts dans la région de Bria (centre), a appelé mardi l'ensemble des groupes armés à "cesser toute violence" et à rejoindre le programme de désarmement et réinsertion lancé par Bangui.
"Nous appelons l'ensemble des groupes armés à cesser toute violence et à rejoindre sans tarder le programme de "désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement" (DDRR) lancé par les autorités centrafricaines", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal.
En images : chronologie d'une crise en Centrafrique
1/14Le 24 mars 2013, François Bozizé, au pouvoir depuis plus de 10 ans, est chassé par les rebelles de la Séléka à Bangui. Michel Djotodia s'auto-proclame président.
2/14En juillet 2013, quatre mois après la prise du pouvoir, 400 meurtres ont été commis par la Séléka en Centrafrique.
3/14Le 5 décembre 2013, après le vote de l'ONU, la France lance l'opération militaire Sangaris en Centrafrique.
4/14Le 10 janvier 2014, le président Michel Djotodia sous la pression des dirigeants de l'Afrique centrale et de la France.
5/14Le 20 janvier 2014, Catherine Samba Panza est nommée présidente de la transition centrafricaine par le Parlement.
6/14Le 16 avril 2014, le contingent tchadien achève son retrait des forces africaines de la Misca, après avoir été accusé par l'ONU d'avoir tiré sur des civils tuant ainsi 24 personnes.
7/14Le 7 juillet 2014, des violences éclatent entre les anti-balaka et les ex-Séléka. Cela entraîne la mort de 26 personnes à Bambari, un camp de déplacés internes. Deux semaines auparavant, près d'une centaine de personnes ont été tuées dans ces affrontements.
8/14Le 15 septembre 2014, la nouvelle force de l'ONU, la Minusca, prend le relais de la Misca.
9/14Le 8 janvier 2015, une commission des Nations Unies affirme que les deux camps ont commis des crimes contre l'humanité, dont un "nettoyage ethnique" et que l'intervention internationale a évité le génocide.
10/14Le 30 novembre 2015, le pape François, à droite, s'assoie avec les membres de la communauté musulmane lors d’une visite à la mosquée Koudoukou à Bangui, en République centrafricaine.
11/14Le 13 décembre 2015, les Centrafricains votent pour une nouvelle constitution.
12/14Le 14 février 2016, Faustin Archange Touadéra est élu président de la Centrafrique
13/14Le 18 mai 2016, l'ONU indique avoir recensé depuis le début de l'année 44 accusations d'abus sexuels qui auraient été commis par ses Casques bleus en Centrafrique. Cela fait suite aux nombreuses accusations de 2015 après qu'un employé de l'ONU a fait fuiter un rapport.
14/14Le 31 octobre 2016, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, sur la base militaire Sangaris Mpoko à Bangui, officialise le retrait des troupes françaises.
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Des affrontements les 21 et 22 novembre entre groupes armés de l'ex-rébellion Séléka ont fait 85 morts, essentiellement des Peuls, dans la région de Bria.
"La France soutient l'action de la Minusca (la force de maintien de la paix de l'ONU) et l'encourage à poursuivre avec détermination la mise en oeuvre de son mandat de protection des populations civiles", a poursuivi le Quai d'Orsay, réitérant également son soutien au président centrafricain Faustin-Archange Touadéra.
La Centrafrique (4,5 millions d'habitants) peine à se relever d'une guerre civile déclenchée par le renversement en mars 2013 de l'ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka demandant plus de justice sociale pour les 20% de musulmans.
Leur prise de pouvoir a entraîné une contre-offensive des milices antibalaka majoritairement chrétiennes.
L'intervention militaire française Sangaris, qui a pris fin en octobre, puis la Mission des Nations unies (Minusca, 12.500 hommes) ont permis la fin des tueries massives et l'élection en début d'année dans le calme de M. Touadéra, mais la violence subsiste et une grande partie du territoire échappe au contrôle de l'Etat.