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Droits humains

Le président du Botswana promet de respecter la dépénalisation de l'homosexualité

Des militants brandissent des drapeaux arc-en-ciel devant la Haute Cour du Botswana à Gaborone le 29 novembre 2021.

Le président du Botswana a promis lundi d'appliquer pleinement la décision de justice dépénalisant l'homosexualité dans ce pays enclavé d'Afrique australe, deux mois après avoir perdu un appel visant à annuler ce jugement.

Le président Mokgweetsi Masisi a invité des représentants de la communauté LGBT pour leur assurer qu'il allait respecter la décision du tribunal et protéger leurs droits.

"Nous demandons et attendons de tous de respecter les décisions de notre tribunal", a-t-il dit lors de son entretien avec des membres des Lesbiennes, Gays et Bisexuels du Botswana (Legabibo).

Il leur a assuré que son appel en justice, rejeté en novembre 2021, avait été motivé par des préoccupations politiques et non par une animosité à leur égard, rappelant que "nous vivons dans une société plutôt conservatrice".

L'invitation du président à l'égard de membres de la communauté LGBT marque un tournant majeur au Botswana.

Il y a cinq ans, le groupe Legabigo avait dû aller en justice pour contourner l'interdiction gouvernementale d'exister.

En 2019, le tribunal de Gaborone, capitale du Botswana, avait ordonné que les lois punissant les relations entre personnes de même sexe soit amendées, les qualifiant de "reliques de l'ère (britannique) victorienne" qui "oppressent une minorité".

Ce jugement, salué comme "historique" au niveau international, était très attendu sur l'ensemble du continent africain où l'homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens.

Mais le gouvernement a fait appel de cette décision en octobre 2021, estimant que cette "question politique" devait être tranchée par le Parlement et non par la justice.

Les citoyens botswanais homosexuels ont longtemps vécu dans "la peur constante d'être découverts ou arrêtés", avait déclaré le juge Ian Kirby en novembre. "Cela a parfois conduit à la dépression, au comportement suicidaire, à l'alcoolisme ou à la toxicomanie", a-t-il regretté.

Le Botswana est un des rares pays africains à avoir dépénalisé l'homosexualité. Les autres sont le Lesotho, le Mozambique, l'Angola et les Seychelles. L'Afrique du Sud est le seul pays africain autorisant le mariage gay, légalisé en 2006.

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Première pièce de théâtre queer en Tunisie, pays qui punit l'homosexualité

Les acteurs interprètent des personnages à la liberté "complètement bafouée", victimes de violences au sein de leur famille, dans la rue et dans leur travail.

"Une réalité qu'on fait semblant de ne pas voir": Essia Jaïbi a présenté ce week-end la première pièce de théâtre queer de Tunisie, brisant un tabou dans le pays conservateur où l'homosexualité reste illégale et durement réprimée.

"Flagranti" ou "Flagrant délit" est "un grand défi", explique fièrement à l'AFP la metteuse en scène tunisienne de 32 ans, à propos de sa pièce qui a nécessité neuf mois de travail et restera à l'affiche jusqu'à début juin dans une salle privée de Tunis, la capitale.

La pièce, coproduite par Mawjoudin, une association locale de défense des droits des LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queer), est jouée par six acteurs, âgés de 23 à 71 ans, pour montrer que le combat pour les identités de genre et orientations sexuelles minoritaires concerne plusieurs générations.

Non sans quelques notes d'humour noir, les acteurs – pour la plupart des amateurs choisis lors d'un casting – interprètent des personnages à la liberté "complètement bafouée", victimes de violences au sein de leur famille, dans la rue et dans leur travail.

Les militants LGBTQ sont sortis de l'ombre depuis 2011 en Tunisie où des ONG locales défendent ouvertement leurs droits, ce qui est encore relativement rare dans le monde arabe. Mais leur condition, selon les défenseurs des droits tunisiens et internationaux, reste très précaire du fait d'un rejet social tenace et d'une législation hostile.

Tunisie: un candidat défenseur des droits LGBTQ à la présidentielle
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L'article 230 du code pénal tunisien, en version arabe et française, condamne "la sodomie" et "l'homosexualité" masculine et féminine d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison pour les personnes prises en flagrant délit, d'où le titre de la pièce.

