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Arrestations par dizaines suite aux manifestations interdites en RDC

  • VOA Afrique

Kinshasa a suivi l'appel à la ville morte, en RDC, le 3 avril 2017. (VOA)

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées en République démocratique du Congo lundi, jour de manifestations interdites contre le président Joseph Kabila.

"La police a appréhendé et gardé à vue 34 personnes à Kinshasa: les unes tentaient de braver l'interdiction de la marche, les autres voulaient se livrer à des actes de vandalisme", a déclaré à l'AFP le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole national de la police congolaise. "Leur sort sera connu dans la journée", a ajouté l'officier.

Le colonel Mwanamputu a ajouté ne pas avoir d'informations sur d'autres arrestations ailleurs dans le pays.

Mais à Lubumbashi, deuxième ville de la RDC (Sud-Est), Hubert Tshisuaka, directeur de l'ONG locale Institut de recherche pour les droits de l'homme (IRDH), a déclaré à l'AFP être sans nouvelles de six personnes sur un groupe de 24 interpelées, selon lui, la veille par la police.

Toutes les autres "ont été libérées" sauf un "activiste de la société civile", Jean-Pierre Muteba, qui "vient d'être transféré au parquet", a ajouté M. Tshisuaka, sans préciser les charges retenues contre lui. Interrogé, le chef de la police provinciale n'a pas souhaité répondre aux questions de l'AFP.

A Goma (Est), six jeunes qui tentaient d'ériger des barricades dans une rue ont été "brièvement interpellés puis relâchés" lundi, selon une source policière locale.

La journaliste spécialiste du Congo Colette Brackman a dit à VOA Afrique que "l'interdiction de tout rassemblement à dix" par les autorités a créé "la peur" dans la population. "Le dispositif policier ou militaire a montré à quel point il pouvait etre répressif notamment au Kasai ... il y a eu de nombreux morts ... des jeunes ont été victimes de la répression", dit-elle. "Les gens ne sont peut etre pas prets à exposer leurs vies, à mourir pour le rassemblement de l'opposition", indique Colette Brackman.

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l'opposant historique Étienne Tshisekedi décédé en février, avait appelé les Congolais à manifester lundi dans tout le pays. Il voulait obliger M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, à appliquer un accord politique signé le 31 décembre dernier pour permettre une sortie de la crise liée au maintien au pouvoir du chef de l'État au-delà de la fin de son mandat le 20 décembre.

M Kabila a 45 ans et la Constitution lui interdit de se représenter.

M. Kabila a nommé vendredi un dissident de l'UDPS, Bruno Tshibala, au poste de Premier ministre. L'UDPS et la coalition d'opposition du Rassemblement ont dénoncé cette décision, l'estimant contraire à la lettre et à l'esprit de l'accord de la Saint-Sylvestre, qui prévoit une cogestion du pays jusqu'à la prise de fonctions d'un nouveau président devant être élu avant la fin de l'année.

Dévastée par deux guerres entre 1996 et 2003, la RDC n'a connu aucune transition démocratique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Avec AFP

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