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Au Zimbabwe, les observateurs européens de retour sur le terrain électoral

Les observateurs arrivent dans le cadre du déploiement de 44 observateurs à long terme de la mission d'observation électorale de l'Union européenne dans la capitale Harare le 23 juin 2018.

"Comment s'est passée votre inscription sur les listes?" Dans les rues du village zimbabwéen de Nyatsime, des observateurs européens ont entamé un fastidieux porte-à-porte électoral, à moins d'une semaine du scrutin du 30 juillet.

Pour la première fois depuis seize ans, une mission de l'Union européenne (UE) a été autorisée à quadriller le pays pour valider le bon déroulement des élections.

La dernière fois, en 2002, son chef, le Suédois Pierre Schori, avait été expulsé un mois avant le vote sur ordre du président de l'époque Robert Mugabe, qui l'avait accusé d'avoir pris fait et cause pour ses adversaires.

>> Lire aussi : Les élections "sur le point d'être frauduleuses", accuse l'opposition au Zimbabwe

Cette année le ton a changé. L'autocrate est tombé en novembre après trente-sept ans de règne et de scrutins émaillés de violences et de fraudes. Son successeur Emmerson Mnangagwa, en quête de légitimité démocratique et d'investissements, a invité les Occidentaux à revenir.

A Nyatsime, une petite bourgade blottie au milieu des rochers à une trentaine de kilomètres de la capitale Harare, les Européens prennent le pouls des électeurs.

Leur premier "client" est loin d'être satisfait. "L'enregistrement sur les listes a été un peu difficile", regrette Sharai Jinjika, un vendeur de briques, "j'ai attendu toute la journée".

"La mère de mon enfant n'a pas pu s'inscrire", poursuit-il en poussant sa charrette lestée de deux bidons d'eau. "On lui a dit que sa carte d'identité n'était pas valide et qu'elle devait aller à Makoni (140 km de là), mais c'est beaucoup trop loin".

Résultat, elle ne votera pas lundi prochain.

'Pressions'

"Est-ce que les candidats sont venus faire campagne ?", l'interroge un observateur. "Oui, plusieurs. Certains ont distribué de la nourriture", ajoute l'ouvrier.

L'observateur prend note. Le chef de l'opposition Nelson Chamisa a précisément accusé mercredi le parti au pouvoir, la Zanu-PF, de se livrer à ce genre de cadeaux pré-électoraux.

Des incidents à rapporter ? "Bien sûr il y en a eu, mais cette année, ils sont peu nombreux", assure Sharai Jinjika.

Pendant la plupart des années Mugabe, intimidations, violences et manipulations en tous genres ont été le lot commun de toutes les consultations électorales.

En 2008, le candidat de l'opposition Morgan Tsvangirai, arrivé en tête du premier tour devant Robert Mugabe, a préféré se retirer de la course pour mettre un terme aux bastonnades en règle dont ses partisans étaient les victimes.

>> Lire aussi : L'ONU dénonce des "intimidations" d'électeurs au Zimbabwe

M. Mnangagwa a promis de tirer un trait sur ces pratiques.

"Avez-vous reçu des pressions d'un candidat ou d'un parti ? ", s'enquiert un des observateurs, identifiable à son gilet grêlé des douze étoiles de l'UE, auprès de Titus Machingauta, qui tricote des habits de nourrissons.

"Pas ici à Nyatsime", assure le père de famille. "Mais il y a trois semaines, j'étais à Gokwe (à 360 km à l'ouest, un des fiefs du parti au pouvoir, la Zanu-PF). Des gens étaient réunis et on leur disait de voter pour un parti".

L'électeur ne précisera pas le nom du parti qu'il accuse mais les agents prennent note, scrupuleusement.

Rassurer

Avec 100 personnes chacune, l'UE et une mission américaine conjointe de l'Institut national démocratique (NDI) et de l'Institut républicain international (IRI) affichent le déploiement le plus important d'observateurs.

Le double des effectifs déployés par la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et de l'Union africaine (UA), qui n'ont jamais été bannies du Zimbabwe.

"Il y a eu volontairement une petite mobilisation de l'UA et de la SADC" alors que leurs conclusions ont plus de poids à l'échelle du continent, s'inquiète Piers Pigou, chercheur à International Crisis Group (ICG).

"Il sera essentiel de relever les points communs et les différences entre les conclusions de l'UA et la SADC d'une part, et celles de l'UE d'autre part", estime-t-il.

Leur présence, en tout cas, rassure Titus Machingauta. "Ca crée un climat de confiance et de crédibilité pour les élections".

"Nous ne prétendons pas que notre présence rend toute fraude impossible mais nous pensons qu'elle peut dissuader et rendre plus difficiles les manipulations", estime le patron de la mission américaine, Larry Garber.

Mark Stevens, numéro 2 des observateurs de l'UE, se veut plus prudent. "Il faut être réaliste sur le travail des observateurs", met-il en garde. "Ils ne peuvent pas assurer que les élections seront crédibles. Les élections sont organisées par les autorités zimbabwéennes", insiste le responsable.

"Notre boulot, c'est de faire une évaluation en fonction des standards internationaux", conclut Mark Stevens. Pas plus.

Avec AFP

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2 civils et 4 miliciens tués à Beni, un centre de triage d'Ebola pillé

Le centre de traitement Ebola à Beni en RDC le 16 juillet 2019.

Deux civils et quatre miliciens ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans une offensive pour chasser des membres présumés du groupe armé musulman ougandais Forces démocratiques alliées (ADF), dans l'est de la RDC, a-t-on appris de sources militaire et administrative.

"Dans l'offensive dans le nuit de dimanche à lundi menée par l'armée contre les ADF à Magboko, quatre ADF ont été tués", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu.

"Dans la localité de Mayimoya située à 15 km de Magboko, un autre groupe d'ADF a malheureusement tué deux civils dans une attaque dans le nuit de dimanche à lundi. Ces ADF ont aussi enlevé trois personnes au cours de leur incursion à Mayimoya", a ajouté M. Kibwana, indiquant que "le calme est revenu après la panique".

Par ailleurs, à Bashu, près de Butembo, des inconnus ont saccagé un centre de santé chargé du triage des cas d'Ebola. "Ils ont également pillé des médicaments", a déclaré à l'AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni (nord-Kivu).

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Selon un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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