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Les Indignés de Bukavu réclament la convocation de l'électorat le 19 septembre en RDC


Quelques militants du mouvement réveil des indignés se retranchent devant le bureau de la société civile à 20 mètres du bureau de la CENI Bukavu où ils viennent de manifester, 24 août 2016. VOA/Ernest Muhero

Quelques militants du mouvement réveil des indignés se retranchent devant le bureau de la société civile à 20 mètres du bureau de la CENI Bukavu où ils viennent de manifester, 24 août 2016. VOA/Ernest Muhero

Un groupe de manifestants a envahi samedi les bureaux de la Commission électorale nationale indépendante à Bukavu, réclamant la convocation du corps électoral d’ici le 19 septembre comme prévu par la Constitution de la RDC.

Jeunes pour la plupart, les manifestants qui se réclament du mouvement citoyen "réveil des indignés" ont provoqué un concert dans l’institution chargée de l’organisation des élections.

En nombre réduit mais déterminés, ces jeunes ont transformé l’atmosphère paisible de ce lieu de travail en un vaste tintamarre.

Coup de sifflet strident, agitations saccadées sur des bidons jaunes contenant des cailloux improvisés en tambour, chacun s’est adonné furieux à ce concert des fous.

"Nous sommes devant le bureau de la CENI pour interpeller la CENI parce qu’il ne reste qu’un seul pour qu’elle convoque le corps électoral. Dans le cas contraire, nous serons obligés d’entreprendre les actions permises dans notre Constitution. La volonté populaire est que les élections s’organisent dans le délai constitutionnel", a affirmé sur VOA Afrique un militant du réveil des indignés, Amos Bisimwa.

" Article 73 ", " convoquer l’électorat 90 jours avant le 19 décembre 2016 ", " passation civilisée du pouvoir en 2016 gage de la stabilité en RDC " indiquaient les banderoles et affiches brandies par les manifestants.

Cette manifestation a eu lieu la veille de l’ouverture des travaux du comité préparatoire au dialogue national à Kinshasa.

"Nous exigeons les élections et rien que les élections. Il peut y avoir dialogue, conciliabules ou quoi que ce soit, mais la Constitution doit être respectée. On doit convoquer l’électorat pour que nous puissions avoir une passation civilisée du pouvoir à la date prévue par la Constitution et c’est ce que nous appelons alternance", a martelé Zozo Sakali, un autre indigné.

En réaction, le secrétaire exécutif provincial par intérim de la CENI au Sud-Kivu, Gustave Lungumbu, a appelé les manifestants au calme.

"C’est tout à fait légitime pour les citoyens de réclamer l’organisation des élections. Mais vouloir réclamer à une antenne locale, une activité qui doit se passer au niveau national, je crois que c’est mal indiqué. Les organisations de la société civile ont un cadre de concertation avec la CENI. Je crois que tout ce qui touche au processus électoral est décrypté, traité et examiné dans ce cadre de concertation. Le seul conseil que je peux leur donner : d’abord de s’apaiser. Rien ne peut s’obtenir dans les vacarmes. Parce que si aujourd’hui la CENI est engagée dans la révision du fichier électoral, c’est parce que ces mêmes organisations de la société civile, ces mêmes partis politiques l’ont bien voulu. Ils l’ont bien réclamé", a indiqué M. Lungumbu.

Le point de chute des manifestants était le bureau de coordination de la société civile où le groupe a lancé un message en direction de la communauté internationale.

"Nous lançons un appel à la communauté internationale d’accompagner la RDC, d’accompagner le peuple congolais dans cette lutte démocratique. Nous croyons que le pays puisse sombrer dans les troubles s’il n’y a pas élections", a soutenu Amos Bisimwa, un autre manifestant.

Pour Jolie Bange, une habitante de Bukavu, il faut davantage de volonté politique pour avoir des élections crédibles surtout que plusieurs questions restent sans réponses.

Reportage d’Ernest Muhero à Bukavu pour VOA Afrique

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