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L'opposant en exil Boni Yayi à Cotonou pour rencontrer le président Patrice Talon


Boni Yayi à Cotonou, Benin le 19 avril 2019.

L'ancien chef de l'Etat béninois et opposant, Thomas Boni Yayi, est arrivé mercredi après-midi à Cotonou, où il doit rencontrer le président Patrice Talon après plusieurs mois d'exil, depuis les législatives d'avril qui avaient plongé ce pays d'Afrique de l'Ouest dans une grave crise politique.

A sa descente dans l'après-midi d'un avion affrété par l'armée de l'air nigériane, Boni Yayi vêtu d'un grand boubou blanc a été chaleureusement accueilli par une centaine de partisans, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Il a d'abord rendu visite à un autre leader de l'opposition et ex-président, Nicéphore Soglo, et devait ensuite se rendre à la présidence.

"Le président a exprimé son souhait de voir revenir notre ancien président que rien n’a contraint à l’exil et c’est tout à fait naturellement qu’il le recevra à sa demande", avait plus tôt annoncé à la presse le porte-parole du gouvernement, Alain Orounla, à l'issue du conseil des ministres.

Le porte-parole avait évoqué une "rencontre festive entre deux grands hommes d’Etat" qui doit avoir lieu "dans les prochaines heures".

Patrice Talon "a déjà exprimé son oubli des incompréhensions qui ont pu naître à la suite de certains incidents déplorés dans notre pays", a-t-il dit. "La page est tournée" grâce au dialogue entamé ces derniers mois avec l’opposition.

L'ancien chef d'Etat devrait être accompagné d'une importante délégation de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), impliquée depuis des mois dans la résolution de la crise béninoise.

"Des chefs d’Etat de la sous-région ont été constamment associés aux discussions entre le président Boni Yayi et le président Patrice Talon. Il y a eu beaucoup de missions diplomatiques", a ajouté M. Orounla. "Certains chefs d'Etat et de gouvernement ont désigné des représentants pour être les témoins de cette rencontre au sommet".

Boni Yayi s'était exilé après que son domicile de Cotonou eut été encerclé pendant près de deux mois par les forces de l'ordre, à la suite au scrutin contesté du 28 avril dont l'opposition avait été exclue.

La crise qui avait suivi avait débouché sur des manifestations et des violences avec une dizaines de morts par balles.

Le président Talon a multiplié depuis les gestes d'apaisement comme l'amnistie des auteurs de violences lors des manifestations, ou l'organisation d'un dialogue politique auxquels n'étaient pourtant pas conviés les principaux partis d'opposition.

Il a également fait voter une nouvelle Constitution limitant le nombre de mandats à deux "dans la vie" d'un président alors qu'elle limitait auparavant la possibilité d'être candidat plus de deux fois consécutives. L'entourage de Boni Yayi avait alors dénoncé une mesure destinée à empêcher l'ex-président en exil de se représenter à l'avenir.

Les principales revendications de l'opposition n'ont pas été satisfaites à ce jour, à savoir notamment l'assouplissement des nouvelles conditions à remplir par les partis politiques pour obtenir une reconnaissance légale. C'est ce qui avait empêché les principaux détracteurs de Patrice Talon de participer aux élections il y a six mois.

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