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Le dernier Premier ministre de Compaoré en liberté provisoire


L'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré à Paris avec François Hollande, le 18 septembre 2012.

L'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré à Paris avec François Hollande, le 18 septembre 2012.

Luc Adolphe Tiao, le dernier Premier ministre de l'ex-président burkinabè Blaise Compaoré, a bénéficié vendredi d'une liberté provisoire après plus de deux mois d'incarcération pour son rôle présumé dans la répression de l'insurrection populaire qui a chassé Compaoré du pouvoir en 2014, indique une source judiciaire.

"L'enquête est presque terminée et sa détention n'est plus nécessaire à la manifestation de la vérité", a indiqué à l'AFP un haut magistrat de la Haute Cour de justice qui a ordonné la libération.

M. Tiao, 62 ans, avait été inculpé et incarcéré le 16 septembre quelques jours seulement après son retour volontaire d'un an et demi d'exil en Côte d'Ivoire.

Ce journaliste de formation devenu ambassadeur en France puis Premier ministre du gouvernement de Blaise Compaoré d'avril 2011 jusqu'à sa chute le 30 octobre 2014 a été inculpé d'"assassinat, de coups et blessures volontaires et de complicité de tous ces actes" par la Haute Cour de justice.

M. Tiao et l'ensemble des 33 membres de son gouvernement y compris le président Blaise Compaoré - qui occupait en plus de la présidence les fonctions de ministre de la Défense - ont tous été mis en accusation en juillet 2015 devant la Haute cour par le Conseil national de la transition (CNT), l'assemblée intérimaire mise en place après la chute du régime de Blaise Compaoré, au pouvoir pendant 27 ans.

M. Tiao a été particulièrement visé pour avoir signé une "réquisition spéciale complémentaire" appelant "l'armée à assurer le maintien de l'ordre avec usage des armes" le 30 octobre, au premier jour des manifestations.

Au total, 33 personnes ont officiellement été tuées lors de ces manifestations. M. Tiao a été le seul incarcéré dans ce dossier. Les ministres de son gouvernement qui vivent au Burkina Faso ont tous été inculpés et laissés en liberté avec interdiction de quitter le pays.

La Haute Cour de justice a aussi inculpé plusieurs ministres pour des affaires de détournements de deniers publics. Elle a en revanche abandonné les poursuites pour "attentat à la Constitution" et "haute trahison" contre M. Compaoré qui reste inculpé par une autre juridiction - la justice militaire - pour son rôle présumé dans l'assassinat du président Thomas Sankara, le "père de la révolution burkinabè" tué en 1987.

Avec AFP

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