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HRW dénonce de nouveau les "centres de transit" pour pauvres au Rwanda


Vue de Kigali (VOA/ Nicolas Pinault).

Vue de Kigali (VOA/ Nicolas Pinault).

Le Rwanda poursuit sa politique de détention arbitraire d'enfants des rues, indigents et vendeurs à la sauvette dans des "centres de transit" répartis dans le pays et où les mauvais traitements sont monnaie courante.

Intitulé "Rwanda: enfermer les pauvres", ce rapport est le second sur le sujet publié par l'organisation de défense des droits de l'Homme, après celui de septembre 2015 où Human Rights Watch réclamait la fermeture du centre de Gikondo, à Kigali.

"De nouvelles recherches indiquent que les autorités ont apporté peu de changements dans un centre à Gikondo, situé dans la capitale Kigali (...) et que des traitements dégradants similaires sont courants dans d'autres centres de transit" du pays, qui en compterait au moins 28, selon HRW.

"Des dizaines de personnes, y compris des sans-abri, des vendeurs ambulants, des enfants des rues et d'autres personnes pauvres, sont arrêtées dans les rues et détenues dans des 'centres de transit' ou des 'centres de réhabilitation' pendant des périodes prolongées. Les détenus y manquent de nourriture, d'eau et de soins médicaux appropriés, subissent des passages à tabac fréquents et sortent rarement des pièces sales et surpeuplées où ils sont confinés", poursuit l'organisation de défense des droits de l'Homme, sur la foi de témoignages recueillis courant 2016.

Sollicité par HRW, le ministère rwandais de la Justice, dans un courrier daté du 5 juillet, "a déclaré qu'il continuait de se renseigner 'pour s'assurer qu'il n'y ait pas de violations des droits humains dans les centres de transit au Rwanda' et qu'il avait été assuré qu'aucun incident de mauvais traitements n'a eu lieu" dans les centres de Muhanga, Huye ou Mudende, a rapporté l'ONG.

Lors de la publication du précédent rapport, le gouvernement avait défendu sa "politique de rééducation plutôt que d'incarcération", ajoutant que cette politique avait donné des résultats par le passé et qu'elle "continuera à fonctionner dans l'avenir".

HRW souligne dans son rapport que l'arrestation de personnes pauvres "s'inscrit dans le cadre d'une politique gouvernementale officieuse visant à dissimuler la présence de personnes +indésirables+, et tranche avec les efforts importants du gouvernement rwandais pour réduire la pauvreté".

Avec AFP

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