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Trente-quatre civils tués dans l'attaque d'un village dans le Nord-Kivu en RDC


Un membre de la milice Hutu, en République démocratique du Congo, le 4 avril 2012.

Un membre de la milice Hutu, en République démocratique du Congo, le 4 avril 2012.

Trente-quatre civils ont été tués dimanche dans l'attaque d'un village par une milice nande dans une zone de l'Est de la République démocratique du Congo, théâtre d'affrontements récurrents entre ces deux communautés.

Il s'agit du massacre le plus meurtrier depuis un an environ que des heurts interethniques, liés surtout à des querelles foncières, agitent le centre-est de la province du Nord-Kivu, déchirée par la violence des conflits depuis plus de vingt ans.

L'attaque a visé le village de Luhanga, dans le sud du territoire de Lubero. "Le bilan provisoire fait état de 34 civils tués", a déclaré à l'AFP Joy Bokele, administrateur de ce territoire.

"Le village de Luhanga a été attaqué vers 5h00 du matin par des maï-maï Mazembe", a déclaré M. Bokele, joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu.

"Ils ont commencé à attaquer la position des FARDC (l'armée congolaise). Pendant qu'ils attaquaient les FARDC, un autre groupe exécutait la population à l'arme blanche ou par balles", a-t-il ajouté.

Les maï-maï Mazembe sont un groupe d'"autodéfense" nande. Un des assaillants a été tué, a encore déclaré M. Bokele.

Selon une source à la 34e Région militaire basée à Goma, "si l'armée n'était pas intervenue, il y aurait eu beaucoup plus de morts".

Le Centre d'étude pour la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l'Homme (Cepadho), ONG basée dans le nord du Nord-Kivu, affirme de son côté que "les assaillants ont opéré pendant plus d'une heure".

Les "miliciens à la recherche des membres de la communauté hutu se sont livrés à un véritable carnage avant de procéder à l'incendie complet du village", ajoute le Cepadho dans un communiqué.

Migrants hutu

Le Cepadho affirme par ailleurs disposer d'informations selon lesquelles "les maï-maï Mazembe auraient proféré maintes fois des menaces contre les Hutu au cours de la semaine, leur demandant de vider le Sud-Lubero (ou) de s'exposer à l'épuration".

"Considérant la gravité de la situation", le Cepadho appelle le gouvernement de Kinshasa et la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) "à une action urgente pour arrêter ces violences ethniques", disant craindre que celles-ci n'entraîne toute la province du Nord-Kivu dans un nouveau cycle infernal.

Les violences entre Nande et Kobo d'un côté et Hutu de l'autre ensanglantent le sud du territoire de Lubero et les confins nord du territoire de Walikale depuis environ un an, sur fond de reconquête de l'espace par l'armée congolaise et des milices maï-maï au détriment des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Ces combats contre les FDLR ont provoqué de nombreux déplacements de population, toutes ethnies confondues.

Une fois le calme revenu, et les FDLR partis, des tensions apparaissent entre Nande et Kobo, d'un côté, qui se considèrent comme les autochtones, et les Hutu perçus comme des étrangers et souvent des collaborateurs des rebelles rwandais, lesquels sont accusés de s'être rendus coupables de nombreuses atrocités ou violations graves des droits de l'Homme.

De plus, Nande et Kobo expriment une crainte face à ce qu'ils perçoivent comme une invasion hutu alors que des milliers de membres de cette communautés migrent du sud vers le nord de la province - une des plus densément peuplée du Congo - à la recherche de terres.

L'origine de cette migration est liée à la pression foncière qui contraint nombre de petits agriculteurs à abandonner leurs champs à de grands propriétaire terriens et à la fermeture récente de nombreux camps de déplacés décidée par les autorités du Nord-Kivu.

Avec AFP

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