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A Bangassou, des déplacés à l'école de la débrouille en Centrafrique

Les réfugiés musulmans lors d’une rencontre avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres (non visible), à Bangassou, Centrafrique, 25 octobre 2017.

"Plus tard, je veux travailler dans l'informatique". Les yeux levés vers un tableau noir où s'alignent les noms de Steve Jobs et Bill Gates, Husseina, 17 ans, déplacée musulmane de Bangassou (sud-est de la Centrafrique) rêve d'un avenir meilleur.

Depuis que son collège a été fermé, Husseina n'a pas d'autre choix que de suivre les formations de fortune dispensées par des adultes au petit séminaire de Bangassou, où elle s'est réfugiée il y a un an avec les autres musulmans de la ville - environ 1.500 personnes - sans possibilité d'en sortir.

En mai 2017, un groupe armé antibalaka avait attaqué la ville, faisant 76 morts selon l'ONU. Bangassou vit depuis sous leur coupe, au rythme des violences, des caprices de la soldatesque et des rivalités entre chefs.

>> Lire aussi : Le retour prévu de l'armée suscite l'espoir à Bangassou , en Centrafrique

Seule force d'interposition présente, la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tente de protéger ces déplacés reclus dans le séminaire catholique.

Ils sont menacés en permanence par les antibalaka, qui les accusent de connivence avec les groupes armés à dominante musulmane de l'ex-rébellion de la Seleka.

Fin 2017, quand le collège jouxtant le site de déplacés a fermé à cause de tensions intercommunautaires, Husseina et une centaine d'enfants musulmans ont été privés d'école.

Depuis, des parents tentent de leur apprendre divers métiers avec les moyens du bord.

Word, Excel et couture

"Les enfants étaient déprimés, alors on s'est dit qu'il fallait faire quelque chose", raconte Djamaldine Salet, un déplacé qui a créé, en décembre 2017, au sein du séminaire le Centre d'apprentissage de la promotion informatique (Capi).

Au programme: maîtrise du clavier, apprentissage des logiciels Word, Excel... Quarante heures de cours par semaine dispensées à 40 enfants par Djamaldine Salet, avec des moyens rudimentaires.

Avec seulement deux ordinateurs, sans accès à internet, le Capi ne peut pas étancher la soif d'apprendre de tous les jeunes.

A quelques mètres de là, Moustapha Seck, penché sur sa machine à coudre, termine la confection d'une chemise, sous le regard attentif de ses trois apprentis.

>> Lire aussi : Un Casque bleu burundais tué à Bambari en Centrafrique

"Ils ne partent pas à l'école, alors il faut bien qu'on les forme", explique le vieil homme qui a créé une association dans l'enceinte du séminaire regroupant treize petits ateliers qui forment une trentaine de personnes.

"Quand le collège a fermé, plusieurs jeunes sont venus me voir", se souvient de son côté Mahamat Ali, cordonnier qui forme huit apprentis. "Certains sont déjà capables d'ouvrir leur propre cordonnerie", se félicite-t-il.

Sa principale difficulté est de trouver des outils et du matériel pour réparer les chaussures des déplacés: impossible de sortir du site sans risquer sa vie.

Méfiance réciproque

"On a du reconstruire tous les outils sur place", raconte Mahamat Ali, en découpant une semelle dans un pneu usé.

Pour Oumanou, alias "CFAO", du nom de cette entreprise qui revend des voitures en Afrique et qui s'est improvisé moniteur d'auto-école, l'approvisionnement en carburant est le principal souci.

Avec son vieux pickup Toyota déglingué, il dispense des cours de conduite. "Le plus difficile, c'est d'avoir du carburant. J'aimerai aussi avoir des matériaux pour faire des panneaux de signalisations", explique-t-il, les mains dans le cambouis, au milieu du terrain de football bordé par des sacs de sable qui protègent le séminaire des tirs des antibalaka.

Ces formations sont aussi un moyen de détourner les enfants du climat de violence qui les entoure. "Les gens (de la ville, ndlr) accusent nos jeunes d'être des tueurs, mais ce sont eux qui les ont fabriqués!", s'exclame Djamaldine Salet. Il admet juste que "certains enfants qui ne vont plus à l'école sortent du camps pour voler et commettre des violences".

