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Burundi : l’opposition menace de boycotter les élections


Des manifestants protestent avant d'ètre dispersés par la police é Mugongomanga, dans l'est de Bujumbura, mercredi 10 juin 2015

Des manifestants protestent avant d'ètre dispersés par la police é Mugongomanga, dans l'est de Bujumbura, mercredi 10 juin 2015

Dix-sept formations politiques burundaises opposées à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza ont menacé vendredi de ne pas participer aux législatives du 29 juin et à la présidentielle du 15 juillet si le calendrier est maintenu

Elles exigent aussi que le pouvoir reprenne le dialogue.

"Si les élections se déroulent dans les conditions que veut imposer le pouvoir de Nkurunziza, on ne peut pas participer car ce seront des élections organisées en toute illégalité qui n'auront aucune légitimité", a déclaré à l'AFP Jérémie Minani, un porte-parole de cette plate-forme politique.

"Nous demandons à la communauté internationale de les rejeter et d'isoler toute institution issue de (telles) élections", a-t-il ajouté. "Les résultats ainsi que les institutions qui sont issues de ces élections n'engageront pas l'opposition politique, n'auront aucune légitimité constitutionnelle et ouvriront la voie au chaos", a-t-il affirmé.

Selon M. Minani, ces "17 partis et organisations politiques de l'opposition ont écrit une lettre au président (tanzanien) Jakaya Kikwete, président en exercice de l'EAC (la Communauté est-africaine), pour constater le refus du dialogue par le gouvernement du Burundi".

Elles y dénoncent un calendrier électoral "fixé unilatéralement", la décision du président Nkurunziza de "modifier les règles de délibération de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) toujours unilatéralement" et le refus du gouvernement de discuter "de la question du troisième mandat, ce qui signifie que le gouvernement se retire ipso facto du dialogue politique", a-t-il expliqué.

Parmi ces 17 signataires figurent les poids lourds de l'opposition Agathon Rwasa - chef historique de l'ex-rébellion des FNL et principal opposant à M. Nzurunziza - et Charles Nditije, ex-président du principal parti tutsi Uprona, tous deux évincés de la direction de leur parti, selon eux par des manoeuvres du pouvoir.

La candidature de M. Nkurunziza a déclenché depuis le 26 avril un mouvement de contestation, émaillé de violences qui ont fait une quarantaine de morts.

M. Nkurunziza a reporté au 29 juin les législatives et communales et au 15 juillet la présidentielle, un calendrier rejeté par ses adversaires qui affirment qu'il a été pris sans concertation. Il a également modifié par décret le fonctionnement de la Céni, dont deux membres ont démissionné et fui le pays.

Avec AFP

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