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Elections en RDC en novembre 2018, selon la CENI

  • Eddy Isango

Edem Kodjo, facilitateur du dialogue national en RDC, 1er septembre 2016.

Edem Kodjo, facilitateur du dialogue national en RDC, 1er septembre 2016.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) congolaise a déclaré que l’élection présidentielle pourrait se tenir 504 jours après le 31 juillet 2016, date du début de l’opération de refonte du fichier électoral.

Corneille Nangaa a fait une présentation samedi au dialogue national dont les travaux butent sur la nouvelle date de la présidentielle.

Selon sa présentation, le scrutin présidentiel pourrait avoir lieu 504 jours après le 31 juillet 2016, soit en novembre 2018. La date ne réunit pas l’assentiment de toutes les parties.

La CENI compte à partir du 31 juillet 2016, date à laquelle elle a lancé l’opération de refonte du fichier électoral commençant par l'enrôlement des électeurs.

M. Nangaa a justifié cette longueur de temps par l’option prise au dialogue de tenir les élections présidentielle, législatives et locales le même jour.

"La convocation de l'électorat pour les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017", a affirmé le président de la CENI, précisant que "cette convocation coïncidera avec l'inscription des candidatures".

M. Nangaa a souligné que son institution a besoin d’au moins 504 jours à partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liées à l'organisation simultanée de ces élections.

La frange de l’opposition qui prend part au dialogue rejette l’option. Elle exige un délai plus court, refuse de signer le projet d’accord qui leur est proposé, exigeant que le texte comporte une date précise de la présidentielle et stipule clairement que le président Joseph Kabila ne se représentera pas à un troisième mandat comme l’indique la Constitution.

"La CENI doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu'elle veut", a réagi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l'opposition au "dialogue national". "Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n'attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018", a martelé l'opposant.

L’opposition dans son ensemble estime la CENI doit se baser sur les avis des experts de l'OIF et de l'ONU selon lesquels il faut à la CENI six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins.

La question fait débat. La majorité présidentielle et le président de la CENI martèlent que "la publication du calendrier est une compétence exclusive" de la centrale électorale.

Les travaux du dialogue ont repris vendredi 10 jours après les affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui réclamaient la tenue de la présidentielle au 19 décembre 2016 et le départ du président Kabila du pouvoir à cette date comme le prévoit de la Constitution.

Au dialogue, pouvoir et opposition ont décidé d’engager des négociations directes sur cette question, après la présentation de la CENI.

L’Eglise catholique mais aussi la société civile avaient suspendu leur participation à ces assises, affirmant seul un dialogue incluant le Rassemblement, plate-forme regroupant les ténors et la grande partie de l’opposition, sous la direction d’Etienne Tshisekedi, peut réellement décrisper la tension qui prévaut dans le pays.

Le Rassemblement se dit aussi ouvert au dialogue mais récuse le facilitateur désigné par l’Union africaine, Edem Kodjo.

Entre 32 morts, selon la police, et plus 100 ont été enregistrés lors des violences du 19 et 20 septembre dernier.

La Constitution de la RDC prévoit la convocation de l’électorat en vue de la présidentielle au 19 septembre et la tenue-même du scrutin, avant au plus tard au 18 décembre. La CENI a sollicité le report de la présidentielle, elle soutient que le respect des délais constitutionnels sont impossibles pour des raisons techniques.

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