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Le Burkina veut "interdire l"implication du militaire dans le politique"


Le président par intérim Michel Kafando vote à Ouagadougou, le 29 novembre 2015.

Le président par intérim Michel Kafando vote à Ouagadougou, le 29 novembre 2015.

Le président de la transition burkinabè Michel Kafando a mis en place mardi une commission de réforme de l'armée dont un des buts est d'"interdire définitivement l'implication du militaire dans la politique" de ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest coutumier des coups d'Etat.

En outre, cette commission formée d'une trentaine d'officiers supérieurs et d'officiers généraux vise au "renforcement de la bonne gouvernance" et "de la responsabilité" de l'armée, a indiqué M. Kafando.

"Il s'agira dans un délai de six mois (...)de faire des propositions réalistes, à même de lever les obstacles de construction d'une armée véritablement républicaine", a-t-il plaidé.

"Nous pensons que avec une commission composée uniquement d'officiers militaires, il y a vraiment de fort risque de le corporatif l'emporte sur la réalité de la nécessite de la reforme." Me Hervé Kam, porte-parole du mouvement balais citoyen.

"Durant les 27 ans de règne du régime précédent (de Blaise Compaoré,ndlr), les Forces armées nationales ont continué de perdre progressivement les valeurs qui fondent l'essence même d'une armée: discipline, cohésion, loyauté, intégrité éthique, respect de la hiérarchie, unicité du commandement", a souligné M. Kafando.

Pays pauvre d'Afrique de l'ouest, le Burkina, a connu une demi douzaine de coups d'Etat depuis son indépendance de la France en 1960. Six des huit présidents ayant dirigé le pays sont des militaires.

Cette forte implication des militaires dans la vie politique a souvent mis à mal la cohésion au sein de l'armée exacerbant les clivages entre jeunes soldats et officiers supérieurs, selon de nombreux observateurs. Le pays a enregistré au moins quatre mutineries depuis 1999.

L'armée a été également ces derniers mois mise à rude épreuve suite à l'insurrection populaire qui a mis fin au régime du président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir en octobre 2014 et surtout au putsch manqué du 17 septembre 2015.

La désapprobation populaire ainsi que le refus du coup d'Etat par une jeune génération d'officiers a permis d'enrayer le putsch. Une quarantaine de militaires ont été depuis arrêtés.

Une loi votée en avril oblige les militaires à démissionner de l'armée avant de s'engager en politique.

L'armée burkinabè compte environ 12.000 hommes. Roch Marc Christian Kaboré, ancien baron du régime Compaoré, a été élu le 29 novembre lors d'élections présidentielle et législatives dont la transparence a été saluée et qui doivent mettre le pays sur les rails de la démocratie.

Mais les organisations de la société civile restent sceptiques sur la composition de cette commission.

Avec AFP

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