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Tchad : des militants de la société civile réclament leur incarcération en solidarité avec leurs leaders écroués


Idriss Deby, le président du Tchad

Idriss Deby, le président du Tchad

Une vingtaine de militants de la société civile tchadienne se sont rendus samedi à la maison d'arrêt de N'Djamena, pour demander leur incarcération en solidarité avec quatre de leurs leaders qui y sont écroués depuis jeudi.

Les militants sont restés dans le calme plusieurs heures devant l'entrée du bâtiment et ont essuyé un refus catégorique du directeur de l'Administration pénitentiaire tchadienne, Adoum Guet, présent sur place.

"La loi nous interdit de garder quelqu'un en prison sans un mandat de dépôt", a-t-il lancé aux protestataires. Après plusieurs heures de tractations, les militants ont accepté de quitter les lieux contre la promesse de rencontrer le procureur de la République et le médiateur national pour évoquer le cas des détenus.

Arrêtés dans la semaine, les quatre dirigeants de la société civile sont accusés "de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d'atteinte à l'ordre public et opposition à l'exercice d'une autorité légitime", après avoir appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Déby Itno à un cinquième mandat lors de la présidentielle prévue le 10 avril.

Le porte-parole de la coalition "Ça suffit", Mahamat Nour Ahmed Ibedou, a d'abord été arrêté lundi "pour avoir distribué des tracts appelant à une marche pacifique" le mardi, d'après une source policière.

Le lendemain, le secrétaire général de l'Union des syndicats du Tchad (UST), Younous Mahadjir, et le porte-parole du mouvement Iyina ("On est fatigués", en arabe dialectal tchadien), Nadjo Kaina Palmer, ont été à leur tour arrêtés.

Autre figure connue pour la défense des droits de l'Homme, la porte-parole de la coalition "Trop c'est trop", Céline Narmadji, a été arrêtée mercredi, toujours de source policière.

Un appel à la grève générale lancé par l'UST pour exiger leur libération a été largement suivi vendredi à N'Djamena.

Le régime tchadien, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d'un mouvement de lycéens qui dénonce depuis le 15 février le viol d'une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires. Deux lycéens ont été tués par la police et l'armée au cours de ces manifestations.

M. Deby Itno, arrivé au pouvoir par la force en 1990, affrontera 13 autres candidats à l'élection.

Avec AFP

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