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Le Kosovo admis comme 55e membre de l'UEFA


Les journalistes du Kosovo célèbrent l’admission de leur pays comme le 55e membre de l’UEAF lors du 40e Congrès ordinaire de cette confédération européenne du football à Budapest, Hongrie, 3 mai 2016. epa/TIBOR ILLYES HUNGARY OUT

Les journalistes du Kosovo célèbrent l’admission de leur pays comme le 55e membre de l’UEAF lors du 40e Congrès ordinaire de cette confédération européenne du football à Budapest, Hongrie, 3 mai 2016. epa/TIBOR ILLYES HUNGARY OUT

Vingt-huit voix sur les 54 pays composant jusqu'ici cette confédération européenne du football, se sont prononcées pour l’admission du Kosovo mais la Serbie proteste. Le vote a lieu llors du congrès de l’UEFA à Budapest.

Selon les résultats du vote, 24 voix étaient contre et 2 bulletins invalides ont été comptés.

Ancienne province serbe, le Kosovo a été le théâtre d'un conflit (1998-1999) entre indépendantistes albanais kosovars et forces de Belgrade. En février 2008, la majorité albanaise du Kosovo a proclamé l'indépendance de ce territoire, que la Serbie refuse de reconnaître.

Jusqu'ici, et depuis 2014, le Kosovo était juste autorisé à jouer des matches amicaux par la Fédération internationale de foot (Fifa).

Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a vivement réagi, en dénonçant "une décision évidemment politique". "C'est le résultat d'une grande pression politique", a déclaré M. Dacic dans un communiqué.

La Fédération serbe du football va contester cette décision de l'UEFA devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne, ont annoncé lors d'une conférence de presse à Belgrade le ministre serbe des Sports, Vanja Udovicic, et un responsable du gouvernement serbe chargé du Kosovo, Marko Djuric.

"Le droit a été bafoué aujourd'hui à Budapest, le statut de l'UEFA a été piétiné", a déclaré M. Djuric, ajoutant que le "combat (de la Serbie) ne cessera pas".

Le comité exécutif de l'UEFA, soit le gouvernement du football européen, doit maintenant décider dans quelles compétitions sous son égide, et suivant quel calendrier, les équipes kosovares, clubs ou sélections, peuvent s'intégrer.

Pour les clubs, l'état des infrastructures, comme les stades, sera particulièrement examiné.

Cette démarche est toutefois très importante pour la suite. Sous l'impulsion de cette entrée à l'UEFA, la question de l'admission du Kosovo à la Fifa devra maintenant être examinée par le congrès de l'instance suprême du football à Mexico le 13 mai.

"Cette entrée à l'UEFA permettra de solidifier la réconciliation entre nos peuples, merci à tous", a savouré Fadil Vokrri, président de la fédération kosovare de football, à la tribune devant le congrès de l'UEFA.

Le président du Kosovo, Hashim Thaçi, s'est pour sa part félicité à Pristina d'une "journée historique pour le football kosovar et pour le sport kosovar en général".

"Je crois fortement que l'étape suivante sera l'adhésion du Kosovo à la Fifa", a-t-il ajouté.

Le président de la fédération serbe de football Tomislav Karadzic avait lui contesté à la tribune, avant le vote, la demande d'adhésion du Kosovo à l'UEFA: "Nous sommes toujours opposés: accepter une république autoproclamée du Kosovo serait franchir la ligne, ouvrir une boîte de Pandore dans la région".

Et de poursuivre: "Je souhaite que le président Michel Platini (actuellement suspendu) ne soit pas absent trop longtemps car en revenant il trouverait plus de Fédérations que de pays !".

"Il y aura peut-être des appels devant le Tribunal arbitral du sport émanant de pays qui contestent cette entrée mais cela n'est pas de nature à inquiéter l'UEFA", a confié en conclusion de la journée Alasdair Bell, directeur juridique de l'UEFA.

L'indépendance du Kosovo a été reconnue à ce jour par une centaine de pays, dont les Etats-Unis et la plupart des pays de l'UE.

Avec AFP

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