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RDC

Après les massacres, colère à Beni contre les officiels et l'ONU

Des policiers à Goma, Nord-Kivu, DRC, 29 décembre 2018.

Cortège bloqué, Casques bleus pointés du doigt, magasins fermés: les habitants de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, ont exprimé leur colère contre les officiels et les Nations unies jeudi, au lendemain d'un nouveau massacre de civils.

Des manifestants ont bloqué le cortège du gouverneur du Nord-Kivu en visite à Beni en plaçant des morceaux de bois et des pierres sur son trajet, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les manifestants scandaient des slogans hostiles aux autorités, refusant d'écouter le gouverneur Carly Nzanzu qui tentait de les convaincre de libérer la voie afin de lui permettre de poursuivre son chemin.

Le maire de Beni, des policiers et des militaires ont dû s'interposer pour frayer un passage au cortège de l'autorité provinciale.

Devant une base des Casques bleus, des jeunes manifestants, certains habillés en noir, ont jeté des morceaux de bois sur des Casques bleus, avant d'être dispersés par la police.

"Nous ne voulons plus voir des Casques bleus ici, car ils n'ont pu protéger les civils. Quelle est leur mission ici chez nous? Nous sommes venus les chasser", a déclaré Héritier Katseke, un manifestant, près de la base des Casques bleus.

Au quartier Boikene, dans la périphérie de Beni où les miliciens ADF ont tué des civils mercredi, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui avaient barricadé les routes.

Le centre de Beni était en grève: magasins fermés, tout comme les écoles et les administrations, pas de transport en commun.

Des pneus ont été brûlés à plusieurs endroits par la population en colère.

Au moins sept civils ont été massacrés dans la nuit de mardi à mercredi dans un quartier de Beni dans une nouvelle tuerie attribuée aux ADF.

Plus de 60 civils ont été massacrés dans la région de Beni depuis début novembre après l'annonce le 30 octobre "d'offensives d'envergure" par l'armée contre les milices de Forces démocratiques alliées (ADF).

A l'origine, les ADF sont des rebelles ougandais musulmans hostiles au président Yoweri Museveni, installés dans l'est de la RDC depuis 1995.

Un quart de siècle plus tard, ils ne semblent plus attaquer l'Ouganda et ne revendiquent aucun de leurs massacres en RDC. Leur recrutement s'est étendu à d'autres nationalités.

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En RDC, les proches des "martyrs de la démocratie" demandent justice

La photo de Rossy Mukendi relayée sur les réseaux sociaux pour lui rendre hommage.

Quelques trois cent personnes ont célébré mardi à Kinshasa une messe à la mémoire des "martyrs de la démocratie" tués début 2018 dans des marches demandant le départ de l'ancien président Joseph Kabila, a constaté l'AFP.

A l'origine de la messe et des marches de 2018, le collectif chrétien du Comité laïc de coordination (CLC) a demandé aux autorités "justice" pour les familles des victimes.

Le CLC a envisagé de "porter plainte et se constituer partie civile aux côtés de toutes ces victimes".

La messe a été dite à l'occasion du deuxième anniversaire de la mort du militant des droits de l'homme Rossy Mukendi, tué dans la dernière des trois marches le 25 févrierv 2018. Un policier avait été arrêté le jour suivant.

Une quinzaine de manifestants avaient été tués les 31 décembre 2017, 21 janvier et 25 février 2018.

Les noms des militants morts lors de ces marches étaient inscrits sur un pagne imprimé pour la circonstance.

C'étaient "des dignes fils qui ont donné leur vie pour la démocratie dans notre pays", a résumé l'officiant, Mgr Edouard Kisonga, évêque auxiliaire de Kinshasa.

"Le CLC demande avec insistance au gouvernement que la date du 16 février soit reconnue officiellement dans le calendrier national comme jour férié en hommage aux martyrs de la démocratie", a déclaré Gertrude Ekombe, membre de la coordination du Le CLC.

Une autre marche des chrétiens avait été sévèrement réprimée (plusieurs dizaines de morts) le 16 février 1992 sous l'ex-dictateur Mobutu Sese Seko.

Après la présidentielle organisée en décembre 2018, l'ancien opposant Tshisekedi a été proclamé vainqueur du scrutin et investi le 24 janvier 2019 en présence de son prédécesseur Kabila.

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RDC: des ONG demandent des sanctions contre un homme d'affaires israélien proche de Kabila

Une vue des installations de Tenke Fungurume Mining dans la province du Lualaba, l'ex-Katanga (sud-est), RDC, 29 janvier 2013.

Des ONG ont demandé aux autorités de la RDC des sanctions contre un homme d'affaires israélien proche de l'ancien président Joseph Kabila et soupçonné de corruption par les Etats-Unis.

Les ONG de la plate-forme "Le Congo n'est pas à vendre" ont demandé au président Félix Tshisekedi "le gel de tout compte en banque appartenant" au milliardaire Dan Gertler, propriétaire de plusieurs concessions minières et de blocs pétroliers en République démocratique du Congo.

En décembre 2017, tous ses comptes bancaires aux États-Unis ont été gelés. Le Département d'Etat le présente comme ayant bâti sa fortune "à travers des transactions minières et pétrolières opaques et corrompues".

Les Etats-Unis l'accusent d'avoir fait perdre à la RDC "1,36 milliard de dollars entre 2010 et 2012", en "sous-évaluant les actifs miniers vendus à des sociétés off-shore" qui lui sont liées.

Les ONG demandent un "audit indépendant" des entités étatiques ayant conclu des contrats avec M. Gertler.

L'ambassadeur américain à Kinshasa Mike Hammer a salué sur Twitter cette initiative, qu'il a qualifiée d'effort "louable" contre "ceux qui agissent contre le bien public congolais".

En visite en RDC il y a 15 jours, l'envoyé spécial américain pour les Grands lacs Peter Pham avait insisté sur le fait que Washington était prêt à aider la RDC à lutter contre la corruption et l'impunité.

Mi-décembre, le gouvernement congolais avait décidé de geler les avoirs d'un homme d'affaires libanais, propriétaire d'une boulangerie industrielle de Kinshasa, en application de sanctions du Trésor américain qui l'accuse de financer le Hezbollah.

M. Gertler est au coeur d'une autre affaire ces jours-ci en RDC.

Peu avant de passer sous sanctions américaines en décembre 2017, il a prêté 128 millions d'euros à la société minière congolaise Gécamines.

La Gécamines a expliqué avoir refusé de rembourser son prêt "en raison des sanctions économiques" contre M. Gertler.

En novembre, le tribunal de commerce de Lubumbashi a reconnu la créance de M. Gertler sur la Gécamines.

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