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Mort d'Adama Traoré : sa famille réclame la prison pour des gendarmes


Des manifestants protestent contre la mort d’Adama Traore en garde à vue, à Val d'Oise, banlieue nord de Paris, 23 juillet 2016.

Des manifestants protestent contre la mort d’Adama Traore en garde à vue, à Val d'Oise, banlieue nord de Paris, 23 juillet 2016.

Les gendarmes qui ont arrêté Adama Traoré, mort le 19 juillet au cours de son interpellation en France, doivent être "mis en examen le plus rapidement possible" et écroués, ont soutenu des membres de sa famille devant la presse samedi à Beaumont-sur-Oise (nord de la France).

"On veut absolument que les gendarmes soient mis en examen le plus rapidement possible", a déclaré un des frères d'Adama, Lassana Traoré.

"Les gendarmes, on veut qu'ils aillent en prison", a renchéri sa sœur Assa.

La famille a organisé samedi un repas en plein air dans une ambiance familiale, au cœur du quartier Boyenval de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), une commune populaire du nord de Paris, où Adama Traoré, jeune d'origine malienne, a grandi.

Environ 200 personnes étaient présentes, a constaté l'AFP, dont beaucoup avaient revêtu un tee-shirt sur lequel on pouvait lire : "Justice pour Adama. Sans justice vous n'aurez jamais la paix."

Adama Traoré est mort le jour de ses 24 ans, le 19 juillet, alors qu'il venait d'être arrêté par les gendarmes lors d'une opération qui visait son frère Bagui, suspecté d'extorsion de fonds.

Deux autopsies n'ont pas relevé de traces de violences sur le corps du jeune homme, ni permis d'expliquer son décès. Des résultats d'analyses sont encore attendus.

Immédiatement qualifiée de "bavure" par son entourage, son décès avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise et dans les communes voisines, marquées par des tirs contre les forces de l'ordre et des véhicules incendiés.

Samedi, une centaine de gendarmes étaient mobilisés pour "encadrer à distance" le rassemblement, selon la préfecture du Val-d'Oise.

Les autorités craignent notamment la réaction d'habitants "traumatisés" par les violences de cet été.

La famille d'Adama Traoré, critique à l'égard de la conduite de l'enquête et de la communication du procureur de Pontoise, a demandé le dépaysement de l'affaire. La Cour de cassation a été saisie.

Lassana Traoré a dit attendre "avec impatience" la décision de la Cour afin que l'affaire soit reprise "honnêtement et sereinement".

Il a prévenu que la famille était prête à organiser "un maximum d'événements" pour faire entendre sa voix et "combattre la violence" des méthodes d'interpellation.

La mère d'Adama Traoré, Oumou, a remercié le président malien Ibrahim Boubacar Keïta de l'avoir reçue le mois dernier au Mali, où son fils a été enterré, pour lui présenter ses condoléances.

"Ça nous a beaucoup touché", a-t-elle déclaré. Avant de lancer un avertissement aux gendarmes : "Adama va les suivre jusque dans leur tombe".

Avec AFP

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