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La RDC au "bord de la guerre civile", estime Ayrault


Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, 19 septembre 2016, at U.N. headquarters.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, 19 septembre 2016, at U.N. headquarters.

Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que la République démocratique du Congo était "au bord de la guerre civile" et invité une nouvelle fois le président sortant Joseph Kabila à ne pas se représenter.

"La République démocratique du Congo est un très grand pays, avec énormément de potentiel économique, humain, mais au bord de la guerre civile (...) parce qu'il y a un président qui est en place et qui veut garder sa place alors qu'il n'a plus le droit de se représenter", a dit M. Ayrault devant les étudiants de l'École des affaires internationales de Sciences-Po à Paris.

La capitale congolaise, Kinshasa, a été secouée les 19 et 20 septembre par des violences entre forces de sécurité et membres de l'opposition ou jeunes exigeant le départ de M. Kabila, dont le mandat expire fin décembre.

Le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a annoncé mardi que ces affrontements avaient fait au moins 53 morts (49 civils et 4 policiers).

La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l'État ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

"Avec la communauté internationale, la France joue son rôle pour tout faire pour que le dialogue national ait lieu (..) pour que la date des élections soit fixée et pour que le président sortant, dont on garantira la sécurité - bien entendu il ne s'agit pas que cela se déroule dans la violence - annonce clairement qu'il ne se représente pas", a ajouté M. Ayrault.

"Sincèrement, qui lui a demandé une protection ?" a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, en réaction à ces propos.

"Qu'il sache que nous ne sommes ni le Soudan du Sud ni la Libye. Avec Lumumba, nous avons déjà payé" le prix de l'ingérence étrangère, a ajouté M. Mende, en faisant référence au héros de l'indépendance congolaise, Partice-Emery Lumumba, éphémère Premier ministre assassiné en 1961.

"Il y a quelque chose qui se trame contre ce pays", a ajouté M. Mende.

M. Mende avait déclaré le 22 septembre que son gouvernement avait été "choqué" par les propos du président français François Hollande, qui avait accusé l'État congolais de s'être rendu coupable "d'exactions" contre son peuple les 19 et 20 septembre à Kinshasa.

C'est "à se demander si la RDC (est) devenue un nouveau département d'outre-mer issu de nouvelles conquêtes de l'Hexagone", avait-il ajouté en faisant déjà référence au chaos qui règne en Libye depuis l'intervention militaire étrangère dans ce pays en 2011 à l'initiative de la France.

Avec AFP

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