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Des arrestations dans le cadre d’une enquête sur la traite humaine au Burundi


Sept personnes dont deux Kényans ont été arrêtées par la police nationale, Bujumbura, 7 juin 2016

Sept personnes dont deux Kényans ont été arrêtées par la police nationale, Bujumbura, 7 juin 2016

Sept personnes dont deux Kényans ont été arrêtées par la police burundaise. Elles sont toutes soupçonnées de trafic vers les pays du Golfe. La société Royal Services est pointée du doigt selon la police qui annonce avoir lancé des enquêtes.

Quatre jeunes filles burundaises âgées de 16 à 21 ans ont été arrêtées le 6 juin lorsqu'elles se rendaient à la police de l’air et des frontières chercher leurs passeports. De même que trois autres personnes dont un couple kényan et une Burundaise qui les accompagnaient.

A la police des mineurs, une de ces jeunes filles a affirmé qu’elle se procurait sa carte d’identité par le biais d’un intermédiaire.

“Toutes les transactions pour avoir la carte d’identité sont passées par un certain Madja qui habite à Muyinga au nord-est du Burundi. C’est lui qui organise et qui dit aux filles de changer de date de naissance pour avoir des papiers au niveau de la commune. Après, la fille pouvait être envoyée à l'étranger”, explique l'une des suspectes.

Les filles burundaises s’étonnent de se voir arrêtées pour ce qu’elles ne considèrent pas comme un délit.

“On est venu chercher les passeports à la police de l’air et des frontières. Cette dame-là nous a promis que nous allions prendre l’avion mardi car on devait faire une escale au Kenya. On ne la connait pas. Nous aussi on ne sait même pas pourquoi on a été arrêté. On ne savait pas que c’était un délit”, se plaint une autre fille.

Une femme kényane les a aidées pour le transport et le logement. Mais elle avoue ne pas connaitre ces filles burundaises. Le porte-parole de la police Moise Nkurunziza a commencé des enquêtes pour savoir si la société Royal Services est impliquée dans ce trafic.

“Il y a des enquêtes qui ont commencé pour voir s’il s’agit aussi d’un cas de trafic d'êtres humains. Elle est en train d’être menée avec d’autres institutions notamment l’administration qui a agréé cette association Royal Services“, affirme Moise Nkurunziza.

Pour le gouvernement burundais, envoyer des filles travailler à l’étranger n’est pas en soi un problème. Mais le ministre des droits de l’homme Martin Nivyabandi travaille avec les autres intervenants pour stopper ce commerce inhumain s’il est prouvé.

“Nous avons appris qu’il y avait une société qui recrutait les jeunes filles en direction des pays du Moyen-Orient comme l’Arabie Saoudite. Tous les officiels burundais sont appelés à être plus responsables. A notre niveau nous continuons à mener des enquêtes mais il y aussi d’autres instances qui continuent à faire des investigations pour savoir si cette société remplit toutes les conditions pour se livrer à une telle entreprise. Nous constatons d’ores et déjà que ce sont des activités qui se font de façon un peu illégale“, tranche Martin Nivyabandi.

Les organisations de la société civile appellent le gouvernement burundais à tout faire pour arrêter ce trafic humain une fois avéré.

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