Liens d'accessibilité

La Somalie émet de "sérieuses réserves" face à la fermeture annoncée du camp de Dadaab


Un enfant devant une hutte dans un camp de réfugiés de Dadaab le 9 juillet 2012.

Un enfant devant une hutte dans un camp de réfugiés de Dadaab le 9 juillet 2012.

Le gouvernement somalien a exprimé ses "sérieuses réserves" face à la volonté du Kenya de fermer le camp de réfugiés de Dadaab, le plus grand au monde, estimant que forcer les réfugiés à rentrer dans leur pays contre leur volonté serait un "échec moral".

Le ministère somalien des Affaires étrangères (FRS) a exprimé dans un communiqué "ses sérieuses réserves" face à l'annonce par le Kenya de la dissolution de l'organisme gouvernemental en charge des réfugiés (DRA) et de sa volonté de fermer le camp de Dadaab, situé dans l'est à la frontière somalienne.

"Cette décision affectera négativement la majorité des réfugiés somaliens qui sont hébergés dans les deux camps et rendra la menace terroriste encore plus forte, et non moindre, étant donné la situation instable que cette décision soudaine et les actions à venir causeront", a ajouté le FRS.

Plus grand camp de réfugiés au monde, Dadaab accueille environ 344.000 personnes, dont 328.000 Somaliens, selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). Kakuma héberge 181.000 personnes, dont 55.000 Somaliens.

Le Kenya n'a pas caché que les Somaliens étaient les premiers visés par cette mesure. Il reproche au camp de Dadaab en particulier de servir de refuge aux islamistes radicaux somaliens shebab, qui ont mené plusieurs attaques d'ampleur au Kenya ces dernières années.

En 2013, les gouvernements kényan et somalien avaient signé avec le HCR un "accord tripartite" destiné à faciliter le retour volontaire des réfugiés somaliens dans leur pays. Mais quelques milliers seulement ont choisi cette voie.

Pour le gouvernement somalien, renoncer à cet accord et rapatrier les réfugiés somaliens en Somalie ou les déplacer dans un pays tiers serait "un échec légal et moral de la part du Kenya".

"Expulser des réfugiés somaliens vulnérables au moment où la Somalie fait des progrès, reconnus par la communauté internationale, vers la stabilité et la mise en place d'institutions, ne fera qu'augmenter le risque d'insécurité dans la région", a encore estimé le FRS.

Le HCR et de nombreuses ONG travaillant dans les camps ont dénoncé la décision du gouvernement kényan estimant que le rapatriement forcé des réfugiés était contraire aux conventions internationales.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG