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Côte d'Ivoire

Deux journalistes pro-Gbagbo condamnés à des amendes pour "diffamation"

Le journal ivoirien "Fraternite Matin" lors d'une grève à Abidjan, le 5 décembre 2017. (Photo: Sia KAMBOU / AFP)

Le directeur de publication et un journaliste du Temps, quotidien ivoirien proche de l'ex-président Laurent Gbagbo, ont été condamnés mardi à des amendes de cinq millions de francs CFA chacun (7.500 euros) pour "diffamation", a-t-on appris auprès de la rédaction et d'organisations professionnelles.

Yacouba Gbané et Barthélémy Téhin, journaliste au service politique, avaient été interpellés mardi matin.

Ils ont été jugés en comparution immédiate, poursuivis pour "atteinte à l'honorabilité et à la considération de plusieurs membres du gouvernement", après un article intitulé: "Fraude au sommet, corruption: la Côte d'Ivoire, un véritable Etat voyou!".

"Nous allons faire appel de la décision", a réagi auprès de l'AFP Ousmane Sy Savané, le directeur général du groupe Cyclone, qui édite Le Temps.

"La place du journaliste n'est pas devant les tribunaux ni en prison, mais dans les rédactions alors que la Constitution votée en 2016 consacre le droit à la liberté d'informer", a déploré Laurent Okoué, vice-président de l'Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI), la principale organisation professionnelle du pays.

Les médias ivoiriens, souvent très politisés, ont parfois contribué à faire monter la tension dans le pays, durant la longue décennie de tourmente qui a culminé avec la crise postélectorale de 2010-2011, qui avait fait 3.000 morts.

Le climat politique se durcit en Côte d'Ivoire, à huit mois de la présidentielle. Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par des violences et des fraudes.

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Présidentielle ivoirienne : un mort dans la commune de Yopougon à Abidjan

Un résident passe devant l'affiche de campagne du président sortant de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, dans une rue d'Abidjan le 15 octobre 2020.

Un homme a été poignardé à mort mercredi soir dans la commune populaire de Yopougon à Abidjan, et plusieurs véhicules incendiés, à trois jours de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, selon une source policière et un habitant jeudi.

Un "jeune homme" a été poignardé à mort dans le quartier de Niangon, selon la source policière, sans plus de détails sur les circonstances du meurtre.

Il s'agit d'un "boutiquier", a précisé un habitant s'exprimant sous couvert d'anonymat, expliquant que le drame s'est passé près du lycée Simone Gbgabo.

Selon lui, le meurtre a été commis "après l'intervention des pompiers pour éteindre le feu" des véhicules incendiés.

Selon la source policière, un bus, un gbaka (minibus collectif) et deux voitures ont été incendiés par "des individus non-identifiés encagoulés" vers 20 heures (locales et GMT) mercredi soir.

Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, présentée par habitant comme ayant été filmée sur les lieux des événements, on voit une bande de jeunes hommes armés de bâtons et d'armes blanches, circulant à visage découvert.

Le calme est revenu après l'intervention des forces de l'ordre, précise la source policière.

La campagne électorale, dont c'est le dernier jour ce jeudi, avant le scrutin samedi, se déroule sous forte tension en Côte d'Ivoire. Une trentaine de morts ont été tués ces trois derniers mois à travers le pays dans des violences préélectorales, notamment des affrontements intercommunautaires dans plusieurs villes de l'intérieur du pays.

L'opposition accuse le pouvoir de faire commettre meurtres et violences par des milices de "microbes", des loubards armés, pour tenter de casser son appel à la population à la "désobéissance civile" et au "boycott actif du processus électoral".

Le pouvoir rétorque que ces miliciens, dont la présence a été mentionnée par des habitants dans plusieurs villes où se sont déroulées des violences meurtrières, sont orchestrés par l'opposition.

