Liens d'accessibilité

Une équipe de Canal+ interpellée au Maroc en enquêtant sur une agression homophobe


Un agent de police circule sur une moto devant le Centre international de conférence à Skhirat, Maroc, 16 décembre 2015.

Un agent de police circule sur une moto devant le Centre international de conférence à Skhirat, Maroc, 16 décembre 2015.

Les journalistes filmaient dans le quartier où résident deux homosexuels victimes d’agression et dont le procès devait se tenir lundi, rapportent des médias locaux et un militant des droits de l'Homme.

L’équipe de journalistes de l'émission Le Petit Journal enquêtait sur une agression homophobe au Maroc. Elle était arrivée dimanche dans la ville de Beni Mellal (centre), où devait se tenir lundi le procès de six agresseurs et leurs victimes homosexuels, selon le site en ligne Qushq.

Un responsable de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) à Beni Mellal, Abdel Rahim Hajji, a confirmé à l'AFP l'arrestation des journalistes.

Le site Média 24 a affirmé pour sa part, en citant des personnes accompagnant l'équipe de Canal+, que les journalistes avaient été interrogés après leur interpellation.

Une source officielle non identifié citée par ce même site a précisé que l'équipe du Petit Journal avait été interdite de filmer car elle ne possédait pas l'autorisation spéciale nécessaire pour les équipes de télévision étrangères n'étant pas accréditées au Maroc.

Aucune confirmation n'a pu être obtenue auprès des autorités.

Selon un journaliste de Canal+, un journaliste et un cadreur préparaient un sujet sur les droits des homosexuels, et avaient déjà tourné à Casablanca et à Rabat.

A peine arrivés à Beni Mellal, les deux journalistes ont été "dénoncés par des habitants du quartier qui soutiennent les agresseurs". Ils n'avaient pas demandé d'autorisation, "qui ne s'obtiennent quasiment jamais, ou bien trop tard".

Pour cette raison, ils ont été arrêtés et ont passé une douzaine d'heures à la préfecture de Beni Mellal, avant d'être confiés à la police de l'aéroport de Casablanca. Ils ont passé la nuit sous surveillance à Casablanca avant d'être mis dans l'avion lundi matin, selon la même source.

Leur sujet passera lundi soir au Petit Journal.

Une vidéo de l'agression homophobe diffusée sur YouTube a été vue par des dizaines de milliers d'internautes. On y voit deux hommes dénudés, le visage en sang, se faire violemment agresser par un groupe de jeunes au milieu d'une salve d'insultes.

La violence de cet acte a soulevé un tollé dans le milieu associatif marocain. Plusieurs associations réclament l'abrogation de l'article 489 du code pénal selon lequel l'homosexualité est passible de trois ans de prison.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG