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L'Autriche veut diviser par plus de deux le nombre de demandeurs d'asile en 2016

Un groupe de migrants se déplace dans la neige vers la gare pour être transféré en Autriche, près de la frontière avec la Croatie, à Dobova, Slovénie, Dimanche 3 janvier 2016 (AP Photo/Darko Bandic)

Le gouvernement autrichien a annoncé sa volonté de limiter à 37.500 le nombre de demandeurs d'asile acceptés dans le pays en 2016, plus de deux fois moins que les 90.000 de l'année dernière.

"Nous ne pouvons accueillir en Autriche tous les demandeurs d'asile », a déclaré le chancelier social-démocrate Werner Faymann en présentant cette « valeur indicative" sur laquelle s'est accordé le gouvernement de coalition au pouvoir à Vienne et qui sera dégressive jusqu'en 2019.

Durant les quatre années à venir, entre 2016 et 2019, l'Autriche souhaite au total limiter à 1,5% de sa population totale de 8,5 millions d'habitants le nombre de demandeurs d'asile supplémentaires dans le pays, a détaillé le chancelier à l'issue d'une conférence nationale sur l'immigration qui s'est déroulée à Vienne dans la matinée.

Ce pourcentage représente 127.500 personnes, soit, selon le calendrier présenté par le gouvernement, 37.500 demandeurs d'asile en 2016, 35.000 en 2017, 30.000 en 2018 et 25.000 en 2019.

Pour parvenir à ces objectifs, la coalition entre sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP) mise sur un contrôle plus strict aux frontières du pays et une politique de prestations sociales moins généreuse, ont indiqué le chancelier et le vice-chancelier durant une conférence de presse.

Il s'agit également par cet objectif chiffré "d'exercer une pression" sur l'Union européenne afin d'obtenir une accélération des mesures prises au niveau européen pour tenter de réduire le nombre des arrivées de migrants en provenance du Moyen-Orient notamment, via la Turquie et la Grèce, a ajouté le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner (ÖVP).

La coalition au pouvoir à Vienne a durci le ton ces derniers jours en matière de politique migratoire, un changement particulièrement notable chez les responsables SPÖ. Ce durcissement s'accompagne sur le terrain de nouvelles mesures pour restreindre l'entrée de migrants.

Mercredi, 500 soldats supplémentaires ont commencé à être déployés au principal point de passage avec la Slovénie pour effectuer un contrôle systématique des migrants.

Le gouvernement autrichien souhaite aussi, dans les prochains jours, ne plus laisser entrer sur son territoire les migrants cherchant à gagner la Scandinavie, et les refouler à la frontière, comme le fait déjà l'Allemagne.

L'Autriche a vu le nombre des demandes d'asile tripler en 2015 pour atteindre 90.000. Quelque 36.000 d'entre elles ont déjà fait l'objet d'un examen en première instance dont 14.000 ont reçu une réponse favorable.

Avec AFP

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Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

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