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Biens mal acquis : le président congolais contre-attaque et porte plainte contre X


Denis Sassou Nguesso, Tunisie, 22 janvier 2015

Denis Sassou Nguesso, Tunisie, 22 janvier 2015

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, visé en France par une enquête sur le patrimoine immobilier de sa famille, a annoncé avoir contre-attaqué sur ce dossier en portant "plainte contre X" à Paris.

"Nous, Denis Sassou Nguesso, Chef de l'État du Congo, déclarons avoir chargé Maitre Viala, avocat à la cour à Paris, de déposer plainte contre X, pour tentative d'escroquerie au jugement dans l'affaire dite des biens mal acquis, qui nous oppose à l'association Transparency" International, indique un court communiqué dactylographié signé du président congolais.

Cette plainte a été déposée "il y a plus d'un mois", précise le texte remis à l'AFP à Brazzaville qui ajoute: "Nous avons pleine confiance en la justice française pour mener à bien les investigations nécessaires".

M. Sassou Nguesso estime que les pièces sur lesquelles est fondée la plainte le visant, lui et sa famille, "ne sont pas conformes à la réalité", a déclaré Me Viala, joint au téléphone par l'AFP.

Selon une source judiciaire, la plainte a bien été reçue au parquet de Paris. Celui-ci dispose de trois mois pour décider de la transmettre ou non à un juge d'instruction.

"Si (cette plainte) aboutit, a affirmé Me Viala, elle fera tomber l'intégralité des dossiers" concernant tous les chefs d'État africains dans l'affaire des "biens mal acquis".

M. Sassou et sa famille sont visés depuis 2009 en France par une enquête sur leur patrimoine français. Cette instruction a été déclenchée par une plainte de l'ONG de lutte contre la corruption Transparency International, qui soupçonne le chef de l'État congolais d'avoir "détourné, à son profit et au profit de sa famille et de son clan, une partie substantielle de la rente pétrolière" du Congo-Brazzaville.

Cette affaire des "biens mal acquis" vise également les familles de plusieurs dirigeants africains comme Teodoro Obiang (Guinée-Équatoriale), le défunt Omar Bongo (Gabon) et le président centrafricain déchu François Bozizé.

Né en 1943, M. Sassou Nguesso, qui cumule près de 32 années à la tête du Congo, est candidat à un troisième mandat à l'élection présidentielle du 20 mars grâce à un changement de Constitution validé en octobre par référendum et lui permettant de se représenter.

De passage à Paris début octobre, le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Moungalla, avait estimé que l'enquête visant M. Sassou en France était une "immense manipulation" destinée à le "discréditer".

Avec AFP

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