Une photo à connotation homosexuelle découverte par la police sur un téléphone portable peut ainsi engendrer arrestations, humiliations, agressions verbales et physiques, voire un test anal forcé. Selon Mawjoudin, 59 personnes ont été incarcérées entre 2020 et octobre 2021 sur la base de l'article 230.

"Flagranti parle d'un sujet tabou, d'une réalité qu'on continue en Tunisie à faire semblant de ne pas voir, et qu'on tente, par ce spectacle, de révéler au grand public", explique Essia Jaïbi, auteure du scénario fictif mais inspiré de vrais témoignages.

"Moment historique"

Sensibiliser, changer des mentalités "discriminatoires", abolir une loi "rétrograde" et promouvoir l'art queer en Tunisie sont les principaux objectifs de "Flagranti", explique Karam Aouini, un responsable de Mawjoudin. Cette ONG avait organisé un tout premier festival cinématographique queer en 2018.

C'est "un moment historique dans ce pays! Afficher un tel événement dans un pays arabe musulman n'est pas une tâche facile", se réjouit auprès de l'AFP, Alay Aridhi, un employé d'ONG de 27 ans, en sortant d'une première représentation très applaudie. Pour lui, c'est "comme si maintenant nous pouvions raconter ces histoires", ce qui donne "un espoir d'amélioration".

La pièce évoque aussi les problèmes de la corruption policière et judiciaire, de l'impunité et de la fuite des cerveaux. En près de deux heures, la metteuse en scène tente de restituer les affres d'une communauté qui n'arrive pas à vivre aussi librement qu'elle le voudrait.

La pièce a touché "au plus profond de lui-même", Salim, 24 ans, un autre spectateur, qui se revendique de la communauté LGBTQ. "J'ai vu mon vécu sur scène, c'était bouleversant, cela m'a noué la gorge", confie-t-il. "C'est une expérience dure, qui montre un être humain écrasé", confirme l'acteur Hamdi Bejaoui.

Aucune abrogation de l'article 230, qui date de 1913 sous la colonisation française, n'est à l'ordre du jour malgré les multiples appels des ONG locales et internationales. La Tunisie s'est engagée en 2017 devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, à Genève, à ne plus imposer les tests anaux mais continue à souvent demander à des médecins de les pratiquer pour "prouver" un "délit" d'homosexualité.

Le président tunisien Kais Saied, qui détient tous les pouvoirs depuis son coup de force du 25 juillet 2021, s'oppose à une dépénalisation de l'homosexualité, tout en se prononçant contre les incarcérations. Malgré ce contexte défavorable, un acteur qui incarne sur scène un médecin s'appelant Adam, résume en fin de spectacle l'état d'esprit de la communauté en Tunisie: "Nous ne céderons pas! Le combat continue!"

L'ancien président gambien Yahya Jammeh sera-t-il poursuivi ?

L'ancien président gambien Yaya Jammeh se dirige vers l'avion pour aller en exil, à l'aéroport de Banjul, le 21 janvier 2017.

Le père de Fatoumatta Sandeng a quitté la maison un jour de 2016 pour ne jamais revenir. Sa fille fait partie de ceux qui attendent impatiemment mercredi pour savoir si la Gambie va demander des comptes à l'ancien dictateur Yahya Jammeh.

Le gouvernement de la Gambie dira s'il approuve des poursuites contre celui qui a dirigé d'une main de fer de 1994 à 2017 ce pays enclavé d'Afrique de l'Ouest et contre 69 autres personnes, comme l'a recommandé une commission il y a six mois.

La commission qui a enquêté pendant plus de deux ans a rendu compte de l'étendue des méfaits perpétrés à cette époque: assassinats, actes de tortures, disparitions forcées, viols et castrations, arrestations arbitraires, chasses aux sorcières, jusqu'à l'administration contrainte d'un traitement bidon contre le sida.

Le père de Fatoumatta Sandeng est sorti pour prendre part à une manifestation au cours de la campagne présidentielle de 2016. "Il m'a dit: quoi qu'il m'arrive, prends soin de la famille". Elle avait 22 ans. "C'est la dernière fois que nous nous sommes parlé". Ebrima Solo Sandeng, membre de l'opposition, a été arrêté et torturé en détention. Il est mort deux jours après.