A plusieurs reprises ces derniers mois, des déplacés armés ont pris à partie des commerces et habitants de la ville.

Mais Djamaldine Salet en est persuadé, la paix passera aussi par l'éducation.

Sa dernière idée? Ouvrir sa formation informatique aux jeunes de la ville: "Les enfants du site ont peur des enfants à l'extérieur et vice versa... La formation permettrait de renouer les liens".

Avec AFP

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Soudan: formation du Conseil souverain censé mener la transition

Des graffitis qui signifient en arabe "Liberté, Paix, Justice et Civils" dans le district de Burri à Khartoum, Khartoum, Soudan, le 10 juillet 2019.

La transition du Soudan vers un pouvoir civil s'est mise en route, avec deux jours de retard, avec l'annonce mardi soir de la formation du Conseil souverain qui doit la piloter pendant un peu plus de trois ans.

Le Conseil sera présidé pendant 21 mois par l'actuel chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, qui sera investi mercredi à 09H00 GMT, a indiqué un porte-parole des généraux au pouvoir.

Cet organe, qui compte une majorité de six civils et cinq militaires, doit superviser la période devant permettre au Soudan de tourner la page de trois décennies de règne du général Omar el-Béchir, l'ex-président destitué le 11 avril à l'issue de mois de manifestations dans tout le pays.

La liste des 11 membres du Conseil a été annoncée dans une allocution télévisée par Chamseddine Kabbachi, un porte-parole du Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis l'éviction de M. Béchir.

Promise pour dimanche en vertu d'un accord historique de transition entre les généraux et la contestation, l'annonce de la composition du Conseil avait été retardée.

Ce report a été demandé par les Forces pour la liberté et le changement (FLC), issues de la principale organisation du mouvement de protestation, ont indiqué les militaires au pouvoir, en raison de désaccords au sein de la contestation.

Un civil prendra le relai du général Burhane à la tête du Conseil souverain pour les 18 mois de transition restants.

Selon les termes initiaux de l'accord de transition, le Conseil devait indiquer mardi s'il valide comme Premier ministre le candidat présenté par la contestation, l'économiste et ancien collaborateur de l'ONU Abdallah Hamdok. Sa confirmation devrait être annoncée mercredi.

Il devra ensuite former un gouvernement dont la composition doit être annoncée le 28 août et qui s'attellera à la tâche, ardue, de redresser une économie exsangue et de pacifier un pays marqué par plusieurs conflits internes, notamment au Darfour (ouest).

Un Parlement de transition sera également constitué.

- Malaise -

Malgré l'euphorie engendrée par la signature officielle de l'accord de transition samedi, un malaise est palpable dans le camp des protestataires en raison notamment de l'omniprésence de Mohamed Hamdan Daglo, le chef d'une redoutée force paramilitaire accusée d'être impliquée dans la répression de la contestation.

Ce dernier est également numéro deux du Conseil militaire de transition qui avait pris la succession de M. Béchir et a été nommé mardi au Conseil souverain.

Plus de 250 personnes sont mortes depuis le début des manifestations du 19 décembre au Soudan, dont 127 le 3 juin lors de la dispersion d'un sit-in devant le siège de l'armée, selon un comité de médecins proche de la contestation.

D'abord organisées pour protester contre la hausse des prix du pain, les manifestations se sont transformées en contestation du président Béchir puis des généraux, les manifestants réclamant un pouvoir civil au Soudan.

Des Soudanaises, très impliquées dans les manifestations au cours des derniers mois, ont aussi exprimé leur déception face à la faible présence des femmes dans le processus de transition alors qu'elles étaient en première ligne des manifestations.

Deux femmes figurent parmi les civils nommés au Conseil souverain, dont l'une est issue de la minorité chrétienne du pays.

- "Ne pas oublier" -

"La faim, le manque d'éducation, ce que (Béchir) a fait au Darfour et tant d'autres chose. C'est pour ça que nous sommes descendues dans les rues et que nous avons fait face aux gaz lacrymogènes et au harcèlement", rappelle Fatma Abdallah Hussein.

