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Assassinat du président haïtien: 15 Colombiens et 2 Américains arrêtés

Le président haïtien Jovenel Moise parle lors d'une interview avec Reuters au Palais national de Port-au-Prince, en Haïti, le 11 janvier 2020.

L'étau s'est resserré jeudi autour des assassins du président haïtien Jovenel Moïse, la police ayant annoncé l'arrestation de quinze Colombiens et de deux Américains d'origine haïtienne, tandis que la controverse montait dans le pays au sujet du rôle de la police et de la légitimité de l'exécutif de transition.

L'assassinat du président Moïse, criblé de balles à son domicile dans la nuit de mardi à mercredi, a été perpétré par un commando armé de 28 assaillants, selon la police.

"Nous avons arrêté quinze Colombiens et deux Américains d'origine haïtienne", a annoncé Léon Charles, directeur général de la police haïtienne lors d'une conférence de presse, précisant que trois Colombiens avaient été tués et que huit autres étaient toujours en fuite.

La police avait indiqué jusqu'alors avoir tué "quatre mercenaires".

"Les armes et les matériels utilisés par les assaillants ont été récupérés", a ajouté M. Charles, affichant sa détermination à retrouver les huit personnes encore en fuite.

Lors de la conférence de presse, plusieurs suspects ont été alignés contre un mur afin de les montrer aux médias, des passeports colombiens et des armes étant disposés sur une table.

"Nous avons déjà en main les auteurs physiques et nous sommes à la recherche des auteurs intellectuels", c'est-à-dire le ou les commanditaires, avait affirmé plus tôt M. Charles.

Le ministre colombien de la Défense Diego Molano a précisé depuis Bogota qu'au moins six des mercenaires soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat seraient "d'anciens membres de l'armée".

"Nous avons donné des instructions (...) à la police et à l'armée pour qu'elles coopèrent immédiatement au développement de cette enquête pour clarifier ces faits", a-t-il assuré dans une vidéo envoyée aux médias.

Et Taipei a fait savoir vendredi que onze suspects avaient été arrêtés dans le complexe de l'ambassade de Taïwan à Port-au-Prince.

"La police a lancé une opération vers 16H00 (jeudi) et est parvenue à arrêter onze suspects", a indiqué l'ambassade, expliquant avoir donné "sans hésitation" son feu vert à la requête de la police haïtienne d'intervenir dans le périmètre de l'ambassade.

Le département d'Etat des Etats-Unis, sans confirmer l'arrestation de ressortissants américains, a annoncé jeudi avoir accepté d'aider la police haïtienne dans son enquête.

Sur la sellette

Au moins deux hauts responsables de la police, chargés directement de la sécurité du chef de l'Etat, se retrouvent sur la sellette et ont été convoqués devant la justice, a annoncé jeudi le chef du parquet de Port-au-Prince.

Me Bed-Ford Claude, commissaire du gouvernement de la capitale, s'est en effet interrogé sur l'apparente passivité des agents de sécurité du président.

"Je n'ai constaté aucun policier victime, sinon le président et son épouse. Si vous êtes responsables de la sécurité du président, où étiez-vous? Qu'avez-vous fait pour éviter ce sort au président?", a-t-il questionné.

Chacun restait aux aguets jeudi dans le pays, les magasins, les banques, les stations-service et les petits commerces de la capitale gardant notamment portes closes.

Le gouvernement a demandé jeudi la réouverture de l'aéroport, qui devrait être effective vendredi, et a appelé à la reprise de l'activité économique.

Devant un commissariat de Petionville, en banlieue de Port-au-Prince, des habitants acclamaient la police pour avoir procédé à des arrestations et appelaient au lynchage des assaillants présumés.

Le commando était composé de tueurs à gages "professionnels" s'étant fait passer pour des responsables de l'agence américaine antidrogue, selon l'ambassadeur haïtien aux Etats-Unis.

La communauté internationale s'est immédiatement alarmée de cet assassinat, à l'image du président américain Joe Biden et du pape François qui ont dénoncé un acte "odieux" tandis que le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé que les auteurs de l'assassinat "soient rapidement traduits en justice".

Vide politique

Cette attaque déstabilise davantage le pays le plus pauvre des Amériques, gangrené par l'insécurité.

Et aux questions sur la traque des auteurs de l'attaque s'ajoutent celles sur l'avenir du pays, à commencer par sa gouvernance.

Deux hommes prétendent actuellement diriger la nation de 11 millions d'habitants, dont plus de la moitié a moins de 20 ans.

L'un des derniers gestes politiques de Jovenel Moïse, mort à 53 ans, avait été de nommer lundi un énième Premier ministre, Ariel Henry. Il n'avait pas encore pris ses fonctions au moment de l'assassinat.

Quelques heures après le drame, c'est le Premier ministre par intérim Claude Joseph qui a décrété l'état de siège pour quinze jours, octroyant des pouvoirs renforcés à l'exécutif.

"Y-a-t-il plusieurs Premiers ministres nommés dans le pays?", a interrogé Ariel Henry, assurant que Claude Joseph n'était que ministre des Affaires étrangères.

L'opposition a aussi accusé Claude Joseph d'accaparer le pouvoir.

Helen La Lime, émissaire de l'ONU en Haïti, a estimé jeudi que Claude Joseph représentait l'autorité responsable car Ariel Henry n'avait pas prêté serment, évoquant un article de la Constitution prévoyant qu'en cas de vacance de la présidence, "le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre, exerce le pouvoir exécutif jusqu'à l'élection d'un autre président".

Le défenseur des droits humains Me Gédeon Jean a qualifié auprès de l'AFP de "suspect" l'empressement de M. Joseph à déclarer l'état de siège, l'amenant à "entrevoir une tentative de coup d'Etat".

