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Brazzaville demande le rappel de l'ambassadeur de l'UE


Le président Denis Sassou Nguesso du Congo assiste à la conférence internationale sur le virus Ebola au Palais d'Egmont à Bruxelles, Belgique, 03 mars 2015. epa/ JULIEN WARNAND

Le président Denis Sassou Nguesso du Congo assiste à la conférence internationale sur le virus Ebola au Palais d'Egmont à Bruxelles, Belgique, 03 mars 2015. epa/ JULIEN WARNAND

Les autorités congolaises ont demandé le rappel de l'ambassadeur de l'Union européenne à Brazzaville après les critiques de Bruxelles sur le scrutin ayant permis la réélection en mars du président Denis Sassou Nguesso, ont déclaré des responsables congolais et européen.

"Nous avons formellement écrit à Bruxelles pour rappeler son ambassadrice (Saskia de Lang, ndlr) qui mène un activisme contraire à la Convention de Vienne", a déclaré à l'AFP un responsable au ministère des Affaires étrangères congolais sous couvert d'anonymat.

Une note verbale en date du 9 mai a été adressée à Bruxelles, a-t-on précisé de même source. "C'est le ministre des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, qui l'a transmise personnellement aux autorités de l'UE à Bruxelles'', a-t-on ajouté.

"L'UE a répondu à Brazzaville en date du 17 mai'', indique-t-on à la délégation de l'Union à Brazzaville. Dans ce courrier, l'UE soutient sa représentante et note que "toute décision de votre part à son égard aura un impact sur la relation confiante entre le l'UE et le Congo''.

Néerlandaise et âgée de 59 ans, Mme de Lang est chef de la mission diplomatique de l'UE au Congo depuis 2014.

Du côté de l'Union européenne, on estime que la "dégradation des relations (entre Brazzaville et l'UE) peut s'expliquer par les prises de position de la Haute représentante de l'UE (pour la politique extérieure, Federica Mogherini) au sujet de la présidentielle (du 20 mars) au Congo''.

Jugeant le processus électoral peu crédible, l'UE avait renoncé à envoyer une mission d'observateurs pour ce scrutin, remporté par M. Sassou Nguesso avec plus de 60% des voix. Né en 1943, M. Sassou Nguesso cumule plus de 30 ans de pouvoir. Cinq candidats ayant formé un front commun contre lui ont qualifié les résultats de "forfaiture".

Après la validation des résultats début avril par la Cour constitutionnelle, Mme Mogherini avait publié une déclaration critiquant "les sérieuses insuffisances de la gouvernance électorale" au Congo.

"Le processus post-électoral a été marqué par des atteintes aux droits de l'Homme, arrestations et intimidations de l'opposition et des médias. Ceci met en question la crédibilité des résultats", ajoutait-elle.

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