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Première visite d'un président turc en Mauritanie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan donne un discours aux membres de son parti au pouvoir au Parlement d'Ankara, en Turquie, le 20 février 2018.

Le président turc Recep Tayib Erdogan est arrivé à Nouakchott pour une visite de quelques heures, la première d'un chef d'Etat turc en Mauritanie.

M. Erdogan, en provenance d'Algérie et accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires, n'a pas de fait de déclaration à son arrivée à l'aéroport de la capitale mauritanienne, où il a été accueilli par son homologue Mohamed Ould Abdel Aziz, plusieurs membres du gouvernement et des dignitaires de la société civile et de l'armée.

M. Erdogan devait s'entretenir au palais présidentiel avec le chef de l'Etat mauritanien, avant de signer plusieurs accords de coopération, selon le programme officiel.

Il devait ensuite être l'hôte d'un dîner offert par M. Aziz avant de quitter la Mauritanie en début de soirée pour se rendre au Sénégal voisin, avant-dernière étape d'une mini-tournée africaine qui s'achèvera vendredi au Mali.

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2003, M. Erdogan a entrepris de renforcer les liens entre la Turquie et le continent africain, un effort qui s'est concrétisé notamment par la multiplication des ambassades turques et des dessertes de la compagnie Turkish Airlines.

En parallèle, M. Erdogan s'efforce de combattre l'influence qu'y a bâtie le prédicateur turc Fethullah Gülen, bête noire d'Ankara qui l'accuse d'avoir fomenté le putsch manqué en 2016.

>> Lire aussi : En quête d'influence, Erdogan entame une nouvelle tournée en Afrique

M. Gülen, qui nie toute implication dans le coup d'Etat manqué, a ouvert plusieurs écoles sur le continent africain. Nombre de ces établissements ont été fermés depuis un an et demi à la demande d'Ankara, notamment à Nouakchott, où les autorités mauritaniennes ont en revanche autorisé l'ouverture d'une école contrôlée par le gouvernement turc.

Avec AFP

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En Libye, les combats c'est aussi sur les réseaux sociaux

Des combattants islamistes de la Brigade Misarata tirent en direction de l'aéroport de Tripoli dans une tentative d'arracher le contrôle d'une puissante milice rivale à Tripoli , Libye, 26 juillet 2014.

Si les combats font rage au sud de la capitale depuis le début de l'offensive des troupes du maréchal Khalifa Haftar contre Tripoli, le conflit s'embrase aussi sur les réseaux sociaux.

Pour la population, Facebook est le premier moyen d'accès à l'information, sans toutefois aucune garantie d'être bien informé.

Et les deux camps rivaux l'ont bien compris. Le réseau social est une arme redoutable dans le camp de l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Haftar comme dans celui des forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli.

D'ailleurs sur la ligne de front, on tient parfois son arme d'une main et on filme avec son téléphone de l'autre.

La semaine dernière, le colonel Mohamad Gnounou, porte-parole des forces pro-GNA, a ainsi accusé les pro-Haftar de "s'infiltrer dans certains endroits, prendre des photos puis se retirer", et annoncer ensuite avoir pris le contrôle d'un site militaire ou d'un quartier.

Tous les coups sont permis pour discréditer "l'ennemi" ou porter un coup à son moral.

Cette semaine, un Américain, pilote de chasse présumé, a dû publier une vidéo dans laquelle il tenait un journal américain avec la date du jour pour démentir qu'il était en Libye où il est devenu une célébrité malgré lui.

Une photo de lui dans un avion de chasse libyen a été relayée durant plusieurs jours par les pro-Haftar, accusant les forces du GNA de recourir à "des mercenaires pour bombarder les Libyens".

Le porte-parole de l'ANL, Ahmad al-Mesmari, a même fait afficher cette photo piochée sur les réseaux sociaux, à plusieurs reprises, lors de ses conférences de presse quotidiennes.

"Il est vrai qu'on a une vague énorme de désinformation propagée via les réseaux sociaux, mais c'est aussi parce que chaque partie a investi considérablement pour amener les médias à adopter un récit qui lui soit favorable", estime l'analyste libyen Emad Badi.

Et cela rend quasi impossible de démêler le vrai du faux.

Certains responsables ont fini par se lasser de la vague d'intox.

"Si je devais corriger chaque jour les informations qui concernent seulement l'ONU, j'y passerai tout mon temps", a déploré jeudi l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, dans une interview à l'AFP.

Versions

La semaine dernière, trois vidéos filmées en même temps, au même endroit sur la ligne de front, ont circulé sur les réseaux sociaux... Mais avec trois versions radicalement différentes.

Sur la première, une scène invraisemblable: des combattants des deux camps arrêtent soudainement de s'affronter et se prennent dans les bras aux cris de "Libye unie".

Dans les deux autres, chaque camp qui filme de son côté affirme que ses rivaux déposent les armes et se rendent.

Les armes ont fini par avoir raison des bonnes intentions. La scène de communion n'a duré que quelques minutes. Les circonstances restent un mystère.

Mais "quelle que soit la version réelle des faits, une Libye unie a triomphé du moins durant quelques instants", commente un internaute.

Mercredi, après la chute de roquettes sur des quartiers résidentiels dans le sud de la capitale, faisant six morts, les deux camps se sont rejeté la responsabilité.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont endossé le rôle d'experts militaires, cartes et spécificités des armes à l'appui, pour tenter de prouver que le camp rival était derrière les bombardements.

"Trajet sûr"

Certains vont plus loin, en diffusant des messages de haine ou d'incitation à la violence, encouragés par l'impunité qui prévaut dans ce pays plongé dans le chaos depuis 2011.

"L'anonymat sur les réseaux sociaux encourage certaines personnes à nourrir un discours agressif et haineux, voire l'incitation au crime", déplore Mayss Abdel-Fattah, 26 ans, étudiante en sociologie à l'université de Zawiya (ouest).

"Ces +mauvais+ usagers ont le sentiment que personne ne viendra leur demander des comptes, ce qui est très souvent le cas", ajoute-t-elle.

Des photos de combattants blessés, tués ou emprisonnés, ou des véhicules calcinés ou saisis, sont automatiquement publiées sur Facebook par un camp ou un autre, pour tenter de prouver sa supériorité.

Comme les internautes, chacune des télévisions libyennes a choisi son camp, rendant difficile de disposer d'une information fiable.

Elles relayent parfois sans gêne des vidéos ou photos sans la moindre vérification, juste parce qu'elles servent leurs causes.

"Cela ne sert à rien d'allumer la télévision. Les chaînes libyennes sont soit en retard ou alors tellement partiales que ça devient comique si l'on n'est pas du même camp", estime Karim, les yeux rivés sur son téléphone, à la terrasse d'un café en bord de mer à Tripoli.

Malgré l'intox qui inonde les réseaux sociaux, certains ont réussi à en faire bon usage au profit de la population.

Un groupe de jeunes libyens a ainsi créé en 2016 le groupe "SafePath" (Trajet sûr), qui compte aujourd'hui 162.000 membres sur Facebook.

Il permet aux internautes en temps de guerre d'avoir une idée sur les routes à éviter ou celles qui sont fermées à la circulation en raison des combats.

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