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Les coups durs se succèdent pour Benjamin Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assiste à une réunion du gouvernement à Jérusalem, le 28 janvier 2018.

L'horizon s'obscurcit de jour en jour pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à présent confronté à la perspective d'un témoignage potentiellement dévastateur d'un proche collaborateur dans l'une des enquêtes de corruption menaçant son long règne.

L'accumulation des coups durs a commencé à susciter une atmosphère de plus en plus pré-électorale. L'incontournable Premier ministre, au pouvoir depuis bientôt 12 ans au total, n'est formellement mis en cause dans aucune des au moins six affaires le concernant directement ou indirectement. Mais l'air se raréfie dans son entourage.

En huit jours, M. Netanyahu a vu la police recommander le 13 février son inculpation dans deux dossiers de corruption, arrêter sept personnes, dont deux proches collaborateurs, dimanche dans une autre affaire, et ouvrir mardi une enquête pour tentative de subornation d'une juge en échange d'un arrêt des investigations sur des agissements suspects à la résidence du Premier ministre.

Depuis mardi soir, M. Netanyahu fait face, selon les médias, à une possible bombe à retardement.

L'une des personnes interpellées dimanche, l'ex-directeur général du ministère des Communications présenté comme l'un des rares hommes de confiance de M. Netanyahu, Shlomo Filber, a négocié avec les enquêteurs un accord de coopération en échange d'un statut de témoin protégé lui garantissant qu'il n'irait pas en prison, a rapporté la presse.

Un porte-parole de la police, interrogé par l'AFP, a refusé de confirmer l'information.

- Bibi et Momo -

"Si Shlomo Filber a effectivement signé un (tel) accord, c'est la fin d'une époque", écrit dans le quotidien Maariv Ben Caspit, auteur d'un récent livre sur M. Netanyahu.

"Filber est le plus proche et le plus intime des agents en charge des opérations occultes que Netanyahu ait eues depuis des générations (...) Toujours dans l'ombre, toujours loyal, performant, secret et animé de convictions: Bibi (le surnom de M. Netanyahu) savait pouvoir compter sur Momo. Jusqu'à hier", ajoute Ben Caspit.

Ce dernier fait de M. Filber l'un des artisans de la victoire de M. Netanyahu déjouant les pronostics aux législatives de 2015.

M. Netanyahu l'avait ensuite nommé au poste de directeur général du ministère des Communications, dont il a été suspendu.

Selon la presse, la police soupçonne M. Filber d'avoir servi, à ce poste, d'intermédiaire entre les Netanyahu et Shaul Elovitch, patron de Bezeq, le plus important groupe de télécommunications israélien, et de l'influent site d'informations Walla.

La police veut savoir si les Netanyahu auraient cherché à s'assurer une couverture propice de la part de Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales, qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, dit la presse, alimentée à flux constants par des fuites à la provenance inconnue.

Outre M. Filber, un autre collaborateur des Netanyahu, leur ancien porte-parole personnel Nir Hefetz, le patron de Bezeq, la PDG du groupe et trois autres personnes ont été arrêtés dimanche. Un tribunal a prolongé mercredi jusqu'au 26 février la garde à vue de la PDG, Stella Handler, et d'un autre responsable du groupe. La justice doit se prononcer sur les autres gardes à vue jeudi.

- 'Plus on les opprimait' -

M. Netanyahu proclame son innocence sur tous les fronts. Il a affirmé sa ferme intention de rester au pouvoir.

L'opposition réclame sa démission. La semaine passée, tous les chefs des partis de sa coalition, sur laquelle repose le gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, sont restés solidaires en disant attendre la décision du procureur général sur une éventuelle inculpation de M. Netanyahu.

Son parti, le Likoud, continue à le soutenir.

Le commentateur de la radio publique Yoav Krakovsky, citant des responsables politiques, a estimé que le témoignage potentiellement compromettant de Shlomo Filber pourrait provoquer des élections anticipées avant fin 2018. La législature est censée s'achever en 2019.

Sous le titre "un parfum d'élections", le quotidien Israel Hayom, réputé pro-Netanyahu, a donné matière à réflexion à l'opposition comme aux partenaires de la coalition en publiant mercredi un sondage indiquant que le Likoud remporterait 34 sièges sur 120 au Parlement, au lieu des 30 actuels.

Israel Hayom n'a pas publié la méthode ni le panel du sondage. Mais M. Netanyahu, qui dénonce la "chasse aux sorcières" menée selon lui par les médias et l'opposition, s'en est emparé sur Facebook en invoquant la Bible et les Hébreux: "Plus on les opprimait, plus ils se multipliaient et s'étendaient".


