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À la COP27, des Africains tentent de recycler les problèmes en solutions


Cette "COP africaine" est le premier sommet de l'ONU pour le climat à dédier un pavillon à la jeunesse et à intégrer un groupe de jeunes aux négociations.

Pendant que les négociateurs internationaux sont réunis à la COP27, de jeunes militants, entrepreneurs et ingénieurs africains exposent leurs projets en vue de solutions rapides et tangibles pour leurs communautés.

Si Calvin Shikuku a appris une chose dans son bidonville de Mathare, l'un des plus grands du Kenya, c'est le recyclage. Depuis, il a décidé de transformer les problèmes de ses voisins – déchets, énergie trop chère et chômage – en solutions.

A 24 ans, le patron de Motobrix travaille à Nairobi où il vit toujours "avec des jeunes et des chiffonniers pour collecter les déchets organiques et les transformer en briquettes combustibles". Non seulement il produit une énergie plus propre et moins chère que le charbon, mais en plus il a découvert qu'il pouvait "utiliser plus de 30% des déchets de la communauté qui auraient sinon fini dans la nature, à polluer les rivières et à propager des maladies", dit-il à l'AFP.

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Pendant que les négociateurs internationaux discutent des mesures visant à endiguer l'impact du changement climatique derrières des portes closes à la COP27, qui se tient à Charm el-Cheikh en Egypte, de jeunes militants, entrepreneurs et ingénieurs africains exposent leurs projets en vue de solutions rapides et tangibles pour leurs communautés.

"En première ligne"

Aluwaine Tanaka Manyonga en a une: sa "lanterne Chigubhu", une lampe légère, portable, alimentée à l'électricité solaire et fabriquée à partir de déchets plastiques et électroniques recyclés.

Cet ingénieur de 24 ans, qui a dû réviser ses "examens à l'école primaire à la lueur d'une bougie" à Harare, connaît bien le quotidien de plus de la moitié des Zimbabwéens qui n'ont pas un accès stable à l'électricité. Mais en 2019, quand une sécheresse inédite a plongé le pays, qui tire la majeure partie de son courant de l'hydro-énergie, dans sa pire crise électrique depuis son indépendance en 1980, il était paré: sa lanterne était lancée.

Aujourd'hui, il a changé d'échelle: il éclaire désormais des écoles et des immeubles avec un réseau électrique parallèle de panneaux solaires. Et son travail a été reconnu à la COP27: son équipe, la Zambezi Ark Technologies, a reçu – en distanciel – un prix au Pavillon de la Jeunesse de la COP27.

Cette "COP africaine" est le premier sommet de l'ONU pour le climat à dédier un pavillon à la jeunesse et à intégrer un groupe de jeunes aux négociations. Mais pour les jeunes entrepreneurs, c'est encore trop peu.

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"La voix de la jeunesse n'a pas un vrai impact sur les négociations", reconnaît Vicky Aridi, qui travaille avec l'Unicef à soutenir de jeunes innovateurs. Pourtant, explique-t-elle à l'AFP, ce sont eux qui apportent des "approches locales" car ils sont proches de "ceux qui subissent en premier l'impact du changement climatique".

"Je ne crois pas que les jeunes qui ont des projets pratiques sont vraiment pris au sérieux, les gens pensent qu'ils n'ont pas assez d'expérience", renchérit Calvin Shikuku. "Bien que nous soyons en première ligne du changement climatique et nous apportons des solutions pratiques".

"Le mal à la racine"

Dans l'est du Ghana, Joyce Nyame supervise Duapa Afforestation, qui forme des jeunes à planter puis à prendre soin d'arbres en mêlant drones et méthodes empiriques pour collecter des informations.

"Pour que les solutions basées sur la nature marchent", explique-t-elle à l'AFP, "il faut qu'elles s'inspirent des connaissances des peuples autochtones", une autre communauté qui s'est dite ignorée à la COP27. Et pourtant, la déforestation, décriée par les peuples autochtones, est responsable d'une grande part des émissions de gaz à effet de serre.

Watan Mohamed, 22 ans, elle, n'a pas monté d'entreprise. Mais cette étudiante en médecine soudanaise a décidé de se faire le porte-voix de son pays, le cinquième le plus menacé du monde par le changement climatique selon l'Université américaine Notre Dame.

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Elle s'est mise à militer contre le réchauffement climatique parce qu'elle en a ressenti les effets dans sa chair. "Cette année, j'ai eu trois crises de paludisme", raconte-t-elle à l'AFP.

Au Soudan, où faute d'infrastructures les moustiques prolifèrent dans les eaux stagnantes, de janvier à octobre, le ministère de la Santé a recensé plus d'1,7 million de contaminations. Watan Mohammed a parlé pour eux au sein de la délégation officielle des jeunes à la COP27.

"Comme médecin, on apprend à traiter le mal à la racine, pas seulement les symptômes", explique-t-elle. "La racine, c'est le changement climatique et c'est pour cela qu'il faut qu'on réclame des solutions pour le climat".

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