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Touadéra à VOA Afrique : "Les groupes armés doivent respecter les lois et rentrer dans la République "


Bangui demande toujours la levée de l’embargo sur les armes ! C’est le message répété à l'ONU par le chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra alors que les groupes armés désarment difficilement sur l’ensemble du territoire comme l’ont montré les dernières violences de Kouango. Entretien avec VOA Afrique à Washington

Quelle est votre réaction après les violences de Kouango (centre) qui ont fait entre 10 et 20 morts ?

Faustin-Archange Touadéra : "Nous avons hérité d'un pays avec beaucoup de difficultés. La Centrafrique sort d'une crise. Des groupes armés occupent encore une grande partie du territoire et la criminalité qui va avec. Nous essayons de ramener la sécurité, convaincre les groupes armes de déposer les armes et renforcer nos forces de défense et de sécurité. Aujourd'hui, la Minusca nous aide à rétablir la sécurité des populations. Ces violences nous allons tout faire pour les limiter pour que nos populations vivent dans la paix. ".

Le général Sidiki, que vous avez rencontré, dit agir au nom de Bangui sur le terrain. Quelle est votre réponse ?

Faustin-Archange Touadéra : (sourires) "J'ai reçu après mon investiture tous les groupes armés pour leur indiquer notre vision. Le peuple centrafricain veut la paix et le désarmement des groupes armés par le DDR. Nous avons rencontré Sidiki aussi. Il doit faire en sorte que son groupe rentre dans le DDR. Aujourd’hui, il n’est plus question d’aller vers la violence. Ceux qui continuent devront faire face à la justice. Nous les invitons à rentrer dans la République et respecter les lois. Ce désarmement doit être inclusif et nous devons les convaincre de déposer les armes. Nous avons l’appui de la communauté internationale."

Avez-vous réussi à convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU de lever l’embargo sur les armes en Centrafrique ?

Faustin-Archange Touadéra : "Non. Nous continuons le plaidoyer pour que cet embargo soit levé. S’il a pu être justifié à un moment de notre histoire, ce n’est plus le cas. Il y a eu des élections, un gouvernement légitime a été formé, tout comme l’assemblée nationale. Nous sommes en train de mettre en place les institutions démocratiques et on ne peut pas avoir une armée sans armes. Avec l’Union européenne, nous avons déjà commencé la formation de nos éléments depuis le 15 juillet. Nous disons au Comité de sanctions de lever cet embargo pour nous permettre de restructurer nos forces et leur permettre de remplir leurs missions régaliennes. Il ne s’agit pas d’une armée qui ira combattre d’autres Centrafricains. Nous pensons que les ex-combattants des groupes rebelles qui remplissent les conditions pourront rejoindre l’armée nationale les autres iront dans d’autres secteurs. Je veux une armée nationale, professionnelle et pluriethnique dans laquelle tous les Centrafricains se reconnaitront. C'est notre ambition."

La Centrafrique n'est-elle pas passée au second plan pour les bailleurs alors que l'aide humanitaire a du mal à être financée pour votre pays ?

Faustin-Archange Touadéra : "La communauté internationale a été au chevet de la Centrafrique dans les moments difficiles, notamment la France et les Etats-Unis et d’autres pays amis. Nous sommes à un moment critique. Nous avons organisé les élections mais il y a encore de nombreux défis. Si on ne prend pas garde, il y a des risques que nous retombions dans cette situation. C’est pour cela que nous sommes venus ici plaider à Washington, à la Banque mondiale, auprès de l’USAID pour demander de continuer à nous soutenir. Nous voulons rompre avec ce cycle de crises tous les dix ans pour jeter des bases solides en Centrafrique. Je rappelle que nous organisons la table ronde à Bruxelles le 17 novembre avec l’Union européenne sur les priorités de développement dans notre pays."

Propos recueillis par Nicolas Pinault

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