Avec AFP

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Le groupe État islamique revendique les attentats de Pâques au Sri Lanka

Enterrement d'une victime des attentats-suicides dans un cimetière près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 23 avril 2019.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi les attaques suicides contre des églises et hôtels de luxe qui ont fait plus de 320 morts et 500 blessés le dimanche de Pâques au Sri Lanka, attentats parmi les plus meurtriers depuis le 11 septembre 2001.

"Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de l'EI", a annoncé l'organisation jihadiste sur son agence de propagande Amaq.

Des kamikazes ont provoqué un carnage le dimanche de Pâques dans trois hôtels de luxe et trois églises, en pleine messe, à Colombo et ailleurs dans le pays. Les autorités ont attribué le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), qui ne l'a pas revendiqué, et cherchent à savoir s'il a bénéficié d'un soutien logistique international.

Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance mardi permettent d'éclaircir la chronologie et les circonstances de ces Pâques sanglantes.

Sur les huit explosions de bombes au total ce jour-là, les six premières, en début de matinée, sont des attentats suicides contre trois églises et trois hôtels de luxe, le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Deux explosions ultérieures, survenues en début d'après-midi à Colombo, sont le fait de suspects qui se sont donné la mort pour échapper à l'arrestation.

Deux frères sri-lankais musulmans, figurant parmi les kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ce déchaînement de violence, au cours duquel un autre attentat suicide a échoué dans un quatrième hôtel de luxe à Colombo, ont révélé mardi des sources proches de l'enquête.

Selon les policiers, ces deux frères, d'une vingtaine d'années et dont les noms n'ont pas été révélés, opéraient une "cellule terroriste" familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule "cellule", ou d'équipes séparées mais coordonnées.

Un quatrième hôtel de luxe de la capitale sri-lankaise, adjacent aux trois frappés, figurait sur la liste des objectifs du dimanche de Pâques. Pour une raison inconnue, le sac à dos rempli d'explosifs du kamikaze chargé de cette cible n'a pas explosé et il a pris la fuite, ont indiqué des sources policières à l'AFP.

Cerné par les forces de l'ordre quelques heures plus tard dans la banlieue sud de Dehiwala, le suspect s'est alors fait exploser, causant la mort de deux passants. À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme d'un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l'ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

- Larmes et deuil -

Le Sri Lanka a rendu mardi un hommage poignant aux 321 morts des attentats, selon un nouveau bilan. Parmi les tués figurent au moins 39 étrangers - dont une personne de nationalité française, selon Colombo - et 45 enfants et adolescents.

L'île de 21 millions d'habitants est restée silencieuse durant trois minutes à 08H30 locales (03H00 GMT), heure de la première explosion d'un kamikaze deux jours auparavant, à l'église catholique Saint-Antoine de Colombo.

Des Sri-Lankais laissaient libre cours à leur douleur mardi lors de messes en hommage aux morts de ces attentats, les pires violences qu'ait connu le pays depuis, il y a dix ans, la fin de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

Anéantis, des proches de victimes s'effondraient dans les bras de leurs voisins.

"Nous n'avons pas ressenti une telle tristesse depuis la guerre", a assuré Rashmi Fernando, une femme de 36 ans, qui participait à l'une de ces cérémonies.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévisions doivent adapter leur programmation musicale.

À l'église Saint-Antoine, des dizaines de personnes ont prié en silence, des bougies à la main, certaines retenant à grand peine leurs larmes. À l'issue des trois minutes de silence, la foule a entamé une prière à voix haute.

À une trentaine de kilomètres plus au nord, dans la localité de Negombo, une messe commémorative a eu lieu à l'église Saint-Sébastien, autre lieu d'un attentat suicide. Des cercueils étaient portés à tour de rôle sur des tables, devant des proches secoués de sanglots.

"Il y a tant de corps que nous ne pouvons pas les présenter tous en même temps", a expliqué à l'AFP Anthony Jayakody, évêque auxiliaire de Colombo qui célébrait la messe.

- Rivalités au sommet de l'État -

Les premiers éléments de l'enquête montrent que ces attentats ont été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts), a annoncé mardi le vice-ministre sri-lankais de la Défense Ruwan Wijewardene.

L'organisation NTJ avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

D'après le porte-parole du gouvernement, cette alerte n'avait pas été transmise au Premier ministre Ranil Wickremesinghe ou à d'autres ministres de haut rang. Un élément qui pourrait relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais.

La police est en effet de la juridiction du président Maithripala Sirisena, en conflit ouvert avec son chef de gouvernement. Il l'avait limogé à l'automne mais avait été forcé de le réinvestir après sept semaines de chaos politique. Les deux têtes de l'exécutif se vouent une animosité réciproque.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste (70%) qui compte aussi 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont, dans leurs conseils aux voyageurs, évoqué la possibilité de nouvelles attaques.

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