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Plus de 1.500 personnes arrêtées dans le cadre de l'état d'urgence en Ethiopie


Quelques personnes marchent le long d’une rue à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, 9 juin 2005.

Quelques personnes marchent le long d’une rue à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, 9 juin 2005.

Un communiqué du gouvernement éthiopien précise que 1.500 personnes ont été arrêtées depuis l'instauration de l'état d'urgence dans ce pays, le 9 octobre, à la suite de la flambée de violences de ces dernières semaines.

Selon le communiqué du "poste de commandement" instauré par l'état d'urgence, diffusé jeudi par la radio gouvernementale Fana, 1.120 personnes ont été arrêtées dans les villes de Shashemene et West Arsi (sud de la capitale, Addis Abeba) dans le cadre d'une enquête pour "violences" et "dommages matériels" dans cette région.

302 personnes ont également été arrêtées dans la ville de Guji et 110 dans la zone de Kelem Wolega, et des centaines d'armes "dérobées" par les manifestants ont été saisies par les autorités, a-t-on ajouté de même source.

Ces différentes villes sont situées dans la région oromo (centre et ouest), où a débuté en novembre 2015 un mouvement de contestation antigouvernementale sans précédent depuis 25 ans, qui s'est étendu depuis l'été 2016 à la région amhara (nord) et dont la répression a déjà fait plusieurs centaines de victimes, selon les organisations de défense des droits de l'homme.

Oromo et Ahmara représentent les deux principales ethnies du pays et forment plus de 60% de la population en Ethiopie. Les contestataires dénoncent la domination sans partage de la coalition au pouvoir depuis 25 ans et ce qu'ils estiment être une surreprésentation de la minorité des Tigréens aux postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité.

Une cinquantaine de commerçants et enseignants ont également été interpellés dans les villes de Gondar et Bahir Dar en région Amhara (nord), selon le même communiqué, pour "déni de service consécutif à la fermeture de leurs commerces" et "appel à la grève".

Aucun incident d'envergure n'a été signalé dans les régions Oromo et Amhara depuis l'instauration de cet état d'urgence. Une équipe de l'AFP qui s'est rendue mercredi en région Oromo dans les environs de la ville d'Adama a constaté une situation calme et une forte présence militaire.

Le gouvernement éthiopien a annoncé une trentaine de mesures dans le cadre de cet état d'urgence, imposant de sévères restrictions aux déplacements dans le pays et interdisant la consultation de certains médias d'opposition basés à l'étranger.

La liste publiée inclut également un couvre-feu entre 18h00 et 06h00 autour d'"intérêts économiques" stratégiques tels que les usines, fermes agricoles et institutions gouvernementales. Plusieurs entreprises étrangères ont été prises pour cible par les manifestants au cours des dernières semaines.

Avec AFP

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