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Sénégal

La cité futuriste du chanteur Akon tarde à sortir de terre

Le chanteur et compositeur sénégalo-américain Akon et son architecte Hussein Bakri (à droite) assistent à une conférence de presse dans un hôtel de Dakar, le 31 août 2020, pour présenter des plans pour créer une ville nommée "Akon City".

Il y a un an, le rappeur Akon lançait au Sénégal, son pays d'origine, "Akon City", son projet de ville futuriste. Mais depuis, le chantier ne s'est pas matérialisé et les habitants s'interrogent sur les retombées espérées.

Sur le site, à Mbodiène, sur la côte atlantique, à une centaine de kilomètres au sud-est de Dakar, la pancarte montrant des constructions aux formes fantasmagoriques posée sur la première pierre s'est détachée.

"On n'a pas encore vu grand-chose", soupire Jules Thiamane, 35 ans, qui travaille dans le tourisme. "C'est un début de déception" pour la population du village par rapport aux promesses de la cérémonie d'inauguration, résume-t-il.

De son vrai nom Alioune Badara Thiam, le chanteur et producteur américano-sénégalais de 48 ans, connu pour ses tubes R&B "Locked Up" ou "Smack That", est aussi impliqué dans l'énergie solaire avec son entreprise Akon Lighting Africa.

Il avait annoncé le début des travaux d'"Akon City" pour le "premier trimestre de 2021". A l'époque, le ministre sénégalais du Tourisme, Alioune Sarr, avait dit vouloir faire mentir les "Cassandre et oiseaux de mauvais augure qui voient toujours les nouveaux projets comme des chimères".

Mais sur place, les habitants en sont réduits aux conjectures sur l'avancement du projet, dont la première phase doit être achevée en 2023.

Un étudiant, Ahmeth Deme, se demande s'il n'a pas purement et simplement été abandonné, tandis que David Seck Sène, président de l'association des jeunes du village, ne "voit pas comment un projet de ce genre pourrait s'arrêter du jour au lendemain".

L'adjoint au maire de la commune dont Mbodiène fait partie, Badara Diakhaté, se montre compréhensif. "Il y a aussi ce contexte mondial du Covid", hasarde-t-il, "il y a des temps forts et des temps faibles".

"Les gens aiment que les choses avancent", ajoute-t-il.

- De l'obscurité à la lumière -

Il faut dire qu'avec son hôpital, son casino, son stade, son centre commercial, ses logements, ses bureaux et restaurants, le projet, d'un coût estimé de 6 milliards de dollars, a de quoi faire tourner la tête des habitants et des Sénégalais en général, dont 40 % vivent sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale.

"C'est un grand (progrès) pour nous", se félicite Philomène Bamimba, qui dirige une association locale de femmes.

Un représentant de l'équipe d'Akon n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP. Mais Paul Martin, en charge du projet au sein de l'entreprise KE International, basée aux Etats-Unis, a affirmé que les travaux débuteraient effectivement en octobre.

"Les 12 premiers mois ont été consacrés à la planification, aux autorisations, aux passations de marchés et au recrutement de sous-traitants", a-t-il expliqué.

KE International, qui a remporté le marché de construction d'"Akon City", achève la réalisation d'une cité similaire au Kenya, d'un budget également évalué en milliards de dollars, pour le compte de l'homme d'affaires kényan Julius Mwale, partenaire d'Akon.

Des sommes bien moins astronomiques suffiraient à transfigurer le quotidien de Mbodiène.

"On aimerait que la zone soit éclairée, qu'il y ait de l'eau, qu'il y ait des routes, qu'il y ait de l'assainissement alors qu'au village c'est l'obscurité", souligne l'adjoint au maire, qui plaide pour une formation de la jeunesse locale afin de pourvoir les futurs emplois générés par "Akon City".

"Je pense que les gens savent que ce projet va changer le village, changer la commune", dit-il, "et il faut se préparer par rapport à ça".

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Deuxième jour de grève des transporteurs au Sénégal

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Décès à Dakar de Lamine Diack, ex-patron de la Fédération internationale d'athlétisme

Lamine Diack (C), ancien chef de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (aujourd'hui World Athletics), quitte le palais de justice de Paris, le 10 juin 2020.

L'ancien patron de l'athlétisme mondial, Lamine Diack, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l'âge de 88 ans à Dakar où il était rentré en mai, après avoir été retenu en France pendant des années pour une affaire de corruption, a appris l'AFP auprès de sa famille.

Une membre de la famille de M. Diack a annoncé à l'AFP son décès sans en préciser la cause, confirmant une information rapportée par la presse locale.

Lamine Diack a dirigé la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF, 1999-2015). Il était retourné au Sénégal en mai, pour la première fois depuis sa mise en examen en 2015.

Il avait été retenu en France pendant des années en raison d'une affaire de corruption présumée autour du dopage en Russie.

Lamine Diack avait, en septembre 2020, été condamné par la justice française à quatre ans de prison, dont deux ferme, et 500.000 euros d'amende pour corruption et abus de confiance. Il avait fait appel de cette condamnation et la date d'un nouveau procès restait à fixer.

Il avait été condamné le 16 septembre 2020 à Paris, notamment pour avoir caché des cas de dopage en Russie ou retardé des sanctions contre des athlètes russes dopés en échange de financements et pour favoriser des négociations de sponsoring et de diffusion avec la Russie.

Sa mise en examen dans une autre affaire, encore non jugée, l'avait empêché de rentrer au Sénégal. Il s'était vu confisquer son passeport dans le cadre du contrôle judiciaire imposé par les juges.

Dans ce second dossier, M. Diack avait été mis en examen depuis le 27 mars 2019, toujours pour corruption, dans le cadre des attributions des JO-2016 à Rio et 2020 à Tokyo, mais aussi dans les processus d'attribution des Mondiaux d'athlétisme de Pékin en 2015, puis des Mondiaux 2017 et 2019, pour lesquels le Qatar était candidat.

La juge chargée des investigations avait, avant son retour au Sénégal en mai, levé son interdiction de quitter le territoire français contre le versement d'une caution de 500.000 euros correspondant à l'amende encourue, et à condition qu'il continue de répondre aux convocations judiciaires.

Un club de football sénégalais réputé, le Jaraaf de Dakar (première division), avait vendu une partie de son patrimoine foncier pour payer la caution.

Lamine Diack a été à deux reprises président du Jaraaf, dans les années 1970 et 2000.

Une grève des transporteurs paralyse Dakar

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa en tournée en Afrique de l'Ouest

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara (à dr.) à son arrivée à l'aéroport Felix Houphouet Boigny d'Abidjan, le 1er décembre 2021.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a entamé une tournée en Afrique de l'Ouest qui devrait le conduire dans quatre pays, selon une déclaration de la présidence sud-africaine.

Mercredi, M. Ramaphosa, au pouvoir depuis 2018, a été accueilli par le président ivoirien Alassane Ouattara. Cette "visite d’État de 72 heures" est la première d'un leader sud-africain depuis 1992 en Côte d'Ivoire, selon la présidence ivoirienne.

La veille, le président sud-africain était à Abuja, au Nigeria, où il a rencontré son homologue Muhammadu Buhari.

M. Ramaphosa, 69 ans, quittera Abidjan vendredi. Il devrait aussi se rendre au Ghana et au Sénégal.

Une styliste sénégalaise veut honorer les signares

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