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Bujumbura rejette le rapport d'Ocha sur les besoins humanitaires

Les manifestants défilent contre le rapport de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies sur le Burundi, Bujumbura, le 11 février 2017.

Le gouvernement burundais rejette catégoriquement le rapport du bureau de coordination des nations Unies pour les affaires humanitaires qui affirme que 3,6 millions de Burundais ont besoin d’assistance.

Bujumbura dénonce un rapport écrit de façon unilatérale et demande à l'Ocha d’entrer en contact avec quatre ministères concernés pour élaborer un autre rapport "consensuel et fiable" pour venir en aide aux personnes qui nécessitent des besoins humanitaires pour cette année 2018.

Reportage de Christophe NKurunziza, correspondant à Bujumbura pour VOA Afrique
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Pourtant lundi, à la présentation du rapport onusien, le secrétaire permanent au ministère des relations extérieures était bel et bien présent.

Le communiqué du secrétaire-général et porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, rejette en bloc le contenu du rapport d'Ocha qui affirme que 3,6 millions Burundais ont besoin d’assistance humanitaire.

>> Lire aussi : 3,6 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire au Burundi

Une situation alarmante loin de la réalité selon Bujumbura.

Selon le rapport de l’office de coordination des affaires humanitaires, 2,4 millions de personnes au Burundi serait même en situation humanitaire urgente et nécessiteraient cette année une intervention humanitaire des Nations unies pour 141.7 millions de dollars.

Philippe Nzobonariba, secrétaire-général et porte-parole du gouvernement, à Bujumbura, au Burundi, le 12 septembre 2017.
Philippe Nzobonariba, secrétaire-général et porte-parole du gouvernement, à Bujumbura, au Burundi, le 12 septembre 2017.

Le gouvernement burundais apprécie l’initiative de la communauté humanitaire pour venir en aide aux personnes en situation d’urgence, mais "déplore que le rapport et les personnes en situation d’urgence de même que le recensement des personnes en état de nécessité et les chiffres avancés" n’ont jamais fait l’objet de collaboration avec les ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture, de la Santé et celui des Droits humains concernés.

Pour Philippe Nzobonariba, le gouvernement a consenti des moyens importants dans des projets visant l’amélioration du bien être des populations rurales et se dit "étonné" par les chiffres avancés par Ocha.

>> Lire aussi : Des milliers de manifestants contre un rapport de l'ONU au Burundi

Le gouvernement burundais préfère mettre en avant la politique de subvention des engrais, la gratuité des soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants et l’esprit de solidarité nationale qui permettraient d’affirmer que la situation de 2018 est meilleure qu’en 2017.

Le gouvernement burundais s’attend plus à ce que ses partenaires axent les efforts beaucoup plus sur l’aide au développement que sur l’aide humanitaire.

Christophe NKurunziza, correspondant à Bujumbura

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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