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L'Afrique du Sud marque, douce-amère, les 10 ans de la mort de Mandela


L'anniversaire a un goût doux-amer pour l'Afrique du Sud, entre le souvenir de Nelson Mandela qui a apporté la démocratie et de l'autre un pays qui est devenu le plus inégalitaire au monde.
L'anniversaire a un goût doux-amer pour l'Afrique du Sud, entre le souvenir de Nelson Mandela qui a apporté la démocratie et de l'autre un pays qui est devenu le plus inégalitaire au monde.

Son sourire s'affiche toujours en grand, peint sur plusieurs immeubles du centre de Johannesburg. L'Afrique du Sud marque mardi les dix ans de la mort de Nelson Mandela, entre nostalgie de son intégrité et déception de ce qui a suivi.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, ne prévoit pas de s'exprimer. Mais en fin de journée, la Pakistanaise Malala Yousafzai, prix Nobel 2014 pour son combat pour l'éducation, a été choisie pour prononcer le discours anniversaire dans un grand théâtre de Johannesburg.

L'anniversaire a un goût doux-amer pour l'Afrique du Sud. Avec d'un côté le souvenir de Madiba, celui qui leur a apporté la démocratie, l'ex-bagnard de Robben Island devenu le premier président noir du pays après avoir défait le régime raciste de l'apartheid, une star mondiale qui s'est éteinte à 95 ans le 5 décembre 2013. Et de l'autre, en miroir, la situation actuelle du pays, toujours dirigé par son parti de l'ANC mais plombé par la corruption et les pannes d'électricité, et devenu le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale.

"On aime ce qu'il (Mandela) a fait, on apprécie la liberté qu'il nous a offerte. J'aimerais juste que son héritage puisse se prolonger", confie à l'AFP Prosper Nkosi, qui vit près de l'ancienne maison de Mandela à Soweto, l'immense township collé à Johannesburg, témoin et acteur de la lutte contre l'apartheid. Mais "en dix ans, pas grand chose n'a changé ou ne s'est amélioré", ajoute-t-il.

Nelson Mandela est mort entouré des siens après un long crépuscule et des mois d'agonie, et d'angoisse pour les Sud-Africains et ses admirateurs du monde entier, au cours desquels son entourage se contentait de répéter que le vieux sage était dans un état "critique mais stable".

Nostalgie et symbole

La Fondation Mandela a organisé ce mois-ci dans la capitale économique sud-africaine une modeste exposition interactive intitulée "Mandela est mort", pour que les visiteurs puissent y laisser des messages, leurs critiques et espoirs, dix ans après.

Le visage de Madiba, son nom de clan, reste très présent: sur les billets de banque, sur de nombreuses peintures murales dans les villes et townships et plus officiellement par la présence de dizaines de statues. Dont celle, de plain-pied et de neuf mètres de haut, qui le représente les bras ouverts et trône devant le bâtiment où siège le gouvernement à Pretoria.

Pour Njabulo Mngadi, un habitant de Johannesburg, l'"Afrique du Sud doit redécouvrir l'esprit de Mandela" pour mieux changer. "On devrait continuer son œuvre", car "il y a toujours des choses qui ne vont pas en Afrique du Sud".

Verne Harris, président par intérim de la fondation Mandela et qui a longtemps été l'archiviste de Madiba, reconnaît qu'une "nostalgie profonde" reste palpable chez nombre de Sud-Africains. Mais il redoute qu'en "s'accrochant à ce symbole", le pays ne fasse du surplace: "Il est peut-être temps de le laisser partir, et de nous trouver de nouveaux modèles", estime-t-il.

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