La commission qui a entendu 393 témoignages accablants ou bouleversants de victimes et de coupables présumés a dénombré entre 240 et 250 personnes mortes entre les mains de l'Etat et de ses agents sous M. Jammeh. "J'attends qu'on poursuive les responsables de ces crimes, y compris Jammeh lui-même", dit Fatoumatta Sandeng, porte-parole d'une coalition d'associations de victimes.

Yahya Jammeh, qui a 57 ans mercredi, vit en Guinée Equatoriale. Fin 2016, un relatif inconnu, Adama Barrow, l'a battu à la présidentielle. M. Jammeh a refusé de reconnaître sa défaite, mais a été poussé à l'exil sous la pression d'une intervention militaire ouest-africaine. Adama Barrow préside aujourd'hui encore aux affaires d'une fragile démocratie en transition. Les victimes s'inquiètent que des commodités politiques ne prennent le dessus sur la justice.

Principes et calculs

M. Jammeh continue d'influer sur la vie politique. M. Barrow a été réélu en décembre 2021 après un accord entre son parti et celui de M. Jammeh. M. Barrow a choisi en avril deux anciens alliés de M. Jammeh pour président et co-président du Parlement nouvellement élu.

L'un des plus hauts responsables mis en cause par la commission, Ousman Sowe, dirige aujourd'hui le Renseignement gambien. De nombreux membres présumés d'unités chargées des éliminations physiques, appelés "broussards", vivent librement en Gambie.

Le procès d'un de ces "broussards" présumés vient de s'ouvrir en Allemagne. Bai Lowe, réfugié en Allemagne depuis 2012 et interpellé en 2021, est jugé en vertu du principe de compétence universelle pour crimes contre l'humanité, meurtres et tentatives de meurtre entre 2003 et 2006, dont l'assassinat du correspondant de l'AFP Deyda Hydara. Personne n'a encore été jugé en Gambie pour les crimes politiques de l'ère Jammeh.

Même si le gouvernement ouvre la voie à un procès contre M. Jammeh, la Guinée Equatoriale n'a pas d'accord d'extradition avec la Gambie. Ailleurs en Afrique de l'Ouest, au Liberia ou en Sierra Leone par exemple, théâtres de sanglantes guerres civiles, le cheminement de la justice pour les crimes du passé est difficile.

La commission gambienne a recommandé que M. Jammeh et ses complices présumés soient jugés par un tribunal international en Afrique de l'Ouest et en dehors du pays. Elle a évoqué le Sénégal, où avait été jugé un autre ancien autocrate, le Tchadien Hissène Habré, le Ghana ou la Sierra Leone.

Depuis la remise du rapport de la commission en novembre 2021, le président Barrow n'a pas donné d'indication sur ses intentions. Les défenseurs des victimes et des droits humains ont pressé le gouvernement de poursuivre les 70 personnes nommées par la commission. Ils insistent pour que les victimes soient associées au processus et pour que les femmes soumises à des violences, sexuelles ou autres, soient incluses dans les dédommagements.

Ces violences, disent-ils, ont été peu prises en compte dans les travaux de la commission, à cause de la réticence des victimes à témoigner ou de la prérogative traditionnellement dévolue aux hommes de parler pour le foyer.

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Prison à vie pour le jeune soldat russe jugé pour crime de guerre en Ukraine

Le soldat russe Vadim Chichimarine dans le box en verre de la salle d'audience.

Le premier soldat russe jugé pour crime de guerre depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Vadim Chichimarine, a été reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité lundi à Kiev pour le meurtre d'un civil.

"Le tribunal a décidé de reconnaître Chichimarine coupable et de le condamner à réclusion à vie", a déclaré le juge Serguiï Agafonov, a constaté un journaliste de l'AFP présent dans la salle d'audience.

Le sergent Chichimarine, 21 ans, avait admis avoir abattu Oleksandre Chelipov, un civil de 62 ans, dans le nord-est du pays au cours des premiers jours de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.

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