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Quatre leaders de la société civile en garde à vue au Tchad


Des personnes déplacées dans le sud-est du Tchad.

Des personnes déplacées dans le sud-est du Tchad.

Céline Narmadji a été arrêtée mercredi, suite à l’arrestation de Mahamat Nour Ibedou lundi, et de Nadjo Kaina et Younous Mahadjir mardi. Ils avaient appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Deby.

Une figure de la société civile tchadienne, Céline Narmadji, a été arrêtée et placée en garde à vue mercredi à N'Djamena, à la suite de trois autres arrestations de militants qui avaient appelé à manifester contre le président Idriss Deby Itno.

"La porte-parole de la coalition "Trop c'est trop" a été auditionnée ce matin par la police judiciaire (...) à l'issue de cette audition, elle a été placée en garde à vue", a dit à l'AFP une source policière.

Selon cette source, la militante est accusée de "provocation à un attroupement non armé" et de "tentative d'atteinte à l'ordre public et opposition à l'exercice d'une autorité légitime".

C'est la quatrième arrestation de ce type depuis le début de la semaine. Le porte-parole de la coalition "Ça suffit", Mahamat Nour Ibedou, a été arrêté lundi "pour avoir distribué des tracts appelant à une marche pacifique" le lendemain.

Mardi, le vice-président de l'Union des syndicats du Tchad (UST), Younous Mahadjir, et le porte-parole du mouvement "Iyina", Nadjo Kaina ont été à leur tour arrêtés par la police judiciaire, où ils sont détenus. Ils ont été mis à la disposition du procureur de la République qui a ouvert une enquête.

"Les trois ont été soumis à une audition toute la journée hier (mardi) et cette audition a fini hier après-midi par une rencontre avec le procureur, qui semble-t-il a annoncé qu’il les garde pour les besoins de l’enquête", a dit à VOA Afrique le président de l’UST, Michel Barka.

Ces organisations avaient appelé la population à marcher pacifiquement dans toutes les villes du pays pour protester contre la candidature du président sortant Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à l'élection présidentielle du 10 avril.

Mais samedi, le ministre de la Sécurité publique et de l'Immigration Ahmat Mahamat Bachir a interdit "toute manifestation publique" en dehors des "manifestations des candidats" à la présidentielle.

"C’est deux poids deux mesures. Nous sommes dans une période de campagne électorale, c’est vrai, mais notre constitution ne fait aucune restriction pour les manifestations au Tchad. La liberté de manifester est reconnu dans la constitution. Il n’y a pas de raison qu’on nous dise pour une raison ou pour une autre qu’on ne manifeste pas.

C’est un abus, et en plus, en période de campagne, on ne peut pas être sélectif, demander à certains de faire des manifestations parce qu’ils sont en campagne, et à d’autres, qui contestent cette même campagne, de ne pas faire de manifestation. Nous pensons que toutes ces mesures visent à nous intimider, à nous empêcher de nous exprimer, à nous empêcher de revendiquer", a déclaré à VOA Afrique Michel Barka, dénonçant par ailleurs le silence de la communauté internationale : "(…) les libertés les plus élémentaires sont bafouées sous le nez de la communauté internationale(…)".

Mardi, Amnesty International, a dénoncé l'arrestation des leaders de la société civile qui "envoie un signal préoccupant", à moins de trois semaines de la présidentielle, et a réclamé leur "libération immédiate et sans condition".

Idriss Deby Itno, arrivé au pouvoir par la force en 1990, et candidat à un cinquième mandat, affrontera 13 autres candidats.

Avec AFP

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