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La Monusco proteste suite aux menaces contre un journaliste congolais


Des prisonniers vus au tribunal au Centre pénitentiaire de Makala à Kinshasa, 18 décembre 2012.

Des prisonniers vus au tribunal au Centre pénitentiaire de Makala à Kinshasa, 18 décembre 2012.

Un journaliste de la radio Okapi, émettant pour les Nations unies en RDC, a été victime des "menaces et intimidations" en plein exercice de son métier à la prison centrale de Makala à Kinshasa, selon la mission de l'ONU dans ce pays.

"Après avoir suivi la procédure requise pour une couverture médiatique d'usage en prison, le journaliste de Radio Okapi qui souhaitait couvrir le procès des présumés auteurs des événements du 19 et 20 septembre s'est vu intimidé, menacé et séquestré par les responsables de la sécurité de la prison l'accusant de violation d'un site stratégique alors qu'il interviewait un avocat commis à la défense des dits détenus", a déclaré Félix-Prosper Basse, porte-parole de la Monusco, dans une conférence de presse.

"La Monusco proteste fermement contre ce comportement qui va à l'encontre du respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales", et "appelle les autorités compétentes [à assurer] particulièrement la sécurité des journalistes dans l'exercice de leur fonction", a-t-il ajouté.

"C'est du n'importe quoi. On a même été gentil, on n'a pas confisqué son matériel", a réagi un haut responsable de la prison de Makala, interrogé par l'AFP.

Le journaliste de la Radio Okapi "est entré en prison comme tout le monde et on était surpris de le voir dans la cour en train interviewer des prisonniers", a-t-il dit.

Les 19 et 20 septembre, Kinshasa avait été secouée par des violences - ayant fait d'une trentaine à une centaine de morts, selon les sources - entre les forces de sécurité et des manifestants d'opposition qui exigeaient le départ du président Joseph Kabila, dont le mandat expire le 20 décembre

Au premier jour des manifestations, huit journalistes avaient été malmenés par les forces de l'ordre, selon le décompte d'une ONG congolaise de défense de la presse.

Au moins 54 personnes ont déjà été "auditionnées et condamnées à trois ans de prison pour pillage et destruction de bien" de suite de ces manifestations, a indiqué M. Basse.

La RDC est minée par une crise politique profonde liée au report de la présidentielle devant se tenir cette année: la Constitution interdit au président Kabila (au pouvoir depuis 2001) de se représenter.

La RDC occupe la 152e place sur 180 dans le classement mondial 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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