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Gabon : des divisions éclatent au sein du parti au pouvoir avant la présidentielle


Le président Ali Bongo. Son élection avait été vivement contestée par l'opposition.

Le président Ali Bongo. Son élection avait été vivement contestée par l'opposition.

Des divisions ont éclaté au sein du parti au pouvoir avant la présidentielle au Gabon prévue au second semestre 2016, plusieurs caciques du régime ayant annoncé jeudi leur intention de présenter un candidat face au président sortant Ali Bongo Ondimba.

Une quinzaine de députés et d'anciens ministres du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) rassemblés au sein du courant baptisé "Héritage et modernité" (H et M) ont réuni lors d'un grand meeting à Libreville, outre les dissidents internes au parti, de nombreux leaders de l'opposition et figures de la société civile, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le chef de file du courant "H et M", le député et ancien ministre Alexandre Barro Chambrier, a dénoncé l'"auto-investiture" du président Bongo, qui a annoncé le 29 février sa candidature à un deuxième mandat, alors que selon lui, "c'est la base, ce sont les militants qui doivent choisir".

Ali Bongo "a un bilan calamiteux (...) Il veut faire un passage en force et créer un climat de terreur" à l'approche de l'échéance électorale, a ajouté M. Barro Chambrier, affirmant que le président "constitue aujourd'hui une menace pour la stabilité politique et sociale du pays".

"Le PDG n'est pas un patrimoine privé (...) c'est un patrimoine commun. C'est pourquoi nous avons décidé de prendre notre part de notre héritage pour créer à partir d'aujourd'hui une aile du PDG appelée "PDG Héritage et Modernité", a ensuite affirmé un autre député du mouvement, Michel Menga Messone.

"Le +PDG/H et M+ aura son candidat", a déclaré le parlementaire, sans toutefois dévoiler de nom.

"Nous invitons donc tous ceux qui sont épris de vérité, tous ceux qui partagent les idées que nous défendons à nous suivre", a-t-il ajouté, invitant "ceux qui sont encore tapis dans l'ombre du PDG" et la population en général à ne "pas avoir peur".

Mercredi, un communiqué du PDG avait annoncé l'exclusion d'Alexandre Barro Chambrier, Michel Menga et Jonathan Bignoumba, du parti au pouvoir, une décision jugée irrégulière par les principaux intéressés.

Depuis l'accession au pouvoir d'Ali Bongo en 2009, à la suite du décès de son père Omar Bongo, plusieurs anciens caciques du régime ont démissionné avec fracas du PDG, à l'instar de Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union africaine passé dans l'opposition, qui a déjà annoncé sa candidature à la présidentielle.

Avec AFP

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