Le pays était déjà plongé dans une crise institutionnelle: Jovenel Moïse n'avait pas organisé d'élection depuis son arrivée au pouvoir début 2017 et le pays n'a plus de Parlement depuis janvier 2020.

Accusé d'inaction face à la crise et confronté à une vive défiance d'une bonne partie de la société civile, il gouvernait principalement par décrets.

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Avortement illicite: une Américaine et sa fille incriminées par des chats sur Facebook

Les messages privés ont été donnés à la police, dans le Nebraska.

Selon la presse, Facebook a remis à la police une copie des conversations privées entre une mère et sa fille adolescente. Les autorités s'appuient sur ces échanges pour les accuser d'avoir avorté illégalement et d'avoir dissimulé le fœtus.

Au Nebraska, une quadragénaire et sa fille de 17 ans sont accusées d'avoir pratiqué un avortement illégal et d'avoir dissimulé un fœtus après que la police a obtenu l'historique de leurs conversations privées sur Facebook.

Selon le quotidien USA Today, en 2010 les législateurs de l'État ont adopté une loi qui limite à 20 semaines le moment où une interruption volontaire de grossesse peut être pratiquée. Or, selon la police, Celeste Burgess et sa mère Jessica Burgess, ont acheté un médicament appelé Pregnot conçu pour mettre fin à une grossesse et l'ont utilisé pour faire avorter le jeune fille après 24 semaines de grossesse.

Selon un article de Motherboard, la justice s'appuie sur des preuves provenant des messages Facebook privés de l'adolescente, obtenus directement de Facebook par ordonnance d'un tribunal, qui montrent que la mère et la fille se sont accordées pour acheter ce médicament en ligne afin de provoquer l'avortement, puis elles se sont débarrassées du fœtus.

Jessica Burgess, 41 ans, est inculpée de cinq chefs d'accusation dont dissimulation illicite d'un cadavre. Celeste fait face à trois chefs d'accusation et elle sera jugée comme une adulte.

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Une étudiante égyptienne poignardée par un camarade

Mohamed Adel (au centre) lors de son procès pour le meurtre de Nayera Achraf, fin juin.

Le parquet égyptien a annoncé tôt mercredi avoir placé en détention un étudiant pour le meurtre d'une camarade ayant refusé ses avances, deux mois après qu'un assassinat similaire avait provoqué l'indignation dans le pays.

Il y a deux semaines, un tribunal demandait à diffuser en direct l'exécution du meurtrier de Nayera Achraf, une étudiante poignardée à mort devant son université en juin pour "dissuader le plus grand nombre".

Mardi pourtant, un Égyptien de 22 ans a "poignardé à plusieurs reprises avec un couteau la victime, Salma", à quelques pas du palais de justice de Zagazig, rapporte le parquet. Elle aussi âgée de 22 ans selon la presse locale, la victime étudiait le journalisme dans cette ville à 60 km au nord du Caire.

Le meurtrier présumé risque désormais la peine de mort dans le pays qui distribue le plus de peines capitales au monde pour avoir tué celle que de nombreux Égyptiens appellent désormais "la nouvelle Nayera Achraf" sur les réseaux sociaux, où l'affaire fait débat.

Pour beaucoup d'internautes, "Salma a été assassinée simplement parce qu'elle est née femme dans une société misogyne". Mais dans le pays conservateur, de nombreux autres blâment la jeune fille qui "n'aurait pas dû être amie avec un homme". "Tant qu'il y aura des sympathisants qui donnent des excuses aux auteurs de ces crimes, ils continueront", conclut une autre internaute.

Les Égyptiennes se disent régulièrement exposées à la violence et lésées par la loi, dans un pays où l'islam rigoriste n'a cessé de gagner du terrain depuis les années 1970. Selon les autorités, près de huit millions de femmes avaient subi des violences en 2015 de la part d'un époux, d'un proche ou d'un étranger dans l'espace public.

L'auteur présumé du meurtre d'un Français "neutralisé" par la police ivoirienne

A la vue des policiers, il leur a tiré dessus et "la riposte a permis de le neutraliser", selon le les forces de l'ordre.

L'auteur présumé du meurtre mi-juillet d'un Français en Côte d'Ivoire, a été "neutralisé" (tué) lundi par la police, selon un communiqué du procureur de la République d'Abidjan publié mercredi par la presse ivoirienne.

"Les investigations, ainsi que les auditions des témoins, ont permis d'interpeller" lundi "l'un des mis en cause", indique le communiqué, ajoutant que "sur indication de ce dernier", la police s'est rendue dans le quartier d'Adjamé à Abidjan pour "procéder à l'interpellation" d'un "second malfrat".

A la vue des policiers, il leur a tiré dessus et "la riposte a permis de le neutraliser", selon le comuniquué.

Le complice présumé doit être déféré mercredi devant le tribunal correctionnel d'Abidjan "pour répondre des faits de vol commis de nuit en réunion, avec port d'armes et violences ayant entraîné la mort", selon le procureur qui précise qu'il "encourt l'emprisonnement à vie".

Dans la nuit du 17 au au 18 juillet, ce Français de 31 ans, salarié du groupe Bouygues, avait "été froidement abattu par deux individus armés de pistolets automatiques (...) après un dîner dans un restaurant" et alors qu'il rentrait chez lui avec un ami dans le quartier de Marcory à Abidjan, rappelle le procureur.

Ils avaient été suivis par les deux hommes circulant à moto qui leur ont volé "divers objets", mais, avant de prendre la fuite, un d'eux a ouvert le feu, tuant un des jeunes Français, précise-t-il.

Une enquête pour "homicide volontaire" a été ouverte à Paris après ce meurtre, confiée à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), avait indiqué le parquet de Paris sollicité par l'AFP le 3 août.

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