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"Aucun accord" pour empêcher les migrants de Tripoli de partir vers l'Europe


Des migrants sur un navire intercepté au large des côtes, près de Gohneima, à l'est de Tripoli en Libye, le 24 juin 2018.

Le Gouvernement d'union nationale (GNA) libyen a déclaré mardi qu'il ne s'était jamais engagé à bloquer les migrants en Libye et a prévenu que des combattants jihadistes pourraient se joindre à eux si le maréchal Khalifa Haftar ne faisait pas marche arrière.

"Il n'y a pas du tout d'accord pour maintenir les migrants en Libye, rien", a déclaré Ahmed Meitig, vice-Premier ministre du GNA, à la presse étrangère lors d'une visite à Rome pour obtenir du soutien face à l'offensive lancée il y a dix jours par le maréchal Haftar au sud de Tripoli.

Comme le chef du GNA, C, M. Meitig a assuré que si la guerre civile s'étendait dans le vaste pays pétrolier, jusqu'à 800.000 Africains et Libyens pourraient tenter de gagner les côtes européennes.

De plus, il a prévenu qu'en cas d'avancée des troupes du maréchal Haftar, les forces du GNA ne seraient plus en mesure de contrôler "plus de 400 prisonniers" du groupe jihadiste Etat islamique (EI) actuellement détenus en Libye.

"Ces prisonniers sont des terroristes et nous travaillions de concert avec la communauté internationale pour les garder et les détenir. En même temps, nous voyons certains partenaires internationaux soutenir l'attaque et soutenir Haftar", a-t-il ajouté.

En 2017, Rome avait conclu un accord, validé par l'Union européenne, avec les autorités libyennes pour former et équiper les garde-côtes libyens. Un volet plus controversé avec des milices libyennes avait permis une diminution drastique des départs à partir de juillet 2017.

L'arrivée au pouvoir de Matteo Salvini (extrême droite) en juin 2018 et son refus de laisser débarquer en Italie les migrants secourus au large de la Libye a fait encore baisser le flux: 30.000 arrivées sur les côtes italiennes entre janvier et mi-avril 2017, 7.500 à la même période en 2018, 625 cette année.

Ces derniers jours, M. Salvini, qui a reçu M. Meitig mardi matin, a répété que les ports italiens étaient fermés et qu'ils le resteraient même en cas de vague de départs massifs de Libye.

Mais "l'accord portait sur la préparation des garde-côtes libyens, c'est tout", a insisté M. Meitig, précisant qu'il ne pouvait "pas garantir" la sécurité des migrants tant que les combats se poursuivaient.

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