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L'ONU enquête sur les meurtres présumés de civils en Centrafrique

Un agent de sécurité privé du groupe russe Wagner (G) se tient à côté d'un soldat centrafricain lors d'un rassemblement du parti politique Mouvement des Cœurs Unis (MCU) au stade Omnisport de Bangui le 18 mars 2022. (Photo de Barbara DEBOUT /AFP)

La mission de l'ONU en Centrafrique a annoncé vendredi à l'AFP avoir ouvert une enquête sur des informations non confirmées par Bangui sur les meurtres d'une dizaine de civils attribués à des militaires locaux et des paramilitaires russes.

La guerre civile, entamée il y a neuf ans, a considérablement baissé d'intensité depuis 2018 mais, confronté à une offensive rebelle il y a plus d'un an, le pouvoir a reçu le renfort de centaines de paramilitaires russes pour la repousser, des "mercenaires" de la compagnie privée Wagner selon l'ONU, la France et des ONG qui accusent les deux camps de commettre des crimes contre les civils.

Les 11 et 12 avril, dans les villages de Gordil et Ndah, à plus de 1000 km au nord-est de Bangui, des éléments des "FACA (Force armées Centrafricaines) et leurs alliés" (terme utilisé par les autorités comme l'ONU pour désigner les paramilitaires russes) ont mené une opération et tué "des civils", ont indiqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, des sources sécuritaire, humanitaire et administrative concordantes.

Entre 10 et 15 civils ont été tués, selon ces mêmes sources.

"Une enquête a été ouverte sur cette attaque par la Minusca", la Mission de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique qui a déployé, depuis 2014, quelque 14.000 casques bleus dans le pays, a déclaré à l'AFP son directeur de la Communication, Charles Bambara.

"La Minusca ne fera aucun autre commentaire avant la fin des investigations", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la présidence de la République, Albert Yaloke Mokpeme a répondu "ne pas être au courant".

Dans ce pays très pauvre d'Afrique centrale, le président Faustin Archange Touadéra a été réélu en décembre 2020 dans un scrutin pour lequel moins d'un électeur sur trois avait eu la possibilité de se rendre aux urnes en raison de l'insécurité, même si la guerre civile sanglante entamée en 2013 a considérablement baissé d'intensité depuis 2018.

Les plus puissants des nombreux groupes armés qui se partageaient alors les deux tiers du territoire avaient lancé peu avant les élections une offensive sur Bangui et M. Touadéra avait appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie.

Des centaines de paramilitaires russes avaient alors rejoint des centaines déjà présents depuis 2018 et permis, en quelques mois, de repousser l'offensive des rebelles puis de les refouler d'une grande partie des territoires et villes qu'ils contrôlaient. Mais sans pouvoir y réinstaller partout et durablement la présence et l'autorité de l’Etat.

Le 30 mars, la Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet a dénoncé de "graves violations des droits de l’homme" en Centrafrique, dont "des meurtres et des violences sexuelles" sur les civils, commis par les groupes rebelles mais aussi les militaires et leurs alliés russes.

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Des centaines de Soudanais ont manifesté contre les militaires au pouvoir

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Ouverture d'une enquête sur les activités de Castel avec des groupes armés centrafricains

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Plainte à l'ONU de militants sahraouis contre le Maroc pour "détention arbitraire"

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis.

Dix-huit indépendantistes sahraouis, incarcérés au Maroc pour l'assassinat de membres des forces de l'ordre en 2010 dans l'affaire dite de Gdeim Izik, ont déposé une plainte contre le royaume auprès de l'ONU pour "détention arbitraire", a indiqué vendredi un groupe de soutien.

Cette affaire tient son nom du camp où avaient été tués en novembre 2010 onze policiers et gendarmes marocains près de Laâyoune, la capitale du Sahara occidental administré par Rabat depuis la fin de la colonisation espagnole.

"Les prisonniers de Gdeim Izik déposent une plainte contre le Maroc auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies alléguant des actes de torture et de répression politique", précise un communiqué du groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits humains au Sahara occidental.

Le groupe ajoute que "les Sahraouis qui militent en faveur de l'autodétermination sont soumis à des pratiques discriminatoires et ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement sur la base d'aveux entachés de torture".

Ces activistes indépendantistes font partie d'un groupe de 23 Sahraouis condamnés à des peines allant de deux ans de prison à la perpétuité dans le cadre de l'affaire de Gdeim Izik.

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis, dont trois condamnés dans l'affaire de Gdeim Izik "gravement torturés", avaient annoncé des ONG.

La coordination des familles des victimes du camp de Gdeim Izik a, elle, dénoncé dans un communiqué "une dangereuse tentative de galvauder les faits, transformant les criminels en victimes".

Le conflit du Sahara occidental -vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses- oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Tandis que Rabat prône un statut d'autonomie sous souveraineté marocaine, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU lors de la signature en 1991 d'un cessez-le-feu, mais qui ne s'est jamais concrétisé.

Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla


Seun Kuti annule son concert au Maroc à cause du drame de Melilla
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Le chanteur nigérian Seun Kuti annule un concert au Maroc en raison du drame de Melilla

Seun Kuti, fils de la légende de la musique afrobeat Fela Kuti, se produit à "Felabration", un événement annuel rendant hommage à son père, au New Afrika Shrine à Lagos, au Nigeria, aux premières heures du dimanche 20 octobre 2013.

L'artiste nigérian Seun Kuti a annoncé jeudi l'annulation de son concert qui était prévu samedi au festival marocain Jazzablanca, afin de "porter le deuil" des 23 migrants ayant péri en tentant de rallier l'enclave espagnole de Melilla au Maroc.

"C'est avec une grande tristesse que je vous annonce l'annulation de notre voyage au Maroc ce weekend pour Jazzablanca", a indiqué Seun Kuti, fils du légendaire précurseur de l'Afrobeat Fela Kuti, dans une vidéo postée sur son compte Instagram.

"Il m'est impossible en toute bonne conscience de monter sur scène et de passer du bon temps alors que tant d'Africains ont perdu la vie. Nous devons porter leur deuil", a ajouté l'artiste en référence aux 23 migrants qui ont perdu la vie vendredi en tentant de traverser vers l'enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc.

Il s'agit du bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain.

L'ONU a accusé le Maroc et l'Espagne d'avoir eu recours à "un usage excessif de la force" contre ces migrants.

Les organisateurs du Jazzablanca, prévu du 1er au 3 juillet à Casablanca, ont confirmé l'annulation du concert de M. Kuti à l'AFP.

"C'est une décision personnelle de l'artiste", ont-ils commenté.

Le légendaire Gilberto Gil, Mulatu Astatke, le père de l'éthio-jazz ou Asaf Avidan, figure du folk-rock israélien, sont au programme de la 15e édition de ce festival.

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