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Mali : nouveau code électoral avec une caution 2,5 fois plus élevée pour la présidentielle


Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta à l'Elysée le 27 juillet 2016. (Elysee.fr)

Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta à l'Elysée le 27 juillet 2016. (Elysee.fr)

Tout candidat à la présidentielle au Mali devra désormais payer de 25 millions de FCFA (plus de 38.000 euros) de caution pour faire valider sa candidature, selon un nouveau code électoral adopté au Parlement.

Ce montant est soit deux fois et demie le montant initial jusque-là exigé.

Le projet de loi a été adopté vendredi, ont rapporté aussi bien des parlementaires de la majorité présidentielle que de l'opposition.

Lors du vote, "il y a eu 78 (députés présents) favorables au texte, et 28 contre", a indiqué Aboulkassoum Touré, parlementaire membre de la majorité.

Dans ce nouveau texte, a ajouté M. Touré, "le montant de la caution pour l'élection présidentielle est désormais de 25 millions de FCFA (38.112 euros) par candidat", contre 10 millions de FCFA (12.245 euros) auparavant.

Le nouveau code autorise également l'organisation d'élections locales "décalées". "Si, à cause de la crise dans le Nord, on ne peut pas organiser des élections dans certaines circonscriptions, on les organise d'abord là où c'est possible", a-t-il expliqué.

Le texte stipule par ailleurs que "aucun sexe ne doit dépasser 70% des candidatures" aux élections. Selon Oumar Mariko, autre élu de la majorité, cette disposition représente "une petite avancée pour le respect de la loi du genre qui fait plus de place aux femmes".

Cependant, M. Mariko a précisé avoir voté contre le texte - comme d'autres élus de la majorité et certains de l'opposition - parce qu'il ne prenait pas en compte des amendements proposés "pour plus de démocratie".

Cette semaine, plusieurs partis avaient exprimé leurs réserves sur ce nouveau code électoral. Parmi eux, le parti de l'ex-Premier ministre malien Soumana Sacko, la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS), qui a fait savoir dans un communiqué qu'il regrettait l'augmentation de la caution pour la présidentielle, la jugeant discriminatoire.

La CNAS a aussi estimé que la possibilité d'organiser "le même scrutin (...) en des moments différents suivant les localités" contribuerait "à aggraver les risques de partition du pays".

Le Mali doit organiser le 20 novembre des élections municipales. Ces élections auraient dû se tenir en 2014 et ont été constamment repoussées en raison de l'instabilité au Mali.

Le nord du pays est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, alors que les attaques se sont étendues depuis 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

Avec AFP

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