Lundi, M. Béchir est apparu devant un tribunal où il doit répondre d'accusations de corruption, un événement inimaginable pour les deux tiers des 40 millions de Soudanais qui n'avaient connu que lui au pouvoir depuis leur naissance.

"Il a tant fait contre nous en 30 ans", se désole cette étudiante en médecine qui a pris part aux manifestations dès le début de l'année, en référence à M. Béchir, dont le procès faisait la une de tous les journaux mardi.

Selon Alhaj Adam, un résident de Khartoum, le procès pour corruption de l'ancien président ne devrait toutefois pas faire oublier au pays le besoin de ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

L'ONG Amnesty International a également averti que son procès pour corruption ne devait pas détourner l'attention des accusations plus lourdes qui pèsent contre M. Béchir pour son rôle présumé dans le conflit au Darfour (ouest).

Il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux de la CPI, pour répondre de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide, dans ce conflit qui a éclaté en 2003.

Avec AFP

Liberia: des sénateurs s'alarment d'un climat rappelant les prémices de la guerre civile

Le président libérien, George Weah, le dimanche 28 janvier 2018.

Des sénateurs libériens se sont alarmés mardi de la montée des violences politiques dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, dressant un parallèle avec celles qui avaient fini par plonger le Liberia dans une guerre civile particulièrement atroce de 1989 à 2003.

Samedi, des partisans du président libérien, l'ex-star du football George Weah, ont encerclé un bâtiment où Tellia Urey, candidate de l'opposition à une élection législative partielle, tenait une réunion, dans la banlieue de la capitale Monrovia.

Pendant plus d'une heure, ils ont jeté des projectiles sur le bâtiment, brisé des fenêtres et détruit son véhicule. L'un des assaillants a essayé de donner un coup de couteau à Mme Urey, a-t-elle expliqué lundi, dénonçant une tentative d'assassinat.

Les autorités ont qualifié lundi ces violences d'"épouvantables" et promis des sanctions sévères.

Lors d'un débat au Sénat mardi, la plupart des élus ont exprimé leur consternation, 16 ans après la fin d'une guerre civile qui a fait quelque 250.000 morts et des centaines de milliers de déplacés dans un pays qui comptait alors moins de 4 millions d'habitants, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Ce pays va mal et il faut que cela cesse. Souvenons-nous de notre histoire. La guerre qui a débuté en 1989 faisait suite aux violences qui ont suivi les élections de 1985", a souligné le sénateur d'opposition Conmany Wesseh, proche de l'ancienne présidente Ellen Johnson Sirleaf (2006-2018).

"Les gens n'étaient pas contents et petit à petit ils ont décidé de résoudre leurs problèmes par la violence. Puis la police et l'armée ont été perçues comme les forces du régime et d'autres ont décidé de prendre en main leur propre sécurité", a raconté le sénateur, avant de s'interroger: "Va-t-on rester assis et laisser les choses se reproduire?".

"Nous avons pris part au précédent conflit en raison de la mauvaise gouvernance. Et quand vous critiquez le régime actuel, ils vous traitent de tous les noms", a dénoncé un autre sénateur, le prédicateur et ancien chef de guerre Prince Johnson, qui avait soutenu George Weah lors du second tour de la présidentielle de décembre 2017.

Ni Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix en 2011, ni son successeur George Weah n'ont fait juger les auteurs de crimes commis pendant cette période. Un très grand nombre de personnalités directement impliquées occupent toujours des positions importantes dans les sphères du pouvoir politique et économique au Liberia.

L'un des principaux acteurs du conflit, l'ex-chef de guerre devenu président (1997-2003), Charles Taylor, a été condamné en 2012 pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine, mais n'a pas été inquiété pour les atrocités commises dans son propre pays.

Elu sur un programme de lutte contre la pauvreté, George Weah est confronté depuis plusieurs mois à une opposition croissante en raison de la dégradation alarmante de la situation économique.

Avec AFP

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