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Le Premier ministre Ilunga sera-t-il au rendez-vous avec l’Assemblée nationale?

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga à Kinshasa, 4 juillet 2019. (Facebook/Syvestre Ilunga Ilunkamba)

Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le Premier ministre nommé après de longs mois d’âpres discussions entre le nouveau et l'ancien présidents congolais, est visé par une motion de censure et doit répondre mardi devant le "Bureau d’âge" de l’Assemblée nationale à Kinshasa.

Il risque une déchéance en apar défaut car absent de Kinshasa, la capitale.

Le "Bureau d’âge", l'organe qui dirige provisoirement la chambre basse du parlement congolais, affirme lui avoir transmis une pétition signée par 301 députés exigeant sa démission. Une majorité qui inclut nécessairement des élus de sa famille politique, le Front commun pour le Congo (FCC).

Or le Premier ministre s’est envolé pour Lubumbashi, la deuxième ville et la capitale économique du pays, où l’ancien président Joseph Kabila -- "autorité morale" du FCC -- y a installé son état-major depuis le découplage avec le Cap pour le changement (CACH), le clan de son successeur Félix Tshisekedi, il y a près de deux mois.

"Je pars à Lubumbashi pour une réunion avec son Excellence Joseph Kabila Kabange", a écrit M. Ilunga dans une note que VOA Afrique a reçue des services du chef du gouvernement congolais.

Sera-t-il présent au rendez-vous de l’Assemblée nationale? C’est la grande question.

Le porte-parole de M. Ilunga n’a pas répondu à la question, malgré l'insistance de VOA Afrique.

Dans la classe politique politique congolaise, certains estiment que son absence ne changera rien.

Depuis l’annonce par M. Tshisekedi de la rupture de la coalition du gouvernement entre le CACH et le FCC, une certaine transhumance s’observe dans la classe politique.

Des personnalités politiques, des partis ou même de plateformes entières autrefois acquis à la cause de M. Kabila, se proclament ouvertement en faveur de "l’Union sacrée", coalition prônée par M. Tshisekedi.

Ils l’ont déclaré à "l’informateur" désigné par M. Tshisekedi, Modeste Bahati, un ancien proche de M. Kabila mais en relations tumultueuses avec ce dernier. Son rôle est de finaliser les contours de la nouvelle majorité parlementaire.

Les prérogatives du "Bureau d'âge" en question

Sa nomination, comme toute la manœuvre pour déchoir le Premier ministre, font partie de dernières batailles dans le conflit entre les camps Tshisekedi et Kabila.

Du côté de M. Kabila, beaucoup estiment que le "Bureau d’âge", entité provisoire, viole la Constitution et outrepasse ses prérogatives qui, selon eux, devraient plutôt se limiter à organiser l’élection d’un bureau définitif à l'Assemblée nationale.

Or la Cour constitutionnelle a récemment donné un avis favorable sur la question.

Pour sa part, M. Tshisekedi a su bien jouer en s’alliant à deux opposants, l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et l'ancien gouverneur Moïse Katumbi, même s’ils ne sont pas encore arrivés à s’entendre sur le partage de gâteau.

Entre temps, l'opposition radicale incarnée par Martin Fayulu rejette toutes ces manoeuvres et n’y voient qu’une reformulation de la coalition Tshisekedi-Kabila.

Le candidat de l'opposition à la présidence de la RDC, Martin Fayulu, lors d'un discours devant ses partisans à Beni, le 5 décembre 2018.
Le candidat de l'opposition à la présidence de la RDC, Martin Fayulu, lors d'un discours devant ses partisans à Beni, le 5 décembre 2018.

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Trois nouveaux cas d'Ebola confirmés en RDC

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Regain du discours incitant à la haine en RDC, selon l'ONU

Le gouverneur du Sud-Kivu à Walungu, le 2 janvier 2020. 39% des allégations de discours de haine proviennent de la province troublée du Sud-Kivu selon l'ONU.

Un regain de discours et messages incitant à la haine a été enregistré en République démocratique du Congo, dans un contexte de compétions politiques, selon un rapport publié lundi par le Bureau conjoint des Nations-unies aux droits de l'Homme (BCNUDH).

"La propagation rapide des discours haineux en République démocratique du Congo à travers notamment les réseaux sociaux, les radios locales, les tracts et la presse écrite est un sujet de préoccupation majeure, en particulier depuis la fin des élections du 30 décembre 2018", a écrit dans son rapport le BCNUDH.

"Ces discours sont pour la plupart liés au débat sur la citoyenneté congolaise, à la persistance de l'impunité, aux conflits fonciers et autour de la transhumance, aux compétitions pour le pouvoir et à la diffusion de fausses nouvelles", a-t-il ajouté.

"Entre mai et décembre 2020, le BCNUDH a reçu des allégations sur 30 cas probables de discours et messages incitatifs à la haine, parmi lesquels 16 ont été identifiés comme des cas avérés d'incitation à la haine selon le seuil requis" par le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Sur les 30 cas, 39% d'allégations provenaient de la province troublée du Sud-Kivu, suivie de la capitale Kinshasa avec 19%. 62% des cas ont des motivations politiques.

Au total, ces discours sont documentés dans 15 des 26 provinces congolaises, "autant dans les provinces non affectées par les conflits armés que dans les zones où les groupes armés sont actifs", ont regretté le BCNUDH et la mission de l'ONU en RDC (Monusco) dans un communiqué conjoint.

"Ces discours agissent à la fois comme un indicateur d'alerte précoce et un déclencheur potentiel de violence en soi", note le BCNUDH qui rappelle que les discours de haine sont considérés comme des crimes internationaux.

Afin de lutter contre la flambée des discours de haine, le BCNUDH appelle les autorités congolaises à "renforcer" la législation en se conformant "aux normes et standards du droit international des droit de l'homme afin de préserver les libertés d'opinion, d'expression, d'association et de réunion pacifique".

Des entrepreneurs congolais créent des emballages à base de fibre de bananier

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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF
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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

Une patrouille de la Monusco pour traquer les rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliés (ADF), le 13 novembre 2018.

Dix civils ont été dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques attribuées au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, selon l'armée.

"Nous déplorons la mort de huit civils, décapités dans le village de Boyo, ici en Ituri par des ADF (...) qui ont aussi tué deux autres civils par balle à Kainama", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans la province de l'Ituri (nord-est).

"La poursuite de l'ennemi pour nettoyer la zone continue", a-t-il affirmé.

Des sources administrative et locales ont confirmé les deux attaques, précisant que des maisons ont également été "incendiées" par les assaillants.

Le village de Kainama est situé dans l'extrême nord de la province du Nord-Kivu, à la limite avec l'Ituri. Il est à 5 km de celui de Boyo.

Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l'est de la RDC depuis 1995. Sans s'attaquer à l’Ouganda depuis des années, ces bandes armées commettent régulièrement des massacres sur des civils sans défense depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs.

L'armée congolaise mène des opérations militaires contre ces ADF dans cette zone depuis fin octobre 2019, sans toutefois avoir pu mettre fin aux massacres.

Dispersés par ces opérations militaires, les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles, selon des experts de l'ONU.

Après une relative accalmie en janvier, les membres présumés des ADF multiplient des tueries des civils depuis début février dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri, nord-est).

Depuis près de trois décennies, l'est de la RDC est déstabilise par la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers d'importance diverses.

Dans un récent rapport, les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais) ont recensé au moins "122 groupes armés" actifs dans quatre provinces orientales (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika).

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