La crainte d'une escalade des violences est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

Les principaux enjeux de la présidentielle ivoirienne

Un supporter de "ADO" ("Alassane Dramane Ouattara") au stade Félix Houphouet-Boigny le 22 août 2020 à Abidjan. (AFP)

"Boycott" de l'opposition et appel à la "désobéissance civile", affrontements intercommunautaires ayant fait une trentaine de morts : l'élection présidentielle prévue samedi en Côte d'Ivoire se déroule sous haute tension, attisée par la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

Comme en Guinée où la réélection du président Alpha Condé pour un troisième mandat contesté a provoqué des troubles ayant fait une vingtaine de morts, l'opposition ivoirienne juge un troisième mandat "anticonstitutionnel".

L'élection en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao et redevenue la locomotive économique de l'Afrique de l'Ouest francophone après dix ans de croissance, fait donc craindre une nouvelle crise dans une région éprouvée par des attaques jihadistes incessantes au Sahel, par un putsch au Mali et une contestation politique chez le géant voisin nigérian.

Depuis la volte-face du président sortant, Alassane Ouattara, qui a annoncé sa candidature en août, après avoir dit en mars qu'il passait la main, ce pays de 25 millions d'habitants a connu une série de troubles qui ont fait au total une trentaine de morts dans plusieurs localités.

Beaucoup craignent une crise majeure, dix ans après la crise post-électorale issue de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts.

Signe de cette fébrilité, à Abidjan, beaucoup de ses célèbres "maquis" (restaurant-bars à ciel ouvert) et allocodromes, spécialisés dans la banane braisée alloco, ferment leurs portes beaucoup plus tôt que d'habitude. Les rayons de certains supermarchés se sont vidés et les embouteillages sont devenus moins importants.

Quelque 35.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés pour assurer la sécurité du scrutin.

L'opposition, dirigée par l'ancien président Henri Konan Bédié, accuse de partialité de la Commission électorale indépendante (CEI) et le Conseil constitutionnel, "inféodés" au pouvoir selon elle et donc incapables de garantir un scrutin équitable.

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Boycott jusqu'où ?

Agé de 78 ans, Alassane Ouattara, réélu en 2015, a décidé de se représenter après la mort brusque de son dauphin, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. La Constitution n'autorise que deux mandats, mais l'adoption d'une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro, selon lui. Ce que l'opposition conteste.

Le président et son parti ont mené campagne tambour battant depuis deux mois dans tout le pays.

En face, les dirigeants de l'opposition n'ont pas fait campagne, mais multiplié les conférences de presse à Abidjan, et laissé leurs militants organiser des actions éparses sur le terrain.

Chassé du pouvoir par un coup d'Etat en 1999, Henri Konan Bédié, chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), aimerait à 86 ans retrouver le fauteuil présidentiel, ce qui a fait grincer des dents dans sa propre formation, suscitant la candidature dissidente d'un ex-député PDCI, Kouadio Konan Bertin, 51 ans.

Ouattara et Bédié, vieux rivaux présents sur la scène politique ivoirienne depuis trois décennies, s'affrontent donc une nouvelle fois, dans un pays où l'âge moyen est de 19 ans et où les trois quarts de la population ont moins de 35 ans.

M. Ouattara assure vouloir, s'il est réélu, mettre l'accent sur la politique sociale, alors que 40% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.

Allié de circonstance de M. Bédié, Pascal Affi N'Guessan, 67 ans, Premier ministre sous l'ancien président Laurent Gbagbo, est le quatrième candidat. Il dirige une partie du Front populaire ivoirien (FPI), le troisième grand mouvement politique du pays, mais n'est pas reconnu par les fidèles de l'ex-président Gbagbo, fondateur du parti.

MM. Konan Bédié et Affi N'Guessan n'avaient pas encore précisé jeudi s'ils iraient au bout de la logique du boycott et retireraient leur candidature.

Autre grief de l'opposition: deux poids lourds politiques vivant à l'étranger, Laurent Gbagbo, 75 ans, et l'ex-chef de la rébellion et ancien Premier ministre Guillaume ont eux été disqualifiés par la Conseil constitutionnel, au grand dam de leurs partisans au pays.

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