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La justice marocaine relâche deux hommes condamnés pour homosexualité


L'article 489 du code pénal marocain condamne l'homosexualité.

L'article 489 du code pénal marocain condamne l'homosexualité.

Lors d'une nouvelle audience du procès d'un homme accusé d'avoir entretenu des relations homosexuelles, deux militantes Femen ont condamné la pénalisation de l'homosexualité au Maroc.

La justice marocaine a décidé de remettre en liberté deux hommes condamnés pour homosexualité à l'issue de procès qui se sont tenus sur fond de polémique dans un pays où l'homosexualité est considérée comme un délit et passible de prison.

Une nouvelle audience du procès d'un homosexuel et de trois de ses agresseurs s'est tenue dans la ville marocaine de Beni Mellal (centre), où deux militantes Femen ont été interpellées puis expulsées pour avoir protesté contre la pénalisation de l'homosexualité.

Les faits jugés remontent au 9 mars lorsque plusieurs jeunes gens avaient fait irruption dans un appartement de Beni Mellal et agressé deux homosexuels, dont l'un a été arrêté le jour même et le second le 25 mars, de même que quatre agresseurs.

Selon un photographe de l'AFP, un des agresseurs a écopé de six mois de prison ferme et un autre de quatre mois ferme tandis que deux autres ont été relaxés. Un cinquième devait comparaître mercredi devant un tribunal pour mineurs.

L'homosexualité condamnée par le code pénal marocain

C'est également le 25 mars qu'une vidéo de l'agression avait été diffusée sur YouTube, montrant les deux hommes dénudés, le visage en sang, se faire violemment agresser avant d'être traînés dans la rue.

La violence de cette agression homophobe et le procès intenté aux deux victimes ont soulevé un tollé dans une partie du milieu associatif marocain, qui réclame l'abrogation de l'article 489 du code pénal.

Cet article criminalise "les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe".

Dans le procès de Beni Mellal, un homme âgé d'une trentaine d'années est jugé pour "déviance sexuelle" alors que trois agresseurs sont accusés "d'entrée par effraction, de recours à la violence et de port d'armes".

Des habitants de la ville se sont encore rassemblés lundi devant le tribunal pour réclamer la libération des agresseurs.

Deux militantes Femen expulsées du Maroc pour avoir protesté​

Deux militantes du mouvement Femen ont tenté de poser seins nus devant le tribunal, avant d'être rapidement interpellées par des policières, a déclaré à l'AFP Hussein Harchi, représentant de l'Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante).

Il s'agit de deux Françaises, que les autorités ont décidé d'expulser du Maroc "pour tentative de mener des actes portant atteinte aux bonnes moeurs et à la morale publique", selon un communiqué de la préfecture de Beni Mellal-Khénifra reproduit par l'agence officielle MAP.

"FEMEN demande au Maroc de libérer les personnes emprisonnées du fait de leur simple orientation sexuelle, d'abolir ses lois homophobes afin de protéger les libertés individuelles de tous ses citoyens, et de respecter son engagement pris lors de la rédaction de sa Constitution en 2011, qui affirmait vouloir "bannir et combattre toute discrimination à l'encontre de quiconque" et ce en raison de "quelque circonstance personnelle que ce soit", a déclaré le groupe féministe sur leur page facebook Femen France pour dénoncer la pénalisation de l'homosexualité.

Sur son compte twitter, Inna Shevchenko, leader des Femen, a partagé une photographie de l'arrestation de l'une des protestantes :

Avec AFP

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