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Grève contre les salaires impayés à l'approche de l'investiture de Déby


Le président Idriss Déby Itno du Tchad, 20 avril 2016

Le président Idriss Déby Itno du Tchad, 20 avril 2016

La crispation sociale est montée d'un cran au Tchad avec une grève dans le secteur public, s'ajoutant à la tension politique maintenue depuis avril par l'opposition qui conteste la réélection du président Déby.

L'Union des syndicats tchadiens (UST) a lancé "un arrêt de travail dès mardi dans tout le secteur public avec un service minimum dans les hôpitaux" pour cause de salaires de juin impayés, alors que l'Etat subit la chute des cours du pétrole.

"Si rien n'est fait, l'UST tiendra pour responsable le gouvernement de tout ce qui adviendra", avertit le syndicat dans un communiqué, exigeant "le paiement immédiat et sans condition" des salaires. La grève est "illimitée", a indiqué à l'AFP un responsable de l'UST.

A l'hôpital général de N'Djamena, les services tournaient au ralenti en dehors des urgences, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette grève intervient alors que l'opposition politique a appelé dimanche les Tchadiens "à répondre aux mots d'ordre qu'elle va lancer" d'ici la nouvelle investiture du président Idriss Deby Itno le 8 août.

Au pouvoir depuis 1990, le président Deby, 64 ans, a été réélu en avril au premier tour pour un cinquième mandat avec 61,56% des voix. L'opposition dénonce "un hold up électoral", demande un nouveau scrutin et exhorte la communauté internationale à reconnaître "la nature dictatoriale" du régime.

Le Tchad est un allié de la France et des Occidentaux dans la lutte contre les groupes jihadistes dans la région. La capitale N'Djamena accueille le QG de l'opération militaire française Barkhane.

Le Tchad, pays pétrolier de 12 millions d'habitants, subit une chute de ses recettes liée à l'effondrement des cours du brut. "En 2016, le PIB réel devrait connaître une décélération accentuée", selon le FMI.

Avec AFP

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