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Avertissement de l'Unicef sur la rétention d'enfants migrants au Portugal


La ministre portugaise de l'Intérieur, Constanca Urbano de Sousa et le ministre espagnol de l'Intérieur Juan Ignacio Zoido au Conseil Européen, Bruxelles, 27 mars 2017.

L'Unicef a appelé mardi le Portugal à respecter ses engagements sur les droits de l'enfant après des révélations sur la rétention de réfugiés mineurs dans les aéroports portugais.

Le quotidien Publico a déclenché une tempête politique en publiant dimanche un reportage sur le grand nombre d'enfants demandeurs d'asile retenus par le Service des étrangers et frontières (SEF) dans des centres d'installation temporaire, notamment à l'aéroport de Lisbonne.

L'affaire rappelait inévitablement la situation des enfants de migrants clandestins séparés de leurs parents lors de leur arrestation à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, mais le SEF s'est efforcé d'expliquer que la situation était très différente et qu'il tentait de lutter contre le trafic d'enfants.

Dans la foulée, les parlementaires du PSD, principal parti d'opposition et du Bloc de Gauche, allié du gouvernement socialiste, ont dénoncé cette situation "déplorable" et demandé des explications aux autorités. En réaction, le ministre de l'Intérieur Eduardo Cabrita a diligenté lundi une enquête sur le fonctionnement du centre lisboète.

La branche portugaise de l'Unicef est intervenue mardi pour rappeler dans un communiqué que "la détention de tout enfant en raison de son statut migratoire constitue une violation des droits de l'enfant et du principe de son intérêt supérieur", ajoutant que l'Etat portugais avait signé une convention sur cette question en 1990.

>> Lire aussi : Le Portugal veut davantage d'immigrants

Le reportage du Publico décrit en particulier le cas d'une famille de réfugiés nord-africaine vivant dans cet espace depuis un mois et demi avec un enfant de trois ans.

L'enfant dort sur un matelas posé au sol près du lit de sa mère dans une pièce exigüe pouvant accueillir jusqu'à 16 personnes en même temps. Depuis son arrivée, il n'a pas été examiné par l'équipe de Médecins du monde effectuant pourtant plusieurs visites par semaine dans les locaux, à en croire une infirmière citée dans l'article.

Le SEF a expliqué à Publico la situation de cette famille par le fait qu'il n'avait pas été possible d'établir un lien de parenté entre l'enfant et les deux adultes l'accompagnant. Il assure également qu'il fait face depuis 2016 à un afflux croissant de "personnes arrivant sans papiers et avec de fortes indications de trafic d'enfants".

Avec AFP

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