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Nouvelles violences à Bangui, des élections "avant fin 2015"


Des soldats de maintien de la paix patrouillent à Bangui, le 30 septembre 2015. (AP Photo)
Des soldats de maintien de la paix patrouillent à Bangui, le 30 septembre 2015. (AP Photo)

Des musulmans armés ont tué au moins deux personnes, samedi, dans des quartiers chrétiens du sud-ouest de Bangui. Dans ce contexte violent, la présidente centrafricaine a assuré que les élections et le référendum se tiendraient avant fin 2015.

Regain de violences en République centrafricaine. Au moins deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées, samedi 31 octobre à Bangui, par des musulmans armés qui ont lancé de nouvelles attaques contre des quartiers abritant des chrétiens dans le sud-ouest, selon une source militaire.

"En tout, deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées dans des violences qui ont repris en milieu de journée au PK5 (quartier musulman) et dans les quartiers chrétiens du sud-ouest. Plusieurs maisons ont été incendiées et des tirs nourris ont été entendus dans ces quartiers chrétiens investis par des musulmans armés", a précisé cette source.

"Les attaques ont été lancées contre ces quartiers, alors que des groupes d'individus se réclamant des anti-balaka (milices chrétiennes) appuyés par des éléments des forces armées centrafricaines, ont entrepris de se positionner dans les quartiers sud-ouest pour protéger les habitants des attaques des musulmans", a-t-elle ajouté.

Selon cette source, plusieurs centaines de personnes ont fui les quartiers attaqués, "des hommes, des femmes et des enfants couraient dans tous les sens pour s'éloigner de la zone des violences".

Les forces internationales prises à partie

Selon une source diplomatique, les forces internationales (onusienne Minusca et française Sangaris) se sont interposées et ont été prises à partie sporadiquement par quelques petits groupes.

Ces nouvelles violences surviennent 48 heures après que quatre personnes ont été tuées et une vingtaine blessées jeudi dans des violences à Bangui, où des musulmans armés avaient mené des représailles après la mort de deux d'entre eux.

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

Le niveau des affrontements a baissé depuis le mois dernier mais les tensions intercommunautaires restent vives à Bangui et de nombreux groupes armés continuent de sévir, ce qui a entrainé un nouveau report des élections dont le premier tour était prévu le 18 octobre.

Engagement sur la date des élections

Samedi, la présidente de transition Catherine Samba-Panza a assuré que le référendum constitutionnel et le 1er tour des élections présidentielle et législatives en Centrafrique auront lieu "avant la fin 2015".

"Compte tenu des délais légaux, de la situation actuelle, il n'est pas possible d'organiser tout le processus électoral en 2015. Il faut être réaliste", a-t-elle reconnu.

"Mais nous avons pris l'engagement de commencer les opérations par le référendum et par le 1er tour des élections. J'attends que l'ANE (Agence nationale des élections) en annonce officiellement la date, il y a déjà un consensus sur la tenue de ces opérations en décembre", a précisé Mme Samba-Panza.

Les violences à Bangui, en nette recrudescence depuis fin septembre et ces derniers jours en particulier, "ne remettent peut-être pas en cause ces scrutins", mais "elles sont préoccupantes", a-t-elle estimé.

"Ceux qui les instrumentalisent ne veulent pas qu'on aille aux élections, et nous, nous avons la volonté et la détermination d'y aller. Nous comptons donc sur les forces internationales (Casques bleus de la Minusca et soldats français de Sangaris) et sur nos propres forces pour endiguer ces violences actuelles et surtout protéger les populations qui se sentent un peu abandonnées", selon la présidente de transition.

Avec AFP

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