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Grève générale suivie pour la libération d'opposants à Deby


Mahamat Mahamat Zène Chérif, président du Collectif des Associations et Mouvements de Jeunes du Tchad (CAMOJET)

Mahamat Mahamat Zène Chérif, président du Collectif des Associations et Mouvements de Jeunes du Tchad (CAMOJET)

L'appel à la grève générale au Tchad pour obtenir la libération de quatre responsables de la société civile, dont le secrétaire général de l'Union des syndicats du Tchad (UST), a été largement suivi dans l'administration mardi à N'Djamena, a constaté l'AFP

Les couloirs et bureaux du ministère de la Fonction publique à N'Djamena étaient vides mardi et aucune audience ne s'est tenue au Palais de Justice.

A l'hôpital général, la plus grande structure hospitalière du pays située dans la capitale, la grève était générale et les employés n'assuraient pas de service minimum.

Le secrétaire général de l'UST, Younous Mahadjir, est chef de service dans cet hôpital, et son arrestation s'est déroulée sur son lieu de travail.

Vendredi dernier, une grève générale avait été déjà largement suivie dans les administrations du pays pour demander "la libération immédiate" des quatre leaders de la société civile, placés jeudi sous mandat de dépôt.

Ils sont accusés "de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d'atteinte à l'ordre public et opposition à l'exercice d'une autorité légitime", après avoir appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à un cinquième mandat.

Le porte-parole de la coalition "Ça suffit", Mahamat Nour Ahmed Ibedou, a d'abord été arrêté le lundi 21 mars "pour avoir distribué des tracts appelant à une marche pacifique" le lendemain.

Le 22 mars, le secrétaire général de l'UST et le porte-parole du mouvement Iyina ("On est fatigué"), Nadjo Kaina Palmer ont été à leur tour arrêtés.

Enfin, la porte-parole de la coalition "Trop c'est trop", Céline Narmadji, a été arrêtée mercredi 23 mars.

Les quatre doivent comparaître jeudi devant un juge.

Le mouvement de contestation s'est étendu à l'Université Adoum Barka d'Abèché, dans l'est du pays, où les étudiants ont manifesté mardi pour réclamer le paiement de six mois d'arriérés de bourse.

Dans un communiqué, un parti d'opposition, l'Action tchadienne pour l'Unité et le socialisme (ACTUS) dénonce la "campagne d'arrestations massives" de la part du "Général Président Sultan Déby qui décuple la terreur dans le pays".

Le régime tchadien, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d'un mouvement de lycéens qui dénonce depuis le 15 février le viol d'une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires.

Idriss Deby, arrivé au pouvoir par la force en 1990 en renversant son ancien allié Hissène Habré, affrontera 13 autres candidats au premier tour de la présidentielle du 10 avril.

Avec AFP

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