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Norvège : une ONG condamnée à dédommager un ex-employé enlevé au Kenya


Des travailleurs humanitaires de la Norwegian Refugee Council (NRC) après leur libération, sont accueillis par leurs collègues à leur descente d’un hélicoptère à l'aéroport Wilson du Kenya Air Force, à Nairobi, 2 juillet 2012.

Des travailleurs humanitaires de la Norwegian Refugee Council (NRC) après leur libération, sont accueillis par leurs collègues à leur descente d’un hélicoptère à l'aéroport Wilson du Kenya Air Force, à Nairobi, 2 juillet 2012.

La justice norvégienne a condamné mercredi une ONG à dédommager un ex-employé enlevé en 2012 au Kenya, une affaire qui pourrait faire jurisprudence concernant la responsabilité des organisations humanitaires pour leurs collaborateurs sur le terrain.

Reconnu coupable de "négligence grave", le Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) devra verser près de 4,4 millions de couronnes (environ 479.000 euros) de réparations financières au Canadien Steven Dennis ainsi que 1,2 million de couronnes de frais judiciaires, a décidé le tribunal d'Oslo.

M. Dennis, 40 ans, avait été blessé par balle et enlevé quand son convoi avait été attaqué lors d'une mission à Dadaab dans l'est du Kenya. Un chauffeur avait aussi été tué.

Le travailleur humanitaire avait ensuite été retenu captif, avec trois collègues, pendant quatre jours en Somalie voisine jusqu'à ce qu'un groupe pro-gouvernemental les libère.

Souffrant notamment de stress post-traumatique et de séquelles physiques, M. Dennis exigeait 7 millions de couronnes du CNR et que celui-ci, qui avait renoncé à une escorte armée la veille du départ du convoi, soit condamné pour "négligence grave".

Le tribunal lui a donné raison sur ce point.

"Les employés n'ont pas été informés suffisamment tôt des changements décidés concernant les mesures de sécurité et qu'ils étaient par conséquent exposés à des risques accrus", a estimé la juge.

"Les décideurs ont ainsi fait preuve de négligence grave tant dans le choix des mesures de sécurité que dans le fait que les employés n'aient pas été informés" des risques accrus, a-t-elle ajouté.

Très attendu dans les milieux humanitaires, le verdict pourrait faire date dans la mesure où il établit clairement la responsabilité des ONG dans la sécurité de leurs personnels déployés sur le terrain.

Avec AFP

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